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Désobéissance civile : l’opposition n’entend pas reculer

Aliou Sow  Mardi, 05 Février 2013 16:30

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SYLLA_Aboubacar_DIALLO_Cellou_Dalein_KOUYATE_Lansana_01L’opposition a pris la ferme décision d’organiser des manifestations publiques à compter du 7 février, allant de marches pacifiques jusqu’à des journées mortes, tant que le pouvoir ne lâchera pas du lest. Dans les états-majors des partis politiques, l’heure est à la mobilisation.


Le ton a été donné lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière par l’ADP, le Collectif et le CDR, pour annoncer les couleurs de cette série d’actions de désobéissance civile qui doit débuter ce 7 février. Ce sera une marche pacifique, qui s’étendra à toutes les préfectures du pays, selon l’opposition. Afin de mieux préparer leurs manifestations, les partis politiques ont mis l’accent sur la sensibilisation de leurs militants et sympathisants.

Dans la foulée, une circulaire a été adressée aux différentes fédérations des formations politiques membres de l’ADP, du Collectif et du CDR. Histoire de les mettre dans le bain de ce qui se trame, et de les préparer à battre le rappel des troupes. L’opposition justifie ses actions à venir par le « refus du gouvernement et de la CENI de renoncer aux prestations du couple Waymark/Sabari, en faveur d’un opérateur qui sera recruté par un appel d’offres international ».

« Le vote des Guinéens de l’étranger » constitue l’autre point de revendication qui tient à cœur aux partis politiques évoluant sous la bannière de l’opposition. Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) Bakary Fofana est aussi accusé par l’opposition de confisquer l’institution à son seul profit. Avec des prises de décision qui se feraient de façon « unilatérale ».

Il est ainsi accusé d’avoir « dissimulé le rapport de l’OIF mettant en évidence la non-fiabilité de Waymark, et diffusé à l’insu des autres commissaires un chronogramme électoral non adopté par les instances compétentes de la CENI ». Les autres griefs de l’opposition à l’encontre de Bakary Fofana portent sur « la mise en place en catimini par le président de la CENI, d’une commission à laquelle il transfèrerait l’essentiel des prérogatives de l’institution, ainsi que la tentative de faire transférer le fichier électoral du système Sagem au système Waymark ».

Le pré-affichage des listes électorales qui a débuté la semaine dernière dans les circonscriptions électorales serait également une décision « unilatérale » du président de la CENI, sans l’aval de la plénière. Autant de « faux-pas » attribués à Bakary Fofana qui, à en croire l’opposition n’en ferait qu’à sa tête. Marchant en quelque sorte dans les pas de son prédécesseur Lousény Camara, qui était soupçonné de rouler pour le chef de l’Etat. Des soupçons qui se sont confirmés suite à sa nomination au poste de ministre de l’Hôtellerie et du Tourisme, après son départ de la CENI.

Pendant que Cellou Dalein Diallo et ses pairs affûtent leurs armes pour la série de manifestations qu’ils entendent organiser à compter du 7 février, les services de sécurité se préparent de leur côté, à revoir leur copie en matière de maintien d’ordre. C’est ainsi que des éléments issus des escadrons mobiles de gendarmerie et certaines unités de police seraient en formation, en prélude à ces manifestations. Une « mise au vert » qui devait prendre fin ce mardi, selon des sources sécuritaires. Certes le gouvernement, tirant les leçons du tollé suscité par les incidents du 27 août 2012, a promis de revoir sa méthode en matière de maintien d’ordre, afin d’éviter tout débordement. Mais bien des gens craignent que ces « consignes » des autorités ne soient pas observées à la lettre, quand on sait que certains agents de sécurité ont la gâchette facile. Ce qui ferait peser des risques sur les organisateurs de ces manifestations et leurs militants.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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