Bangaly Cissé Mardi, 12 Février 2013 11:15
Conformément au communiqué du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation du jeudi 7 février, c’est ce mardi que le président Alpha Condé devrait s’entretenir avec la classe politique guinéenne. Mais avant ce rendez-vous que certains commençaient à qualifier de crucial, l’opposition guinéenne, doutant visiblement des véritables motivations de l’initiative, décline… et se concentre sur sa manifestation.
C’est au soir de la marche avortée de l’opposition que le ministre de l’Administration du territoire a fait diffuser sur les ondes des médias d’Etat un communiqué conviant les leaders politiques guinéens (toutes obédiences) au palais Sékoutouréya pour le mardi 12 février. Détail important : la rencontre est curieusement planifiée pour se tenir la veille de la nouvelle manifestation de l’opposition sur l’autoroute Fidel Castro. Bien qu’un ordre du jour n’ait pas été précisé par le communiqué, les observateurs font le lien entre l’invitation et le contexte sociopolitique et concluent qu’il était question du dialogue et de la concertation.
De son côté, l’opposition y voit une forme de piège qu’on essaierait de lui tendre. Piège dont l’objectif serait d’étouffer les velléités de protestation contre la gestion jugée opaque et unilatérale du processus électoral.
C’est ainsi qu’à la fois prudents et méfiants, les principaux leaders du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition (CPPFT), de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), du Club des républicains (CDR) et de l’Alliance des forces d’avenir de Guinée (AFAG) choisissent de se concerter autour de la réponse à donner à cette invitation.
Le samedi 9 février, le siège de l’Union des forces du changement (UFC) accueille une plénière à laquelle prennent part les principaux leaders des quatre blocs politiques.
A l’issue du conclave, c’est le porte-parole du Collectif et de l’ADP qui se charge de délivrer le verdict principal : « Nous avons décidé de demander dans une déclaration le report de cette rencontre jusqu’à la tenue de notre manifestation qui accapare tous nos responsables, sympathisants et militants ».
Formule empreinte d’une certaine politesse ! En d’autres termes, les partis politiques de l’opposition déclinent l’offre. Attitude qu’ils justifient surtout par l’absence d’un ordre du jour et le fait que le cadre ne serait pas approprié. Motifs que le leader de l’UFC étaye plus loin quand il affirme : « Nous voulons une rencontre avec un ordre du jour bien défini et dans un cadre de concertation approprié. Soit une rencontre entre le pouvoir et ceux qui ont des revendications et non un grand forum où tous les partis politiques, y compris ceux de la mouvance présidentielle, vont se retrouver dans une cacophonie qui ne dira pas son nom et qui n’aboutira à aucune issue heureuse. »
Au-delà de ces problèmes de fond qui sont révélateurs des doutes et de la méfiance qui caractérisent les rapports entre le pouvoir et l’opposition guinéenne, cette dernière reproche en outre aux autorités guinéennes les formes dans lesquelles elles ont adressé l’invitation à la classe politique.
Le fait que ce soit par le biais d’un communiqué de presse n’aura particulièrement pas été apprécié. Ce refus de l’opposition de se prêter à ce jeu du pouvoir, est perçu par maints observateurs comme un camouflet pour le pouvoir.
Après avoir longtemps avalé des couleuvres, l’opposition se ravise et entend dorénavant revoir sa stratégie, pour ne pas cautionner ce qui est considérée déjà comme une « mascarade » électorale en vue.
Vu les manœuvres auxquelles le président de la CENI serait en train de se livrer pour le compte de la mouvance présidentielle. Quand on se réfère aux graves accusations que l’opposition ne cesse de porter contre lui, à travers des déclarations.
Bangaly Cissé
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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