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Massacre du 28 septembre 2009 : Cellou Dalein met un fonds en place pour secourir les victimes

Samory Keita  Vendredi, 08 Février 2013 17:18

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DIALLO_Cellou_Dalein_21_01Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), candidat malheureux au second tour de l’élection présidentielle de 2010 et depuis chef de file de l’opposition guinéenne, Mamadou Cellou Dalein Diallo, a créé depuis mai 2012, un Centre d’aide et de réinsertion (CAIRE), alimenté sur fonds propres et dénommé Fonds d’assistance aux victimes des violences politiques (FAVIP). Le lancement officiel a eu lieu le 31 janvier, dans un réceptif hôtelier de la place.


Mieux vaut tard que jamais, dit-on. S’étant lancé dans le marigot politique en 2007 alors que rien ne le présageait, Cellou Dalein Diallo s’est aussitôt imposé sur le terrain. Propulsé au-devant de la scène grâce à sa popularité, son parti est devenu l’une des plus grandes formations politiques du pays. Comme en fait foi son score au premier tour de l’élection présidentielle de 2010. Avec 24 candidats en lice, Cellou a obtenu près de 44% des suffrages exprimés, alors qu’Alpha Condé (opposant historique) qui venait en seconde position n’a obtenu que 18 pourcents. Mais le « vieux briscard » est parvenu à faire basculer les suffrages en sa faveur au second tour.

Avant d’en arriver là, il faut rappeler que la Guinée était déjà engagée dans une transition militaire. Dirigée par un jeune capitaine au tempérament chaud, Moussa Dadis Camara, cette transition a connu une pure tragédie perpétrée contre les populations. C’est la tragédie du 28 septembre 2009 au stade du même nom, lorsque des populations se sont fait massacrer par des bérets rouges de la garde présidentielle. Leur seul crime est d’avoir répondu à l’appel des Forces vives. Pour défendre leur droit, elles ont subi un triste sort, celui d’être massacrées comme des poussins par des militaires assoiffés du pouvoir. Et qui étaient décidés à écraser tout ce qui se dresserait sur leur chemin. Mettant ainsi de côté les engagements pris au lendemain de leur prise du pouvoir le 23 décembre 2008, après la disparition du général Lansana Conté.

De la promesse au parjure de la junte, s’est produit l’impensable : les événements du 28 septembre 2009. Selon l’ONU 157 personnes y ont délibérément été tuées, des dizaines de femmes et de jeunes filles violées et violentées, des centaines de manifestants blessés et plusieurs portés disparus.

Des leaders politiques rossés et brutalisés. Aboubacar Sylla, Mouctar Diallo, Jean Marie-Doré, Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo et d’autres leaders ont encore des séquelles de ces violences sur leur corps. Tous avaient été grièvement blessés et transportés d’urgence dans une clinique de la place pour recevoir des soins intensifs. Le chef de la junte leur a reproché d’avoir conduit « les populations à la boucherie ».

Pis, le trio Cellou, Sidya et Doré a reçu chacun une visite musclée à son domicile de la part des militaires. Qui ont tout détruit à leur passage.

Lors de la transition version général Sékouba Konaté, intervenue après que le fougueux Capitaine ait reçu une balle dans la date, le 3 décembre 2009, tirée par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité alias « Toumba », qui l’a éloigné du pouvoir, le nouveau chef de la transition a cru devoir rectifier le tir en accordant une importante somme aux trois leaders pour préjudices subis. Six milliards de nos francs sont débloqués en leur faveur, à raison de deux milliards chacun.

Ceci avait d’ailleurs suscité de vives réactions chez les citoyens et plus tard le pouvoir s’en était servi pour tirer à boulets rouges sur les trois leaders politiques.

Deux ans après qu’il eut reçu ce montant dans son compte personnel de la BCRG, Cellou Dalein Diallo a cru bon de l’utiliser pour assister les victimes du 28 septembre 2009. En créant un Centre d’aide et de réinsertion (CAIRE) qui volera au secours des victimes des violences politiques. Que ce soit du 28 septembre, de Zogota, de Galakpaï, des manifestations politiques, etc.

Le lancement officiel des activités du centre a eu lieu le 31 janvier, à Conakry. En activité depuis huit mois, le CAIRE aurait reçu des centaines de victimes selon Mme Hawa Dramé, fondatrice de la fondation Fitimi et gérante du centre. Il est soutenu par un fonds mis en place dénommé Fonds d’assistance aux victimes des violences politiques (FAVIP). A l’en croire, 145 millions de francs guinéens ont d’ores et déjà été investis, et ont permis de réaliser les premières activités du centre. Le nombre d’actes de prise en charge serait de 525 depuis son ouverture.

Les témoignages de certaines victimes prises en charge par le centre en font foi. Certaines sont victimes directes, d’autres par contre ont perdu des parents. C’est le cas de ce jeune dont le père est porté disparu depuis ce jour. Etant l’aîné d’une famille de neuf enfants, il dit avoir été obligé d’abandonner l’école pour exercer le commerce, afin de subvenir aux besoins de la famille. Repéré par le CAIRE, il bénéficie du soutien du centre qui l’aide à monter un projet d’activités commerciales qui sera financé par le FAVIP. Tout comme lui, d’autres victimes sont appuyées dans leur domaine d’activité de choix. Les victimes qui nécessitent une prise en charge médicale le sont aussi, selon la présidente.

Mme Hawa Dramé a profité du lancement pour lancer un appel aux personnes de bonne volonté pour le soutien et la pérennisation du centre.

Cette initiative de Cellou Dalein Diallo a eu un écho favorable dans la cité. Nombreux sont ceux qui pensent que Jean Marie-Doré et Sidya Touré, qui ont bénéficié eux aussi du même montant, devraient lui emboîter le pas. Pour mener une action commune et solidaire vis-à-vis des victimes du 28 septembre. Car il n’est jamais tard pour bien faire.


Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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