Boubacar Bagnan Diallo Mardi, 12 Février 2013 15:25
La vice-présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est sortie de son silence pour dénoncer des dysfonctionnements au sein de cette institution. Hadja Biya Diallo, visiblement très en colère contre les agissements de son président, n’y est pas allée du dos de la cuillère pour fustiger les prises de décisions unilatérales au sein de l’organe.
« Nous avons reçu un coup de massue hier (mardi 5 février, ndlr) en apprenant que le fichier électoral a été transféré de Sagem à Sabari. Le travail fractionnel que nous subissons depuis que nous sommes à la CENI, nous n’avons pas voulu réellement l’étaler. Mais aujourd’hui nous sommes dans l’obligation de réagir vu qu’on est mis devant les faits du pré-affichage que nous n’avons pas validé et sur lequel tous les commissaires ne s’étaient pas entendus. Cela était un point. Et hier, c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Qu’on nous apprenne par un expert au cours d’une séance que les données ont été transférées », regrette Mme Diallo.
Puis d’ajouter : « Nous ne pouvons pas cautionner cela. Ce transfert, nous l’acceptons parce que c’est l’une des recommandations de l’OIF, mais il y a des normes internationales qui régissent ces opérations électorales. Il devait être mis en place une commission comprenant les partenaires avec lesquels nous travaillons, la CENI et la classe politique pour décider de ce transfert-là, pour le faire en toute transparence. Aujourd’hui, nous ne savons pas qui a commandité ce transfert des données. Nous ne savons pas quand et comment cela a été fait », laisse entendre la vice-présidente de la CENI.
Selon Hadja Biya, quand on sait que le problème de fichier a occasionné des troubles dans beaucoup de pays, elle dit vouloir prendre l’opinion internationale à témoin pour dire qu’un certain nombre de commissaires ne cautionnent pas le transfert qui a été fait.
« Nous avons essayé d’attirer l’attention du président de la CENI et de nos collègues sur cette question. Il y a eu une fin de non-recevoir. Nous nous voyons tristement obligés de dénoncer ce qui a été fait et pour le pré-affichage, et pour le transfert des données », a-t-elle dit.
Jusqu’aujourd’hui, poursuit-elle, il y a des préalables qui ne sont pas satisfaits et il n’a pas encore été fait un travail technique indispensable pour avancer. « Donc c’est pour cela que nous disons que nous n’acceptons pas le travail de groupuscules qui nous engage à la CENI dans des opérations dont nous ne sommes pas au courant. »
Hadja Biya promet toutefois qu’ils vont continuer à se concerter car, explique-t-elle, ils ne veulent pas que cette CENI aille sur le chemin de l’ancienne. « Nous sommes ouverts à dialoguer, mais dans la transparence et dans le respect mutuel, pour que nous repartions sur de nouvelles bases. Nous ne démissionnerons jamais, il n’en est pas question. Notre nation nous a fait confiance, nous y resterons et nous sommes sûrs que nous finirons par nous entendre », a-t-elle estimé. Cette sortie médiatique de la deuxième vice-présidente de cette institution intervient à un moment où le bras de fer entre pouvoir et opposition est à un niveau très élevé. L’appel au dialogue lancé par le pouvoir à l’endroit des acteurs politiques risque d’accoucher d’une souris.
Diallo Boubacar Bagnan
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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