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Affaire du 19 juillet: le masque continue à tomber

Heinan Goba  Jeudi, 21 Février 2013 22:06

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WANE_Alpha_Saliou_01Nul doute à présent, que l'attaque du 19 juillet est un montage pour anéantir une composante de la société guinéenne, certains éléments de l'armée et des leaders politiques gênants. Sinon comment expliquer le fait que des responsables politiques, de simples officiers de transmission soient poursuivis pour abstention délictueuse pendant que des officiers de renseignements, des hauts cadres de la sécurité et de la défense n'ont rien fait pour éviter le carnage alors qu'ils étaient au courant du danger, sont en liberté?

Alpha Saliou Wane, membre fondateur du parti de l’Union des forces démocratiques (UFD) est lui accusé d'abstention délictueuse dans cette affaire qu'on peut qualifier de tragi-comédie. D'après l'accusation, il était au courant du projet d'attaque à travers une conversation avec Fatou Badiar mais n'a pas informé l'autorité compétente. Même s'il reconnaît avoir dissuadé un certain Ibrahima Idiatou Barry et discuté de politique avec Fatou Badiar, Wane pense qu'il s'agit d'un prétexte pour briser sa carrière politique.

Le lieutenant Mamadou Yéro, officier de transmission au bataillon autonome, faisait au départ l'objet de poursuite pour abstention délictueuse. En raison, sans doute, du risque de voir des piliers du régime tomber sous le coup de cette infraction, il lui a été collé l'infraction de complicité de plusieurs chefs d'accusation dont entre autres assassinat, tentative d'assignat, association de malfaiteurs et détention illégale d'arme de guerre. Ce, contre le gré du parquet général, d'après un avocat.

A la barre le jeune homme n'a pas manqué de dire qu'il est dans cette situation pour la simple raison qu'il est proche de l'ancien président de la transition, le général Sékouba Konaté.

D'après la défense, depuis le 08 juillet, soit dix jours avant l'attaque, une commission d'enquête a été instituée et siégeait à l'état-major général des armées. Il se tramait d'après les autorités, des informations sur l'attaque du président de la République. Tous ceux qui avaient alors des relations avec AOB, Fatou Badiar, le cerveau et l'instigatrice présumés du complot, étaient arrêtés. Mais ce qui est paradoxal, fait remarquer la défense, c’est que rien n'a été fait pour éviter que les assaillants passent à l'action.

Qui des accusés et des autorités militaires et policières devaient alors être accusés d'abstention délictueuse? La réponse à cette question suffit pour connaître l'objectif de cette attaque. Mis à part le fait que plus d'une dizaine d'officiers de BATA, presque tous des proches de Lansana Conté, ceux de Sékouba Konaté et des officiers appartenant à l'ethnie peule sont accusés. Et que du côté des civils, la présence massive des Peuls saute à l'œil.

Malgré cette obstination des nouvelles autorités « à ramener le pays là où Sékou Touré l'avait laissé », dit un des avocats de la défense, il y a espoir que les accusés dans cette affaire puissent s'en sortir. Il fonde sa conviction sur le fait que leur sort se trouve entre les mains d'une justice « indépendante et impartiale ».


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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