Imprimer

Un groupe de journalistes vivement préoccupé par les violences à l’endroit de la presse privée

Heinan Goba  Lundi, 04 Mars 2013 17:59

Facebook

 

Selon un communiqué de l’URTELGUI (Union des radios et télévision libres de Guinée), une partie du studio de la radio Planète FM a été détruite par balle le 1er mars. Aux dires de la même structure, le 3 mars vers 3 heures, une attaque a visé aussi les locaux de la radio Renaissance FM.

Vivement préoccupé par ses violences qui viennent s’ajouter à celles dont ont été victimes plusieurs journalistes reporters de la presse privée, lors de la dernière marche de l’opposition, un groupe de journalistes a mise en place, lundi, une structure appelée : « SOS Journalistes reporters en danger ». Objectif: tirer la sonnette d'alarme.

Pour plus de précisions, voici pour vous l’intégralité de son premier communiqué lu par Mohamed Diabaté, directeur de publication de Les Nouvelles de Guinée :


Communiqué de presse

SOS journalistes reporters en danger !

Vu la constitution guinéenne garantissant la liberté de la presse,

Vu les lois récentes sur la liberté de la presse et sur l’accès à l’information adoptées par le CNT,

Vu les témoignages effarants de plusieurs journalistes molestés, blessés ou ayant des traitements dégradants (Aboubacar Diakité de l’Observateur, Saidou Diallo de Liberté FM, Nouhou Baldé de Guinéenews, Mohamed Diabaté des Nouvelles du Pays, Mandjan Sidibé de Planète FM, Souleymane Bah de Lynx FM, N’faly Guilavogui d’Evasion Guinée, Asmaou Diallo de Lynx FM) lors des manifestations enregistrées dernièrement les 27 et 28février et 1er et 2 mars 2013.

Nous, journalistes reporters déplorons que les manifestants des deux camps (l’opposition et le pouvoir) aient pris comme cibles les représentants des médias, qui ne sont là que pour relayer l’information.

Attirons l’attention du ministre de la Communication qui, par une déclaration, tente d’accabler les médias privées en les taxant d’être à la solde de l’opposition,

Rappelons aussi que les journalistes reporters, selon les textes internationaux, ne sont pas les bêtes de somme des militants des partis politiques.

En outre, la libéralisation des ondes, une victoire de la démocratie, ne doit pas être ternie par des personnes en mal de responsabilité citoyenne, mais doit être le galvanisateur des élections ayant permis à la Guinée d’être citée parmi les pays démocratiques

Dans cet élan, regrettons que tous les journalistes victimes des traitements dégradants depuis les manifestations du 27 février 2013 ne soient pas cités ou montrés au même titres que toutes les autres victimes, qu’elles soient des militants ou des agents de force de défense et de sécurité.

Portons à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que les journalistes de la presse privée ne sont à la solde d’aucune Chapelle.

Nous demandons à l’ensemble des acteurs concernés par le processus électoral :

Aux forces de l’ordre : garantir la sécurité physique et morale des hommes de médias dans l’exercice de leur fonction à quelque organe qu’ils appartiennent ;

Aux partis politiques : procéder à une sensibilisation de leurs militants sur le rôle des journalistes dans un processus démocratique pour éviter que les journalistes ne soient les cibles des militants ;

A la mouvance présidentielle : ne pas considérer les journalistes de la presse privée comme des personnes à la solde d’une entité donnée ;

Aux patrons de presse : doter les journalistes reporters des moyens adéquats permettant leur identification lors des manifestations publiques (gilets de reportage, carte professionnelle, prime de reportage, moyens de déplacement et prise en charge en cas d’éventuelles blessures ;

Au CNC : de prendre ses responsabilités pour garantir la liberté de la presse , de s’investir auprès de tous les acteurs concernés par le processus électoral afin de garantir la sécurité de tous les journalistes reporters qui sont souvent victimes des excès de violences de la part des forces de l’ordre et les militants des partis politiques ;

Aux journalistes : au respect de l’éthique et de la déontologie et surtout de ne pas afficher de tendance politique.

Et que ce jour, lundi 4 mars 2013, reste gravé en lettres d’or pour les journalistes reporters. En conséquence, les journalistes présents prennent l’engagement de mettre en place une structure dénommée « SOS journalistes reporters en danger » dont les statuts seront portés à votre connaissance dans les prochains jours.

Conakry le 4 mars 2013

Ont signé au nom de tous les journalistes reporters :

Bangoura Ibrahima Sory
Kèlètigui Raba Camara
Ibrahima Kalil Diallo
Mohamed Diabaté
Don De Dieu Agossou
Souleymane Bah
Alseny Fadiga
Abdoulaye Dione


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook