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Affaire 28 septembre : jusqu’où ira la justice guinéenne ?
Aliou Sow Mercredi, 06 Février 2013 10:30
Le pool de juges commis à la tâche de faire la lumière sur les événements survenus le 28 septembre 2009 doit entendre des leaders politiques et l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Au moment où nous allions sous presse, Mouctar Diallo des Nouvelles forces démocratiques (NFD) et Cellou Dalein Diallo avaient reçu des convocations pour comparaître à titre de « témoins » devant cette commission, qui a la lourde charge de situer la communauté nationale et internationale sur ce qui s’est réellement passé ce jour dans l’enceinte du stade du 28 septembre, où 157 victimes ont été enregistrées, toutes tombées sous les balles des hommes en uniforme.
Le dossier dans l’affaire des massacres du 28 septembre vient de connaître un nouveau rebondissement avec la convocation de certains leaders politiques dont Cellou Dalein Diallo et Mouctar Diallo, à comparaître devant le pool de juges chargé du traitement de ce dossier. Le capitaine Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte sera lui aussi entendu, à partir de son ‘’exil’’ à Ouagadougou. C’est du moins l’information que nous avons reçue, au moment où nous allions sous presse.
Cette démarche répond ainsi aux vœux des victimes de cette répression, qui depuis 2009 ne cessent de réclamer justice. La Cour pénale internationale (CPI) a certes procédé à des enquêtes préliminaires dans le cadre de cette affaire, mais étant une juridiction de second degré, la CPI ne peut s’autosaisir du dossier que si la justice guinéenne montre des limites dans le traitement de l’affaire.
Le gouvernement du président Alpha Condé a promis de doter les juges chargés du dossier afin de leur permettre de travailler en toute indépendance.
On se souvient que dans une déclaration publiée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) en octobre 2012, celle-ci tout en se félicitant du départ des militaires du gouvernement avait mentionné ceci : « Les autres présumés responsables de graves violations des droits de l’homme occupant des postes de responsabilité, notamment dans le secteur de la sécurité, doivent aussi être démis de leurs fonctions jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur leurs agissements et leurs responsabilités dans les épisodes de graves violations des droits de l’homme perpétrés en Guinée par le passé ».
Dans cette même déclaration, la FIDH avait fait savoir que « de nombreux témoignages de victimes, recueillis par la FIDH et l’OGDH ainsi que par les différentes associations de victimes, font état du rôle important des forces de police dans la répression sanglante des manifestations qui ont fait au moins 157 victimes, une centaine de femmes violées et de très nombreux blessés ».
Cette déclaration avait été précédée de la sortie de la représentante spéciale sur la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura, qui devant la tribune des Nations Unies avait rappelé que les femmes avaient tout particulièrement été visées par les atrocités commises il y a trois ans en Guinée contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité de ce pays.
« Les viols publics et collectifs de femmes en plein jour ont démontré de manière dramatique que les violences sexuelles ne sont pas seulement une arme en temps de guerre. Qu’elles relèvent de la tactique de conflit ou du répertoire de la répression politique, l’objectif est le même : humilier, faire taire, intimider et punir les victimes », avait alors souligné Mme Bangura.
La Commission internationale d’enquête sur ces événements, qui se sont produits le 28 septembre 2009 en Guinée, avait confirmé qu’outre le massacre d’au moins 150 manifestants non armés, 109 femmes au moins avaient été victimes de viols et d’autres formes d’abus sexuels. Selon la Commission internationale d’enquête, ces attaques généralisées et systématiques pourraient constituer des crimes contre l’humanité.
« Je me félicite de l’inculpation, annoncée au début de ce mois, du colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ancien ministre de la Santé du gouvernement Moussa Dadis Camara, pour sa responsabilité présumée dans les événements du 28 septembre 2009 », avait déclaré Mme Bangura.
Elle avait tenu à souligner qu’il « importe que ces accusations soient traitées rapidement et de manière approfondie, surtout à la lumière des retards accumulés par la justice guinéenne. Bien que le lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara ait été inculpé au début de cette année pour son rôle présumé dans le massacre, à ce jour pas un seul auteur a été reconnu coupable ».
Mme Bangura avait aussi insisté sur la nécessité que « toutes les victimes, d’autres témoins et leurs familles bénéficient d’une protection complète et qu’aucun effort ne soit épargné pour garantir leur sécurité tout au long de ce processus. Des agresseurs connus ne doivent pas être autorisés à détenir des positions d’autorité. »
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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AOB est présumé innocent, ce qui ne l'empêche pas d'être emprisonné depuis plus de 18 mois et de surcroît, d'être aussi considéré comme un haut responsable de l'insécurité présidentielle (confirmé par AC).








