Bountouraby Soumah Jeudi, 21 Février 2013 17:39
La crise de confiance entre les acteurs politiques guinéens à propos du processus électoral a pris une certaine ampleur. En sorte que la communauté internationale commence à s’y intéresser. En effet, alors que les opposants qui ont manifesté le lundi s’en étaient vertement pris au chef de la délégation de l’Union Européenne en Guinée, Philippe Van Damme, l’ambassadeur des Etats-Unis vient de publier une déclaration dans laquelle il précise la position de son pays. Il prend un soin particulier à afficher la neutralité des Etats-Unis. Comme s’il fallait nécessairement lever l’équivoque.
Usant d’un ton peu solennel, le diplomate américain commence par : « Soyons clairs sur un point, nous voulons des élections justes et transparentes, conduites par les institutions guinéennes, qui jouissent de la confiance du peuple, des partis politiques et de la société civile. Notre but ultime est d’aller vers une gouvernance crédible et responsable pour l’intérêt de tous les Guinéens, et nous croyons que le processus démocratique offre le meilleur espoir ».
Par la suite, Alex Lascris se livre à une longue dissertation sur les bienfaits et la nécessité de la démocratie et de la promotion de la paix. Après quoi, il écrit : « En tant que citoyen américain dans votre pays, nous ne favorisons ni un parti, ni un dirigeant dans vos rivalités politiques, nous ne favorisons ni le gouvernement, ni l’opposition. Nous favorisons un processus libre et transparent. »
A propos des risques liés à la violence politique, Alex Lascris indique, par ailleurs, qu’« aucun cocktail Molotov, aucune machette et aucune arme à feu ne peut diriger une école ou un hôpital. Aucun jeune homme lançant une pierre ne peut subvenir aux besoins de sa famille. Aucun acte de brutalité provenant des forces de sécurité ne peut contribuer au bien-être social. »
Cette sortie du diplomate américain s’apparente un peu à une marche arrière. Quand on sait que les propos qu’il avait précédemment tenus avaient été relativement assimilés à un soutien dissimulé au pouvoir en place. C’est comme s’il s’était brusquement rendu compte de ce que son pays pourrait perdre en terme d’image.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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