Bountouraby Soumah Samedi, 02 Mars 2013 01:59
Malgré les multiples appels au calme et à la retenue lancés çà et là, la situation politique demeure toujours très tendue dans la capitale guinéenne. A tel point que les attaques contre boutiques et autres échoppes, notamment à l’intérieur du marché de Madina, se sont poursuivies jusque tard dans la nuit du vendredi au samedi. En fait, les auteurs de ce vandalisme apprenant que le gouverneur Sékou Resco Camara avait décidé de la fermeture du marché pour ce samedi avaient décidé d’agir au plus vite avant le délai butoir fixé.
En effet, selon des témoignages recueillis de certains quartiers riverains de ce marché, aussitôt la décision rendue publique, les badauds se sont rués sur les boutiques. Bien que certaines de ces dernières aient été fermées par les propriétaires, les vandales ont trouvé le moyen de se frayer un passage pour se servir copieusement au détriment des pauvres commerçants dont la plupart avaient rejoint leurs domiciles.
Le rôle des agents des forces de sécurité demeure néanmoins fortement critiqué dans les actes de vandalisme dont certains ont été victimes. D’abord, ils adopteraient une attitude passive face aux assauts des badauds contre certains commerces. Par ailleurs, certains d’entre eux vont même jusqu’à prendre à ces bandits les objets volés. C’est ainsi qu’une fille que nous avons joints nous a déclaré : « Ce ne sont pas des policiers et des gendarmes que nous avons, ce sont des voleurs. Moi j’ai vu aujourd’hui des agents théoriquement en charge de la sécurité arracher aux bandits des devises que ces derniers avaient eux-mêmes pris à l’intérieur des boutiques de certains commerçants ».
De l’autre côté, sur l’axe de la route Le Prince en général et sur le trajet Hamdallaye-Bambéto-Cosa, le face-à-face entre forces de l’ordre et jeunes des quartiers s’est poursuivi au-delà de 21 heures. Une habitante du quartier de Koloma ironisant sur les coups de feu qu’elle entendait de sa fenêtre nous a déclaré au téléphone : « Nous avons tellement entendus les rafales que c’est en passe de devenir une musique pour nous ».
Ceci étant, elle s’exprimait très doucement de peur d’être entendue par le groupe de jeunes qui, selon elle, était attroupé juste derrière sa fenêtre. Elle n’a cependant pas manqué de préciser que la situation était en passe de tourner à l’avantage des jeunes du quartier. Selon elle, ce sont ces derniers qui régnaient sur la route car ayant mis en déroute les gendarmes et policiers à coups de jets de pierres. Les agents des forces de l’ordre se seraient alors dispersés à l’intérieur du quartier avant de demander du renfort.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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