Selection de vidéos
Partenaires
Exclusif GuineeActu : le régime d’Alpha Condé jugé par Cellou Dalein Diallo
Alpha Sidoux Barry Samedi, 09 Février 2013 21:48
Deux ans après l’accession d’Alpha Condé au pouvoir, la Guinée vit toujours dans le vide constitutionnel, en l’absence d’une Assemblée nationale élue au suffrage universel. Quel bilan, le nouveau Président peut-il présenter, à presque mi-mandat ? Nul autre que le chef de file de l’opposition guinéenne ne pouvait mieux dresser ce bilan. Dans le long entretien que Cellou Dalein Diallo nous a accordé à ce propos, il montre que la Guinée a connu deux ans de recul aussi bien sur le plan de la démocratie, que celui des droits de l’homme et de la gouvernance économique et sociale. Selon Cellou Dalein, Alpha Condé s’apprête à opérer un nouveau holdup électoral au cours des prochaines législatives. Pour un véritable changement en Guinée, il mise sur l’alternance en 2015. Voici les réponses de notre interlocuteur que nous avons regroupées par thème.
Le bilan désastreux des deux premières années d’Alpha Condé
C’est un recul à bien des égards. Au niveau de la démocratie, Alpha Condé n’a pas voulu jusqu’à présent organiser les élections législatives. Il a multiplié les actes anti-démocratiques. Il a dissous tous les Conseils communaux qui avaient été démocratiquement mis en place et a remplacé tous les élus par des délégations spéciales nommées par lui et comprenant exclusivement des membres de son parti, le RPG. A titre d’exemple, à Mali, où le représentant du RPG, un mécanicien, n’avait obtenu que 3% des voix, Alpha Condé l’a nommé maire de la commune urbaine par décret présidentiel.
Dès après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2010, la communauté internationale s’est retrouvée et a proposé à Alpha et à moi d’aller aux élections législatives au mois de mars 2011, avec le même président de la CENI [Commission électorale nationale indépendante], le général Sangaré, avec le même fichier électoral, pour qu’on en finisse très rapidement avec la Transition. Lorsque les bailleurs de fonds sont venus me voir, je leur ai demandé vingt-quatre heures de réflexion, le temps de consulter la direction de mon parti, l’UFDG, et ceux qui étaient mes alliés à l’élection présidentielle. Après ces consultations, nous avons estimé qu’il était plus judicieux d’aller maintenant aux législatives, donc d’accepter cette proposition des bailleurs de fonds. J’ai donné mon accord. Ils sont allés chez Alpha. Celui-ci les a renvoyés. Il a déclaré que c’est désormais lui le Président qui sait quand est-ce qu’il faut organiser les élections, et le premier ambassadeur qui va lui parler d’élections, il va le jeter dans un avion. C’est alors que je suis parti de Conakry.
Après cet épisode, l’opposition a tout fait pour qu’on se retrouve autour de la table pour fixer les conditions dans lesquelles on allait organiser les élections. Alpha Condé a refusé systématiquement. Mais, au même moment, il était en train de prendre des dispositions pour reprendre le recensement, estimant que le fichier sur lequel il avait été élu n’était pas bon. On lui a dit qu’il existait une société qui pouvait lui permettre de gagner les élections législatives. Il a choisi cette société qui est la société sud-africaine Waymark.
En termes de droits de l’homme, jamais une commission d’enquête n’a été mise en place pour faire la lumière sur les tueries par balles au cours des manifestations pacifiques de l’opposition pourtant autorisées. Les parents de Zakariaou Diallo, qui a été fauché par les balles des forces de l’ordre [le 28 septembre 2011], ont formulé une plainte que les tribunaux ont refusé d’examiner, sur injonction d’Alpha Condé. Jusqu’à présent, celui-ci interdit à la justice de prendre en compte cette plainte qui s’appuie pourtant sur un rapport d’autopsie avec la balle dans un sachet. Il a toujours réprimé les manifestations pacifiques, même lorsque les communes les ont autorisées. Il était plus facile de manifester au temps de Dadis que maintenant à celui d’Alpha.
En termes de gouvernance, on peut se demander dans quelles conditions les permis miniers sont octroyés. C’est une cession exclusive de son fils et de lui-même, dans des conditions opaques. Les marchés publics, même les plus petits, comme ceux de fourniture de bureau ou d’entretien routier, sont réservés exclusivement aux gens du RPG. Pas d’appel d’offres, il n’y a que des marchés de gré à gré qui sont octroyés à partir de la Présidence.
Alpha a décidé, dans l’opacité totale, de vendre une partie du capital de CBG qui est détenue par la Guinée. Alors que, malgré la politique de désengagement menée par Lansana Conté durant les vingt-quatre ans de son règne, on n’a jamais jugé utile de privatiser cette participation de la Guinée au sein de la CBG, parce que c’est de cette société que le pays tire l’essentiel de ses recettes budgétaires. C’était 80% du budget de l’Etat, maintenant c’est moins, mais la CBG reste toujours le premier contribuable guinéen. Comment expliquer cette vente de la participation guinéenne, alors que sa politique officielle est d’accroître le contrôle de l’Etat dans le secteur minier ? Il a fait réviser le Code minier : l’Etat doit détenir obligatoirement 35% du capital de toute société minière en Guinée. La vérité est que, compte tenu de ses intérêts personnels, il est en train de tout brader.
Je ne vois pas dans quel secteur il y a de l’amélioration. Il n’y a pas d’eau courante, pas d’électricité. De grandes sociétés comme Fria [alumine] ne travaillent pas. Sotelgui [télécommunications] non plus. Le chômage ne fait que s’aggraver. Les compagnies minières sont dans l’incertitude absolue. Tout le monde est suspect aux yeux d’Alpha Condé. Il n’y a aucune visibilité pour les investisseurs. Au début, ils arrivaient en grand nombre. Aujourd’hui, ils ne font que refluer. PH Billiton est partie, de même que Vale. Global ne progresse pas. Alcoa, qui devait implanter une usine d’alumine, a remis ce projet dans les tiroirs. L’ensemble de ces projets représentaient une enveloppe de 20 milliards de dollars. Aujourd’hui, plus personne n’investit.
L’affaire des 700 millions de dollars de Rio Tinto, des 25 millions de Palladino et des fonds de l’Angola
Le gouvernement ne communique pas. C’est délibéré. Nous sommes informés par la presse. Sur les 25 millions de Palladino, il y a beaucoup de spéculations. On a dit que c’est un montant qui a été emprunté par Alpha Condé entre les deux tours de l’élection présidentielle contre des permis miniers au cas où il serait élu [ce qui normalement ne devait pas engager l’Etat guinéen]. Ainsi, les Sud-Africains concernés allaient l’aider à être élu. L’accord de prêt n’a pas été soumis au Parlement [le CNT, Conseil national de transition]. Lorsque la presse en a parlé, le Gouvernement s’est empressé de rembourser le montant et d’aller présenter des excuses au FMI et à la Banque mondiale, qui l’avaient interpellé, parce qu’on ne peut pas être dans un accord de programme dans le cadre du PPTE [Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés] et se permettre de contracter sur le marché des crédits de cette nature, surtout que l’accord de prêt n’a pas été soumis au CNT. On ne sait pas dans quelles conditions ce prêt a été contracté. Et le montant a servi réellement à quoi ?
On dit que l’Angola a prêté 70 millions de dollars. On n’a pas vu l’accord de prêt. Pour quel projet ?
Les 700 millions de dollars de Rio Tinto ont été négociés pour avoir un préfinancement sur les impôts et taxes que la société devrait payer. Rio Tinto a accepté de payer, moyennant des exonérations sur 8 à 10 ans, c’est-à -dire les impôts qui auraient dû être payés durant la phase d’exploitation vont l’être maintenant, et durant 8 ans il n’y aura pas d’impôts. Selon ses propres déclarations, Alpha Condé s’est rendu compte qu’il s’est fait avoir, qu’il aurait pu obtenir davantage, ainsi de suite… Le FMI et la Banque mondiale auraient exigé que l’utilisation de ce montant soit faite de manière rationnelle et transparente. C’est à voir.
L’accord sur l’Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (accord PPTE)
Je fais partie de ceux qui ont négocié le « point de décision », c’est-à -dire l’admission de la Guinée comme pays pouvant bénéficier de ce mécanisme de réduction de la dette extérieure qui était nouveau au début des années 2000. On a essayé de mettre en œuvre le programme qui devait conduire à l’atteinte du « point d’achèvement ». Malheureusement, en raison de la mauvaise gouvernance qui a caractérisé la gestion du pays pendant la période qui a suivi, on n’a pas pu atteindre le point d’achèvement. En 2006, lorsque j’étais premier ministre, j’ai négocié un programme qui devait conduire au point d’achèvement en novembre 2006. On a signé le mémorandum de politique économique, la lettre d’intention, et le document a été discuté au conseil d’administration du FMI. C’est à ce moment que j’ai été limogé, et le document a été retiré. Parce que le FMI a considéré que mon limogeage a été une victoire des conservateurs, alors que moi je soutenais les réformes. Le programme a été gelé en attendant de savoir quelle était la vision de la nouvelle équipe. Depuis lors, tous les premiers ministres qui se sont succédé ont essayé d’aller vers le point d’achèvement. Cela n’a pas été possible.
Cette fois-ci, le mécanisme est en train d’aller vers son terme. Mais, pour cela, il a fallu beaucoup de dérogations, pour récompenser, en quelque sorte, la tenue de l’élection présidentielle. Ce n’est en rien le mérite d’Alpha Condé.
C’est une opportunité pour la Guinée, il ne faut pas le nier. Mais il faut savoir la saisir. Lorsqu’on vous efface 2 milliards de dollars sur 3,5 milliards de dette, cela vous donne la possibilité de vous endetter à nouveau. Jusque-là , la capacité d’endettement du pays était nulle, en raison des arriérés de paiement accumulés. Mais, en contrepartie de l’accord PPTE, il y a des contraintes et des obligations : l’Etat doit affecter des ressources non négligeables à la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la santé, l’hydraulique villageoise, les pistes rurales, qui sont considérées comme des secteurs favorisant le recul de la pauvreté. Donc, le Gouvernement prend l’engagement suivant : au lieu de rembourser les créanciers extérieurs, il va affecter la contrepartie de ces ressources, en monnaie nationale, au financement des secteurs susnommés afin que la pauvreté recule dans le pays. Mais, compte tenu de la gestion du Gouvernement actuel, je ne suis pas sûr qu’il puisse tirer tous les avantages de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Car il faut accroître la capacité d’absorption de l’économie, avoir des cadres compétents, formuler des projets, les promouvoir auprès des bailleurs de fonds et en assurer la gestion correcte. Je ne vois pas, avec l’équipe actuelle, des capacités susceptibles de permettre à la Guinée de bénéficier de tous les avantages liés au PPTE.
Le projet de holdup électoral d’Alpha Condé aux prochaines législatives
Dans une certaine mesure, les risques sont grands qu’Alpha Condé organise un holdup électoral aux législatives. Nous avons accepté d’aller à la CENI en sachant bien que nous ne pourrions rien obtenir de celle-ci. D’abord, cette nouvelle CENI est un recul par rapport à l’ancienne : il est dit que désormais, les décisions sont prises à la majorité simple, alors que dans l’ancienne, elles l’étaient par consensus. Nous n’avons pas obtenu la parité pour laquelle nous nous sommes battus car le CNT [Conseil national de transition, l’organe législatif transitoire] n’a pas accepté de retirer les deux représentants du Gouvernement à la CENI. Ces derniers font bel et bien partie de la mouvance présidentielle. Celle-ci dispose donc dès le départ de 12 membres contre 10 pour l’opposition. De plus, le 10e membre prévu pour l’opposition lui a été retiré et attribué à Jean-Marie Doré [qui se réclame du centre].
Mais nous avons dit que la question de Waymark et celle du vote des Guinéens de l’étranger ne sont pas des questions techniques, mais politiques. La loi prévoit que les Guinéens de l’étranger doivent voter sur le scrutin de liste, et 17 pays avaient été retenus pour le recensement. Cela ne peut pas être de la compétence de la CENI. Celle-ci doit travailler sur la base du droit. Son instrument de travail ne doit pas être le vote, mais la loi.
Nous avons toujours le même recours pour imposer le respect des dispositions légales. L’opposition n’hésitera pas à organiser des marches pacifiques pour s’opposer, par exemple, à l’exclusion des Guinéens de l’étranger ou à l’utilisation de Waymark pour la révision des listes électorales. Seul un accord politique peut autoriser une dérogation à la loi. Or, cet accord politique, c’est entre le pouvoir et l’opposition. Nous allons nous opposer par tous les moyens légaux.
Les législatives vont ainsi tarder, surtout qu’il n’y a pas de volonté politique dans l’autre camp d’aller à des élections libres et transparentes. On a passé un an à revendiquer la recomposition de la CENI. Le pouvoir a refusé. C’est du temps perdu. Alors que nous sommes fondés à défendre cette revendication. Aujourd’hui, on pourra encore attendre un an pour renvoyer Waymark. Nous n’accepterons jamais que cette société fasse la révision des listes électorales.
Les équipements de la Sagem sont là . Ils appartiennent à la Guinée, et cette société a été choisie à l’issue d’un appel d’offres international. Alpha Condé a renvoyé cette société sans jamais nous en indiquer les motifs. Il est allé recruter sans cahier des charges, sans appel d’offres, une société sud-africaine, Waymark, pour lui demander de venir faire la révision des listes.
Si on veut aller vite aux élections, il suffit de rappeler la Sagem. Le fichier est dans ses équipements qui sont neufs. Celle-ci demande 30 jours pour procéder à la révision des listes. Mais, Alpha Condé ne veut pas de la Sagem, car il veut tripatouiller les listes pour s’octroyer la majorité qu’il cherche à l’Assemblée nationale.
L’opposition n’acceptera jamais la société Waymark
La communauté internationale ne peut pas nous reprocher de retarder les élections. C’est nous qui lui reprochons de mettre l’accent sur l’urgence des élections et de négliger la transparence. Nous voulons aller aux élections le plus tôt possible, mais à des élections équitables, libres et transparentes. Nous ne sommes pas responsables du retard déjà accumulé ni du retard qu’on est en train d’accumuler, parce que nos revendications sont fondées. On a choisi Waymark pour aider Alpha Condé à gagner le pouvoir dans l’opacité la plus totale. La communauté internationale en est consciente ; c’est pourquoi elle a financé par deux fois l’audit du système Waymark. Les conclusions de ces expertises sont connues, à savoir que ce système est conçu pour tripatouiller le fichier électoral.
J’ai rencontré personnellement le président sud-africain Jacob Zuma, ainsi que les haut-fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères. On m’a dit que l’Afrique du Sud n’a jamais donné de kit électoral à la Guinée, contrairement à ce qu’a déclaré Alpha Condé. Il s’agit d’une opération strictement commerciale avec la société privée Waymark.
J’ai demandé au président Zuma de s’impliquer davantage dans l’instauration de la démocratie dans nos Etats. Ce sont toujours l’Union européenne et les Etats-Unis qui interpellent les gouvernements. L’Afrique du Sud étant une puissance régionale et une démocratie, elle pourrait ainsi accorder un peu plus d’importance au respect des règles et des principes démocratiques dans les Etats africains.
En ce qui concerne Waymark, ce n’est pas un don du gouvernement sud-africain, contrairement aux déclarations d’Alpha Condé. Pretoria dit qu’il est prêt à appuyer le processus électoral en Guinée, mais par le biais du Pnud [Programme des Nations Unies pour le développement].
Ce qui s’est réellement passé entre les deux tours de l’élection présidentielle
Après le premier tour, on s’est rendu compte qu’on avait procédé à l’annulation arbitraire de beaucoup de bureaux de vote à Matoto dans lesquels j’étais arrivé en tête. Ensuite, les 44% de Ratoma n’ont pas été comptés parce que le président de la CENI Lousény Camara avait fait disparaître les PV qu’il était venu lui-même chercher à la commune.
Si les PV de Ratoma et les 109 bureaux de vote de Matoto qui ont été annulés avaient été pris en compte, je serais passé au premier tour. Entre les deux tours, Alpha Condé a dit que la carte électorale était mal faite. Le RPG a identifié 21 faiblesses que les autorités de la Transition [le président de la Transition, le général Sékouba Konaté, et le Premier ministre Jean-Marie Doré] ont endossées. Elles ont décidé de les corriger. Chaque fois qu’une date pour le deuxième tour était annoncée, le RPG disait qu’il n’était pas prêt et il avait toujours le soutien des autorités de la Transition. Finalement, cela a duré quatre mois et demi, le temps d’organiser la fraude.
Tous les préfets ont été convoqués à Conakry. On leur a dit qu’ils ne devaient pas laisser les Peuls accéder au pouvoir. Les autorités de la Transition se sont impliquées fortement pour favoriser l’avènement du candidat du RPG au pouvoir.
Nous avons obtenu difficilement le départ de Lousény Camara de la tête de la CENI. Nous avons accepté une personnalité étrangère parce qu’il était difficile d’obtenir le consensus. Il y avait une crise de confiance énorme au sein de la classe politique guinéenne. Nous avions proposé monseigneur Gomez [archevêque de Conakry] pour présider la CENI. Le président de la Transition avait pris un décret pour le désigner. Mais le RPG et le Premier ministre Jean-Marie Doré se sont retrouvés pour effrayer l’église en lui disant que les gens allaient déchirer la robe du prélat. C’est alors que le général malien Sangaré a été proposé. C’était une petite victoire que Lousény soit dégagé. On n’avait pas de raison de douter du général Sangaré à l’époque.
Le rôle ambigu du président Abdou Diouf de l’OIF et franchement partisan du Quai d’Orsay [ministère français des Affaires étrangères]
Je n’ai pas de preuve que le président Abdou Diouf [président de l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie] ait joué un rôle pour défavoriser le candidat que j’étais. Mais il y a eu une position qu’il a prise qui n’était pas de nature à me favoriser. Lorsqu’il y a eu les violences à Siguiri et à Kouroussa, j’ai demandé, pour une fois, que l’élection soit reportée jusqu’à ce qu’on traite cette question. C’est la première fois en Guinée que des citoyens étaient identifiés en raison de leur appartenance ethnique, bastonnés, tués, leurs maisons et leurs commerces détruits. C’était très grave. J’ai vu le général Sékouba Konaté, je lui ai dit qu’on ne pouvait pas organiser l’élection sans traiter cette question. Je lui ai demandé de s’adresser à la nation, de flétrir le comportement de ces gens et de suspendre les préfets de Siguiri et de Kouroussa, et en particulier le gouverneur de N’Zérékoré, pour marquer son désaccord avec ce genre de pratiques qui risquaient d’avoir des incidences graves sur l’unité nationale. Mais la communauté internationale était fatiguée de reporter les élections. Jusqu’à présent, c’est Alpha qui demandait le report. Mais comme cette fois, comme il était prêt, il a tout fait pour qu’elles aient lieu, avec le soutien marqué des autorités de la Transition.
Le président Abdou Diouf et les autorités françaises ont demandé d’organiser les élections qui n’avaient que trop été reportées. Le président Diouf, ainsi que le Quai d’Orsay [ministère français des Affaires étrangères, dirigé par Bernard Kouchner, un ami d’Alpha Condé] m’ont appelé pour me demander d’aller aux élections. C’est d’ailleurs là la rupture entre Bernard Kouchner et moi. Car j’avais demandé qu’on prenne en compte le déplacement massif des populations en provenance de Haute-Guinée, certaines vers Conakry, d’autres vers le Fouta, les droits humains ayant été violés, l’unité nationale malmenée. De plus, je ne pouvais plus assurer la présence de mes représentants dans les bureaux de vote à Siguiri et à Kouroussa et, par conséquent, je n’accepterais pas les résultats dans ces deux circonscriptions. Les autorités de la Transition n’ont pas tenu compte de cette revendication.
Je sais que Bernard Kouchner, qui avait beaucoup de sympathie pour Alpha Condé, a essayé de l’aider. En revanche, je ne suis pas sûr que les Etats-Unis soient intervenus.
Les fraudes massives lors du deuxième tour de l’élection présidentielle
Quatre mois et demi après le premier tour, on peut dire que c’était une autre élection. Des cas de fraude bien documentés ont été identifiés et transmis à la Cour suprême, qui n’en a pas tenu compte. Nous n’avons pas assuré notre présence dans les bureaux de vote de Siguiri et de Kouroussa. On a assisté à des résultats auxquels on n’était pas habitués dans ces régions, des taux de participation de 70%, de 80%, alors que la moyenne dans les années passées était autour de 40%, de 50% au maximum. On a fait voter pratiquement tous ceux qui étaient inscrits. Nous n’étions pas là pour déceler ces faiblesses. A partir de quelques échantillons, nous avons pu mettre en évidence des fraudes flagrantes. Alpha Condé est mal élu.
Une dictature prédatrice et sanguinaire
En dépit de ce déficit de légitimité, il y a son comportement : violation des droits humains, violation de la Constitution, violation du serment qu’il a prêté de faire respecter la loi, absence d’une politique crédible de réconciliation, stigmatisation d’une ethnie, pratiques discriminatoires, exclusion… Aujourd’hui, tout est réservé aux militants du RPG. Un membre de l’opposition n’est plus un citoyen guinéen qui peut jouir de ses droits. C’est l’injustice, la frustration. C’est une honte pour le pays qu’après tant d’espoirs suscités par cette élection présidentielle, on se retrouve avec un dictateur d’un autre âge, qui est en train de malmener l’unité nationale, de détourner les fonds publics, de brader le patrimoine minier au vu et au su de tout le monde, alors que les gens espéraient que la gouvernance allait s’améliorer, la démocratie être respectée puisque le monsieur revendique 40 ans de combat pour celle-ci. Malheureusement, c’est la grande déception. Les Guinéens ont compris. Mais hélas, c’est trop tard. Beaucoup sont convaincus qu’il n’est pas un Guinéen ; c’est pourquoi, il traite ainsi cette pauvre population guinéenne.
Nous allons essayer de rassembler l’opposition pour nous opposer à ces excès. La population est déterminée à exiger des élections législatives libres et transparentes, ainsi que le respect des lois. Ce n’est pas facile, parce qu’Alpha Condé dispose de la police, de la gendarmerie, hélas de la justice, et même du Conseil national de transition (CNT), ainsi que des associations de la société civile qu’il contrôle actuellement. Mais il y a une opposition qui a décidé de résister. Nous le faisons avec les moyens du bord, malgré la répression sauvage qui s’abat sur nous. L’UFDG a enregistré 1 162 arrestations, 653 condamnations illégales, 13 morts tués par les balles des forces de l’ordre. Malgré cela, nos militants sont déterminés à continuer le combat jusqu’à ce qu’Alpha Condé et son gouvernement respectent la dignité des Guinéens, qu’ils respectent les règles et les principes démocratiques, qu’ils améliorent la gouvernance.
Le projet diabolique de division de la Moyenne Guinée en deux entités : le Fouta Djallon et le Manden Djallon
Ce qui est vrai, c’est que pendant la campagne et après l’accession d’Alpha au pouvoir, il a essayé de dresser toutes les autres communautés contre le Fouta. Pendant la campagne, il avait réussi à mettre ensemble les trois autres régions contre une. Après son accession au pouvoir, il a envoyé des gens au Fouta pour dire aux habitants des « roundés » qui sont apparentés aux Malinkés qu’ils doivent sortir de l’UFDG pour rejoindre le RPG. Il les encourage à un repli identitaire. Ce pouvoir est irresponsable. Il veut faire comprendre à des gens qui habitent le même village, qui ont les mêmes cimetières, les mêmes écoles, les mêmes sous-préfets, qui cultivent les mêmes plaines, qu’ils n’ont rien à voir les uns avec les autres, alors que depuis des siècles ils vivent ensemble. C’est sa haine des Peuls qu’il n’arrive pas à cacher et il prend des dispositions pour que le Peul soit isolé et combattu ici même dans son propre village. Cette politique de Manden Djallon est une politique d’isolement des Peuls dits authentiques, afin de les neutraliser, voire de les chasser de ce pays. Aujourd’hui, on est en train de recenser les Manden Djallon, on leur donne une carte de membre d’une association dite Manden Djallon pour leur faire comprendre qu’ils ne sont pas de la même famille que les Peuls qui les avaient exploités et asservis et qu’ils prennent leurs distances. Partout où nous sommes passés, nous avons dénoncé cela et avons demandé à la population de refuser cette division. C’est l’irresponsabilité des chefs qui peut amener à essayer de faire prospérer une telle idéologie. Tout cela procède de l’absence de programme et de résultat de la gestion d’Alpha Condé.
La vision de la gouvernance de la Guinée si Cellou Dalein Diallo avait les rênes du pouvoir
Je considère que la priorité des priorités est l’instauration de l’Etat de droit et l’amélioration de la gouvernance à tous les niveaux : l’administration centrale, l’administration décentralisée, les entreprises. Je ferais en sorte que les lois, les règles et les procédures soient respectées. A cet égard, le président de la République doit donner l’exemple. Cela doit se traduire par une attitude responsable qui doit aussi être celle de toute sa famille politique. Il faut améliorer les capacités de l’administration, recruter des cadres compétents. La Guinée dispose aujourd’hui de jeunes cadres bien formés dans les universités nord-américaines ou européennes. Il faut améliorer la qualité des ressources humaines.
Le deuxième point, c’est la création d’un fonds de modernisation du système éducatif. Il est actuellement peu performant. L’entreprise recrutera celui qui est à même de lui délivrer le service dont elle a besoin. A l’heure actuelle, on voit des classes de plus de 160 élèves, un manque de matériel pédagogique, des maîtres dont la formation laisse à désirer. C’est tout un « package », un ensemble.
Après le système éducatif, ce sont les infrastructures de base. Je suis ahuri d’entendre dire qu’on ne peut pas avoir de l’électricité dans la capitale avant la réalisation du barrage de Kaléta. En attendant, on aurait pu acheter des centrales thermiques. L’électricité, ce n’est pas seulement le confort des ménages ; c’est un facteur de développement de l’industrie, des activités exportatrices, du conditionnement et du stockage des produits agricoles. Il faut aménager l’eau courante, facteur de lutte contre les maladies, les infrastructures de transport, des routes, des ports, des aéroports modernes, des chemins de fer.
Il n’est pas indispensable que l’Etat ait sa propre compagnie aérienne. Mais, il doit créer les conditions pour favoriser le développement du transport aérien, si nécessaire appuyer le secteur privé pour avoir une compagnie qui soit capable au moins de desservir les aéroports de la sous-région et certains aéroports de l’intérieur du pays. L’Etat peut s’associer à des partenaires stratégiques, des professionnels du transport aérien, en tout cas avoir une politique volontariste.
Dans le domaine de l’agriculture, il faut voir les filières dans lesquelles nous avons des avantages comparatifs et tenir compte de toutes les contraintes : mécanisation, encadrement, aménagement du territoire, engrais, semences. Il ne suffit pas d’importer des tracteurs. Conté importait des tracteurs, Alpha, des engrais. Il ne faut pas lever une contrainte et dire qu’on développe ainsi l’agriculture. C’est tout un ensemble. Le rôle de l’Etat est très important.
L’alternance à l’horizon de 2015
J’ai bon espoir. Aujourd’hui, les Guinéens sont beaucoup déçus de M. Alpha Condé et de son gouvernement. Une grande majorité de ceux qui ont voté pour lui se rendent compte qu’ils se sont trompés. Sont également déçus ceux qui l’ont soutenu et ont amené des Guinéens à voter pour lui, je pense au général Facinet Touré, à Jean-Marc Telliano, Kassory Fofana, Lansana Kouyaté, de même qu’au général Sékouba Konaté lui-même dont le soutien a été déterminant, et qu’à Jean-Marie Doré. Tous regrettent amèrement de l’avoir soutenu.
En ce qui me concerne, chaque fois que j’ai appelé la population à une manifestation, elle a répondu. J’ai parcouru la plupart des circonscriptions de l’intérieur, j’ai noté le même engouement pour l’UFDG et même plus qu’avant l’élection présidentielle de 2010.
Propos recueillis par Alpha Sidoux Barry
Directeur de publication de GuineeActu

Les intertitres sont de la rédaction
![]()
Commentaires
Parce que tu es bêtes…. Vas sur RadioKankan.com ou Guinee24 tu ne seras pas censure… la bas c’est la démocratie. Vous dansez la même musique non? Alors prière de ne pas nous tympaniser ici avec tes lamentations à la con. Si tu écrits des bêtises ou des âneries le webmaster a plein droit de ne pas les publier et ci ca te fait mail vas au P.R.L Ouremba Keita pour dénoncer les activités contre-révolutionnaires du webmaster. Moorrrrrrrr
mort de rire................lol
Le voyant tu m'as "tuer"! J'ai failli tomber de ma chaise...
Quand a ce Mr Billo D. hélas vous ne faites que donner un bâton a tous les ennemis de votre parti qui disent que les plus extrémistes actuels se trouvent a l'UFDG - bref il fait tout ce qu'il faut pour décrédibiliser son excellence chéri. Imaginez qu'il vous nomme demain responsable du parti a Washington (un de vos rêves surement) comment allez-vous effacer de nos mémoires vos perles ci-dessous?
Au fait vous vivez a DC mais ou ??? Dans les ghettos de la banlieue? il parait qu'il y a des types la-bas qui n'ont jamais vu le capitole ou le congres a part a la télévision - comme le PPAC a Paris qui n'a surement jamais visité la tour Eiffel...
On peut sortir certains africains de l’Afrique malade mais on ne pourra jamais sortir l’Afrique malade de certains africains....
Pourquoi ma réaction est elle censurée?
Parce que tu es bêtes…. Vas sur RadioKankan.com ou Guinee24 tu ne seras pas censure… la bas c’est la démocratie. Vous dansez la même musique non? Alors prière de ne pas nous tympaniser ici avec tes lamentations à la con. Si tu écrits des bêtises ou des âneries le webmaster a plein droit de ne pas les publier et ci ca te fait mail vas au P.R.L Ouremba Keita pour dénoncer les activités contre-révolutionnaires du webmaster. Moorrrrrrrr
Ces commentaires permettent toutefois de constater qu'il existe des extrémistes partout, et je les combats, qu'ils soient du RPG ou de l'UFDG, malinkés ou peuls. Je n'ai aucun état d'âme sur ce point. Ceux qui se permettent de menacer anonymement - croient-ils - ne perdent rien pour attendre, la vie est longue et Internet est indélébile. Ceux qui vivent au jour le jour se foutent de cela, mais ils le comprendront ultérieurement.
Parler de liste, comme on parlait de cinquième colonne à une autre époque, en dit long sur l'état d'esprit de certains. Rééducation...
Quant à ceux qui parlent sans connaître, ils sont indignes de respect, car la parole s'envole, mais les écrits restent. A bientôt, car le monde est petit.
...Par ailleurs n'étant pas de l'UFDG, je ne suis un inconditionnel de personne, pas plus CDD que Bah Oury. Mais de même que je n'apprécie pas les moutons du RPG sans cervelle, je n'apprécie pas davantage leurs alter ego de l'UFDG.../quote]
On ne peut être plus clair, mais ce que d'autres ne comprennent toujours pas.
Gandhi n' est pas de l'UFDG. Sachons au moins lire ce qui est écris.
De grâce, même si vous et moi sommes convaincus que mr. Harouna Gandhi milite pour Bah Oury, cela ne lui vaut pas des coups de pierre à la figure.
Heureusement, nous avons des personnes comme Thieno pour calmer les esprits chauffés.Mr Harouna Gandhi est dans son plein droit de citoyen libre en supportant Bah Oury au détriment de Cellou Dalein Diallo. Moi, je ne suis pas contre cette façon de se comporter mais, ce qui m,agace un peu dans cette affaire, c'est la vision à court terme de tous ces propagandistes qui se prennent pou des défenseurs de la démocratie alors qu'ils se battent en réaité pour leur pain quotidien. Le monde est vraiment ingrat.
Pour que vous vous endormiez moins bête, je précise que CDD était tellement sûr de gagner les présidentielles... qu'il les a perdues, même si on peut en contester le déroulement. Et comme il ne représente pas que lui-même, mais une communauté, voire une nation, je ne suis pas prêt à le laisser faire n'importe quoi au nom de tous. Il n'est que le leader de l'instant.
Par ailleurs n'étant pas de l'UFDG, je ne suis un inconditionnel de personne, pas plus CDD que Bah Oury. Mais de même que je n'apprécie pas les moutons du RPG sans cervelle, je n'apprécie pas davantage leurs alter ego de l'UFDG, dont vous semblez être l'un des représentants.
Et puisque vous aimez les listes, on peut aussi vous cibler comme tel, qu'est ce que vous croyez ?
Votre excellence est deja induit en erreur et l avenir ns dira. Ce que nous prions aujourdhui, ce que votre excellence prend conscience de sa et prend ses responsabilites.
Merci!
(...) Que CDD cesse de rêver, quand on veut le pouvoir, on met tout en oeuvre pour l'obtenir, quels que soient les augures apparemment favorables. Un match n'est jamais gagné d'avance.
Parfois, à lire la réaction nauséeuse de certains de nos soi-disant intellectuels soiffards, on se rend compte que la conscience intellectuelle est loin d'être acquise dans les rangs. Oui, il est possible qu'un matche n'est toujours pas gagné d'avance si on connait jusqu'où s'arrêtent les compétences de son adversaire. Un "garçon poli" que le grand frère tâte la tête n'est pas assez mûre pour connaître les compétences de ce dernier. Pour reprendre les propres termes de notre propagandiste, "Que CDD cesse de rêver, quand on a le pouvoir, on met tout en oeuvre pour le garder, quels que soient les augures apparemment (dé)favorables." À bon entendeur salut ! Vous êtes libres de soutenir indéfiniment Bah Oury, cela n,engage que vous. Mais laissez CDD en paix.
...Accessoirement je préfère un AC qui n'arrive pas à cacher son ethnocentrisme, que d'autres faux-culs qui y arrivent très bien et qui sont donc plus dangereux....
Que se bien dit!
Malheureusement ces faux-culs sont en grand nombre.
CDD aurait du profiter de la tribune pour rappeler à ceux qui gesticulent de manière irresponsable au sein de l'UFDG (ils veulent le beurre et l'argent du beurre), qu'il ne souhaitait pas aller à la prestation de serment de la CENI et bloquer ainsi le système, au contraire de Sidya, mais surtout de Kouyaté. C'est bien de vouloir sauvegarder l'unité de l'opposition au sens large, mais chacun doit prendre ses responsabilités, et personne n'ignore les intérêts contraires des leaders entre eux. On ne peut pas suivre plusieurs lièvres à la fois. Chaque chose en son temps. L'intérêt de la Guinée est supérieur à l'intérêt égoïste de tout leader, quel qu'il soit.
C'est bien de rappeler le contexte de l'entre deux tours. Un mea culpa disant que des erreurs ont été faites au sein de l'UFDG, auraient été bienvenues. AC est un escroc, il a joué sa partition mais l'UFDG l'a laissé faire, c'est ça la réalité. On a beau tourner dans tous les sens, on en reviendra toujours là .
Quant à la répression communautaire, cela signifie qu'il ne faut plus sacrifier nos compatriotes pour des principes sur lesquels AC s'assied, mais il faut exiger le départ de cet individu qui fait perdre du temps à tous, sauf à son clan. Accessoirement je préfère un AC qui n'arrive pas à cacher son ethnocentrisme, que d'autres faux-culs qui y arrivent très bien et qui sont donc plus dangereux.
Il faut arrêter avec les centrales thermiques qui prennent du temps (2 ans au minimum), de l'argent (frais de fonctionnement en carburant dont la Guinée ne dispose pas, sans compter les désagréments écologiques hostiles au tourisme.
Enfin, ce n'est pas parce que les gens ne veulent plus d'AC, qu'il ne gagnera pas les élections de 2015, si nous allons jusque là . Que CDD cesse de rêver, quand on veut le pouvoir, on met tout en oeuvre pour l'obtenir, quels que soient les augures apparemment favorables. Un match n'est jamais gagné d'avance. On dirait qu'il n'a pas compris la leçon de 2010...
Je doute que tu sois de l’UFDG. Si c’est le cas, je trouve que tu fais un procès d’intention contre London Camara et guinee58. Guinee58 est favorable à l’UFDG et a toujours critiqué violemment le régime d’Alpha Condé. London Camara prend beaucoup de risques en critiquant le régime d’Alpha Condé. Tu penses que Bah Oury peut se faire manipulé par London Camara ? Tu rigoles. Mais toi, que fais-tu pour la cause du Fouta ?
Je pense fort que tu sois du RPG qui vise à diviser l’UFDG. Sache que ça ne marche pas.
J'ajouterai que je ressens à la lecture de cette interview de la tristesse à cause des relents d'amateurisme dans plusieurs passages.En cinq ans d'apprentissage,(trois ans à peine en 2010) face à des "cannibales",à moins d'être hyper doué, voire génial ou disposer d'un "brain trust" de premier ordre ,pouvait il faire mieux?








