Bountouraby Soumah Samedi, 02 Mars 2013 02:40
Après les violences graves dont plusieurs quartiers de la capitale ont été l’objet dans la journée du vendredi et au-delà depuis trois jours, les membres du Collectif, de l’ADP et du CDR ont publié une déclaration conjointe dans laquelle ils donnent leur version des faits et surtout dénoncent un certain nombre de choses.
Mais ils commencent tout d’abord par remercier leurs militants qui, avec la mobilisation de mercredi, auraient « confirmé leur adhésion totale aux idéaux de paix, de démocratie et de justice prônés par l’opposition ». Sur les circonstances qui ont conduit aux malheureux événements, les membres des trois blocs rejettent la responsabilité sur les partisans du pouvoir en place et sur les forces de l’ordre. C’est ainsi que selon la déclaration en question, alors que la manifestation du 27 avait calmement débuté, les leaders du Collectif et de l’ADP estiment que tout s’est gâté lorsque leurs propres militants « ont été victimes des provocations de tous genres de la part de loubards du RPG appuyés par les forces de l’ordre ».
Au-delà de ces affrontements qui auraient débouché sur de nombreuses autres conséquences de diverses natures, l’opposition guinéenne parle également « d’expéditions punitives organisées depuis le 27 février, et qui se sont poursuives encore ce vendredi et mettent en péril la vie et les biens de nombreux citoyens dont le seul crime est d’avoir répondu favorablement aux mots d’ordre de manifestation de l’opposition ». Une situation d’autant plus préoccupante et volatile que le climat d’insécurité serait « aggravé par la tentative de récupération de ces violences par les responsables du parti au pouvoir qui œuvrent à la transformation de revendications politiques, économiques et sociales légitimes en un conflit entre des communautés guinéennes».
Mesurant une telle dérive, les leaders des trois blocs politiques « demandent au peuple de Guinée de rejeter catégoriquement toute tentation de repli identitaire et tout communautarisme, à l’instar des leaders politiques de l’opposition qui sont notoirement connus pour la diversité de leurs origines ethniques ».
Les trois blocs politiques disent exiger « du gouvernement qu’il assume ses devoirs de protection des citoyens et de leurs biens » et « exhorter les forces de l’ordre à inscrire leur mission dans un cadre républicain en évitant toute discrimination entre les citoyens, quelles que soient leur origine et leur obédience politique ».
Les trois grands groupes politiques ne manquent pas non plus de présenter leurs condoléances aux parents de feu Amadou Téla Barry, un des jeunes partisans de l’UFDG qui a succombé le jeudi aux blessures qu’il avait contractées lors de la marche pacifique.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
![]()