Bountouraby Soumah Mardi, 26 Février 2013 18:03
Dans la bataille que l’opposition et le pouvoir se livrent à propos du processus électoral, toutes les armes sont bonnes. C’est ainsi que depuis quelques jours, les partisans du pouvoir prennent un réel plaisir à utiliser la publication par la presse nationale du contrat que le défunt Ben Sékou Sylla aurait signé, pour démontrer qu’Alpha Condé n’était pas celui qui a fait entrer Waymark dans le processus électoral guinéen. La dernière fois, Moustapha Naïté, directeur national du patrimoine bâti public et surtout coordinateur de la Jeunesse pour la majorité présidentielle (JEMAP) avait, dans une émission d’une radio de la place, brandi une correspondance échangée entre l’ancien président de la CENI et les responsables de l’entreprise sud-africaine.
Dans le camp présidentiel, on entendait donc se servir à fond de ces documents pour relativiser les rapports plus que douteux entre le président de la République et Waymark. Mais c’était sans compter avec les révélations que l’ancien chef du département de la communication de la CENI, Thierno Saïdou Baya, a faites lors d’une conférence de presse qu’il a animée le lundi 25 février à Conakry. Mettant en évidence des incohérences tant sur la forme que sur le fond, cet ex-commissaire de la CENI qui avait notamment brillé pas sa « grande gueule » dans l’instance que dirigeait Lousény Camara, a émis de sérieux doutes sur l’authenticité des documents en question.
Le premier élément qui titille concerne le coût que demandait Waymark par rapport à la prestation qui était exclusivement « la fourniture des kits pour la gestion des résultats du second tour ». Tandis que le reste du processus était géré par l’opérateur français, SAGEM, l’entreprise sud-africaine demandait 1 377 000 euros. Le général malien Siaka Toumani Sangaré se serait vivement fâché contre une telle opération qui consisterait pour lui à jeter de l’argent par la fenêtre.
L’autre incohérence que l’ex-commissaire de la CENI décèle également, c’est le fait que selon lui, « la facture pro-forma a été faite le 19 juin 2010. Dieng l'a annotée le 18 juin 2010 ». Il dit n’y avoir rien compris (Ndlr : il y a lieu d'ajouter que la lettre de commande à Waymark et la signature du contrat sont du... 21 juin 2010, soit 2 jours après la facture. Pour visualiser les documents).
De même, il pense quelque part que ceux qui bondissent sur ces documents comme s’ils avaient de l’or, font montre d’une mémoire courte. Pire, il les traite même d’« amnésiques ». En effet, rappelle-t-il, « c'est le président de la République, qui est revenu d'Afrique du Sud. Il nous a dit qu'on lui a donné ces kits. Après quand on est allé le voir, il a dit qu'il les a achetés à 15 millions et qu'il lui reste à payer 9 millions. Nous, c'est ce qu'il nous a dit. Et je l'ai entendu dire. Donc, les gens sont malheureusement en train de spéculer. »
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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