Boubacar Bagnan Diallo Mercredi, 20 Février 2013 18:06
Les audiences dans l’affaire de l’attaque contre le domicile privé du chef de l’Etat se poursuivent à la Cour d’assises de Conakry. Dans l’après-midi du vendredi 15 février, un autre accusé a été entendu par la cour. Le capitaine Abdoulaye Diallo clame son innocence.
Poursuivi pour complicité des faits reprochés au commandant Alpha Oumar Boffa Diallo et autres, l’accusé, le capitaine Abdoulaye Diallo marié et père de 8 enfants, originaire de Labé dans la localité de Dalein précisément, a nié en bloc les charges articulées contre lui par le parquet.
Revenant sur les circonstances de son arrestation, M. Diallo mécanicien en service au bataillon char au camp Alpha Yaya Diallo explique à la cour que dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011, il a passé la nuit chez lui à Wanindara (quartier situé dans la haute banlieue de Conakry, ndlr). A son retour à la prière de l’aube, il dit avoir capté France Inter pour écouter les informations avant d’aller au camp. C’est là, dit-il, qu’il a appris que le domicile du président de la République avait été attaqué.
Aussitôt ,poursuit-il, il s’est rendu au camp où il y avait assez de monde. Aux environs de 10 heures, il a eu une mission pour aller dépanner un char tombé en panne au mont Kakoulima PK40.
« Je suis parti avec le capitaine Aboubacar Laye Condé, chef technicien, le colonel Kémo Diakité et quelques apprentis. Arrivé à PK 40, on m’a donné les batteries, j’ai fait l’installation des batteries, je suis allé à la cabine de pilotage pour essayer de démarrer, mais ça n’a pas marché. C’est ainsi que mon chef technicien Laye Condé m’a dit de laisser, car le char avait un problème de démarreur, et que le lendemain on allait chercher une autre pièce de rechange. On a regagné le camp vers16 heures, je suis allé demander une permission à mon commandant d’escadron adjoint, Kéoulen Condé parce je souffrais d’hémorroïdes. Il me l’a accordé. Je suis rentré.
Le lendemain je suis revenu au camp où j’ai continué le service jusqu’au lendemain le 21 juillet. Capitaine Laye Condé m’a dit qu’ils ont pu réparer le démarreur de l’engin et que tout est Ok. Toujours dans la journée du 21 quand je suis rentré très tôt parce que je souffrais toujours. Je n’avais même pas fini de me déshabiller, quand une femme est venue me dire qu’elle a vu un pick-up militaire qui me cherchait. Je suis reparti aviser mon commandant, qui m’a dit qu’il n’était pas au courant.
Après, je suis allé chez le commandant de char, quand je suis rentré dans son bureau, il m’a dit qu’ils ont reçu l’ordre de la gendarmerie de me déposer à l’état-major de la gendarmerie pour une vérification. Je lui ai demandé moi ou un autre. Il m’a dit que c’était bien moi. J’ai dit que je suis à sa disposition alors. Il m’a mis à la disposition de son adjoint pour me déposer à la gendarmerie. Je lui avais toutefois dit que toute personne finira par mourir. On m’a transporté à Matam. Là, c’est un margis-chef qui m’a dit d’enlever mon grade et d’enlever ma tenue. Ils m’ont fouillé. J’étais dépassé ! Directement on m’a interrogé en me demandant si je connaissais AOB ou Baba Alimou. Je leur ai dit que je ne sais pas si ce nom est un nom d’animal ou autre. On m’a demandé si je connais des éléments de la présidence. J’ai répondu que je ne connais personne. C’est dans ça qu’on m’a fait signer, on m’a enfermé. Depuis ce jour jusqu’au jour où on m’a transféré à la maison centrale, personne ne m’a demandé quelque chose…
Le jour où on nous transférait à la maison centrale, on nous a dit de signer des papiers, mais il y avait parmi nous le colonel Haba qui, après avoir lu le contenu, a dit qu’il ne signait pas de papiers pareils. Dieu nous a donné la chance, on n’a pas signé les papiers. On nous a transférés. J’ai réclamé mes objets qu’on m’a retirés le jour de mon arrestation, ils m’ont rendu mes objets sauf le téléphone. Ils ont catégoriquement refusé de me le rendre malgré mon insistance. J’avais des choses qui me sont très chères, telles que les vidéos que j’avais filmées à la Mecque », a raconté M. Diallo.
Interrogé par le procureur, Me William Fernandez, s’il a été torturé à la gendarmerie, le septuagénaire répond que la seule torture qu’on lui a fait à la gendarmerie, c’est de lui avoir demandé sur sa participation dans l’attaque du domicile du président de la République.
La partie civile, dans son interrogatoire, a demandé à la cour, la comparution du capitaine Aboubacar Laye Condé, chef technicien, du colonel Kémo Diakité.
Diallo Boubacar Bagnan
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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