Bountouraby Soumah Samedi, 16 Février 2013 17:02
Après les rendez-vous manqués des 7 et 13 février, l’opposition guinéenne pourrait ne pas organiser sa marche pacifique ce lundi 18 février. Le pouvoir n’y est en tout cas pas favorable. Pour s’y opposer, les maires des communes concernées dans la capitale guinéenne et le ministre de l’Administration du territoire mettent en avant le récent accident ayant coûté la vie à 11 soldats guinéens et le jeûne chrétien.
Des troubles sont à craindre dans la capitale guinéenne ce lundi 18 février. Car la tension entre le pouvoir et l’opposition a repris de plus belle. En témoigne la décision des autorités d’interdire la manifestation que les leaders du Collectif, de l’ADP et du CDR prévoient justement pour ce lundi. En effet, en réponse à la lettre d’information qui leur avait été déposée, les maires des communes de Matoto, Matam et Kaloum, arguant du fait que ladite manifestation « coïncide avec le septième jour de la disparition de nos braves soldats et aussi au cinquième jour du carême chrétien », mais également du non-respect, disent-ils, de l’article 107 du Code pénal relatif au respect du délai de trois jours francs pour le dépôt de la lettre d’information, décident que « la marche, prévue par les partis politiques de l’ADP, du Collectif et du CDR le lundi 18 février 2013, est interdite ».
Pour sa part, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation ne formule pas aussi clairement son opposition à la manifestation. Mais c’est tout comme. Faisant prévaloir les mêmes arguments avec l’article 107 en moins, Alhassane Condé, relayant le message du gouvernement dit considérer que « cette manifestation est une preuve éloquente de la volonté des organisateurs à créer le désordre dans notre Etat pour empêcher l’organisation des prochaines élections législatives ». En conséquence, poursuit-il, « (le gouvernement) prend à témoin la communauté nationale et internationale des conséquences qui marqueront la tenue de ces manifestations, qui n’ont de raisons que de défier notre Etat ».
Faisant même dans le déni et estimant que les débats étaient clos, il ose inviter « tous les Guinéens et Guinéennes à exercer librement leurs activités quotidiennes dans la sérénité et observer un comportement citoyen qui demeure la seule source de paix et de la reconnaissance de l’Etat ».
En voilà une attitude qui ne risque pas de favoriser la sérénité dans la mesure où dans le camp de l’opposition, on reste déterminé à honorer cet autre rendez-vous.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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