Attaque du 19 juillet : les révélations d’un officier supérieur de l’armée

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Cour_Assises_Conakry_2_01Le procès des présumés auteurs de l’attentat manqué contre la résidence privée du président de la République se poursuit à la Cour d’appel de Conakry. Le jeudi 07 mars, le colonel Sambarou Diamankan, poursuivi pour « abstention délictueuse et non-assistance à personne en danger Â» dans l’attaque qui a visé le domicile privé du chef de l’Etat le 19 juillet 2011, a fait des révélations.

En effet, interrogé par le président de la cour Fodé Bangoura, l’accusé rejette en bloc les charges qui pèsent sur lui. Puis d’ajouter que c’est l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre qui l’a informé à 3 heures du matin que le président de la République venait d’être attaqué.

Selon lui, « dans la nuit du 18 au 19 juillet, le général Boundouka m’a appelé à 3 heures 30 du matin pour me dire que le chef de l’Etat avait été attaqué. Donc, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser le camp Alpha Yaya. Je lui ai dit "ok, nous sommes là pour défendre le président démocratiquement élu. Je suis prêt." Â»

Rajoutant qu’après avoir fait le tour pour alerter toutes les unités du camp, il dit être allé trouver le colonel Mohamed Aly Traoré (accusé comme lui dans cette affaire) chef du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA). Arrivé, il dit avoir trouvé deux pickups remplis d’hommes, prêts pour aller intervenir. « Je l’ai même félicité. J’ai dit faites vite pour aller défendre le président. Â» souligne l’officier.

Ensuite, poursuit-il, il a pris un bon nombre de soldats pour encercler le camp. « J’ai appelé le général Boundouka pour lui faire le compte-rendu. Après il m’a rappelé vers 4 heures pour me dire qu’il était avec le chef de l’Etat et qu’il se portait bien, mais qu’il y avait eu un des assaillants qui était mort Â», laisse-t-il entendre, ajoutant qu’ils sont restés dans ça jusqu’au petit matin.

Revenant sur les circonstances de son arrestation, cet officier à la retraite depuis 2011, a indiqué que c’est le 26 juillet 2011 qu’il a été convoqué à la gendarmerie. Là, le commandant Gabriel Diawara lui a présenté deux jeunes garçons (Almamy Aguibou Diallo et Mamadou Alpha, accusés également dans cette affaire, Ndlr). L’officier enquêteur a demandé à ces deux jeunes garçons s’ils le connaissaient. « Ces derniers ont dit non Â», avance l’accusé.

C’est ainsi qu’il lui a été demandé de regagner le camp. Mais entre-temps, précise-t-il, le colonel Balamou s’est interposé pour dire « de me garder Â». C’est ainsi, qu’ils l’ont fouillé et l’ont enfermé dans une cellule. « Le vendredi 29 juillet, ils m’ont fait sortir. Le colonel Balamou m’a demandé comment est-ce que j’ai appris l’attaque du domicile du chef de l’Etat. Si je ne connais pas quelque chose dans ça. Â»

En réponse à cette question, il aurait dit que « je ne peux pas connaitre quelque chose dans ça. Si vous trouvez quoi que ce soit sur moi, je vous donne ma tête à couper. Il ne faut pas me mettre dans un sac de piment Â».

A la question du procureur, de savoir pourquoi il n’est pas intervenu pour venir à la rescousse du Président qui était attaqué, le colonel Sambarou Diamankan a répondu ceci : « Je n’ai jamais eu l’ordre d’envoyer une unité pour un renfort. Je suis le chef de corps du Bataillon spécial de Conakry, je dirige quatre compagnies, mais si nous ne recevons pas d’ordre, on n’agit pas. Â»

Le procureur soutient par contre que le colonel Mohamed Aly Traoré a dit dans sa déposition qu’il lui avait demandé un service pour la défense du président et qu’il aurait refusé. Selon le parquet, « Mohamed Aly Traoré a dit qu’il avait des hommes qui devaient partir pour le renfort, et qu’il vous a demandé de lui passer votre véhicule pour assurer le transport de ses hommes pour sécuriser le président. C’est ce que vous avez refusé. Â»

« Faux Â» tempête l’accusé. « Je suis allé à pied pour le voir. J’étais avec le sous-lieutenant Aguibou Barry, colonel Mamy Traoré, il ne m’a jamais demandé ça. Â» Puis d’ajouter : « ma mission est de sécuriser le camp. De défendre le pays en fonction des ordres reçus. Â»

« Pensez-vous avoir joué votre rôle dans cette affaire pour sauver la vie du chef de l’Etat ? Â» interroge maitre Doumbouya de la partie civile. « Oui j’ai fait mon travail. J’ai dit au général Boundouka que j’étais prêt à intervenir. Mais je n’ai pas reçu l’ordre. L’armée, c’est l’ordre. Je suis 100% militaire. Si je n’ai pas d’ordre, je ne peux y aller. J’ai eu des problèmes sans avoir été, et si j’avais été, ça allait être pire Â», s’est défendu l’accusé.

Maitre Salif Béavogui de la défense relève des contradictions dans l’établissement du procès-verbal de l’accusé. Selon l’avocat, le PV a été établi le 20 juillet 2011, alors que l’accusé a été arrêté le 26 et a été entendu le 29 juillet.


Diallo Boubacar Bagnan
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
-2 #6 alseny camara 13-03-2013 14:43

Gandhi,en réponse à ton exemple, le dernier paragraphe dudit Règlement militaire stipule que: "Les supérieurs se souviendront que les ordres ne seront mieux exécutés que si les subordonnés connaissent le but et la portée". Une contradiction entre le premier et le dernier paragraphe souvent discutée lors de la formation commune de base entre instructeurs et soldats. Vive la République de Guinée, vive l'armée guinéenne et vivement le Paradi pour nos frères militaires du crash de Morovia, AMEM.
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+3 #5 Gandhi 13-03-2013 13:59

Finalement on en fait toute une montagne de nos militaires qui respectent les ordres à 100%. Quand on va demander à 40 000 d'entre eux de démissionner de l'armée, cela se fera sans difficulté aucune. Tout espoir est donc permis.
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-2 #4 alseny camara 13-03-2013 11:49

"L’armée, c’est l’ordre. Je suis 100% militaire" du Colone Sambégou. C'est cela la discipline militaire " La discipline faisant la force principale de toutes les armées, il importte que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance entière et une soumission de tous les temps. Que les ordres soient exécutés littéralement sans hésitation ni murmure, l'autorité qui les donnent en est responsable et la réclamation n'est permis au subordoné que lorsqu'il a obéi". Premier Paragraphe du règlement militaire de l'armée guinééenne. (From old soldier 19ème Promotion). Vive la République de Guinée
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+5 #3 Poregoby 13-03-2013 05:22

Moi je trouve que ce proces est une honte pour la guinee, ce complot orchestre par des guineens,pour eliminer,torturer,tuer...des guineens.il faut avoir peur de l'africain.
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+3 #2 Dre 13-03-2013 00:43

Sachant que je ne m'y connais pas en droit, je demande par conséquent aux connaisseurs de la chose d'éclairer ma lanterne: Un procès verbal (PV) peut servir de preuve pour prouver la culpabilité d'un accusé? Qu' il soit établi sous la torture ou pas. Si la réponse à cette question est "non" je plains alors le parquet de ce tribunal et son procureur qui fondent toute leurs accusations sur ces papelards dont les conditions d'établissement sont souvent obscures. Celui qui pretend être l'un des meilleurs avocats de Guinée voulait peut être faire allusion au fruit "piya". Qui sait ?
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+6 #1 Gandhi 12-03-2013 20:50

C'est de la même veine que ceux qui ont été arrêtés le 11 Juillet, parce qu'ils avaient loué des véhicules... qui ont servi au pseudo-attentat du 19. Est-ce que Fernandez se regarde dans la glace chaque matin en se disant qu'il fait un job de pourri ?
Sait-il qu'il finira comme ceux qu'il envoie en taule ? avec les mêmes arguments bien sur...
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