Ibrahima Sory Bah Samedi, 09 Février 2013 16:43
Le feuilleton judiciaire se poursuit à la Cour d’assises de Conakry par la comparution d’un nouvel accusé. Il s’agit du capitaine lui aussi poursuivi pour complicité dans l’attaque du domicile privé du président de la République le 19 juillet 2011.
Les accusés de l’attaque contre la résidence privée du président de la République se succèdent devant la Cour d’assises de Conakry. Après le passage de certains accusés, ce fut au tour du capitaine Mamadou Adama Marra d’être entendu par la Cour dirigée par le juge Fodé Bangoura. Interrogé sur les faits qui ont été mis à sa charge, l’accusé a, dans son témoignage, réfuté tous les chefs d’accusation retenus contre lui.
Le capitaine Marra s’est justifié en soutenant qu’il était en convalescence la nuit du 18 au 19 juillet, date de la présumée attaque contre le domicile du chef de l’Etat. Il a indiqué que si c’est vrai que l’assaut a duré plus de deux heures d’horloge, les différents officiers seraient «alors complices».
« S’il y a eu vraiment une attaque réelle, tous les chefs des unités militaires sont complices, parce qu’une semaine après la date du 19 juillet, toutes les unités militaires étaient en alerte rouge. Sinon comment on peut attaquer le président de la République sans qu’aucune de ces unités n’interviennent ? », s’est-il interrogé.
Plus loin, il a cité certains officiers supérieurs de l’armée comme complices dans cette affaire. «Les chefs des armées, le général Ibrahima Baldé, le général Boundouka Condé, le général Mamadouba Toto, sont complices de l’attaque contre le domicile du président Alpha Condé. Sinon, comment on peut attaquer le président sans que l’un d’entre eux ne donne l’ordre d’intervenir pour sauver le chef de l’Etat? Cela veut dire qu’ils sont incapables. Je souhaiterais qu’ils soient là pour une confrontation entre eux et moi. Ils doivent venir s’expliquer parce qu’ils ont montré qu’ils sont des hommes de bureau et non des hommes de terrain. Ils ont été différents du général Baïlo Diallo (ancien chef d’état-major des armées, décédé en 2009, Ndlr). En tant que chef d’état-major de l’armée de terre, il avait été au front pour combattre la rébellion lorsque la Guinée a été attaquée », s’est défendu le lieutenant Mamadou Adama Marra à la barre.
Poursuivant son témoignage, le lieutenant affirme avoir été arrêté parce qu’il est « originaire du Fouta Djallon », justifiant cela par le fait que certains officiers lui auraient demandé l’origine de ses parents.
« Après mon arrestation, le colonel Gabriel et le commandant Fabou m’ont demandé l’origine de mes parents et pour qui je milite. Depuis ce jour j’ai compris que c’est une enquête ethnico-politique et non militaire. Ils m’ont mis dans cette affaire parce qu’ils ont peur de moi. J’ai d’abord été affecté à l’intérieur du pays », affirme-t-il, avant de soutenir qu’il a subi des tortures morales. Il aurait fait trois jours sans manger au PM3.
Pour lui, « une personne qui a grandi et qui a reçu une éducation du Fouta ne peut pas penser à faire un coup d’Etat ».
Répondant à la question du procureur sur le motif de l’achat du boubou, le capitaine Marra répond : «Je ne savais pas qu’acheter un boubou soit un problème ».
Ibrahima Sory Bah
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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