Violences basées sur le genre : des ONGs féminines valident leur rapport alternatif

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Dans le cadre de ses activités, la Coalition nationale de Guinée pour les droits et citoyenneté des femmes (CONAG-DCF), en collaboration avec ONU-Femmes et Aword/Afard a mené une enquête sur les violences faites aux femmes et filles en Guinée. La cérémonie de validation du rapport dit alternatif s’est déroulée la semaine dernière à Conakry en présence de la consultante du CECI-Guinée auprès de la CONG-DCF.


En ouvrant les travaux, la présidente de la CONAG-DCF a tout d’abord fait un bref rappel sur les objectifs de son ONG. Elle dira que sa structure est une organisation de promotion des droits et de la citoyenneté des femmes à travers le renforcement des capacités d’intervention, de mobilisation sociale et d’alliance stratégique avec les organisations de la société civile, en vue d’amener les décideurs et partenaires à prendre en compte les préoccupations sur les droits et citoyennetés des femmes dans l’élaboration et la mise en point des projets et programmes en Guinée. Hadja Fatoumata Sall martèlera que la CONAG-DCF intervient dans trois domaines majeurs qui sont entre autres : l’égalité des rapports entre homme et femme, fille et garçon, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, la citoyenneté des femmes et leur participation aux prises de décisions. Â« La violence est l’un des facteurs les plus significatifs de l’inégalité entre les sexes. C’est pourquoi toute action de lutte contre la violence dans la vie quotidienne doit prendre cette dimension en considération Â», a-t-elle dit. En présentant le rapport, madame Bintou Nabé a souligné que la violence à l’égard des femmes est parfois perçue comme profondément liée à nos cultures et nos traditions, et est considérée comme un aspect acceptable de comportement. Il ne s’agit pas seulement selon elle, d’un problème théorique, mais bien d’un phénomène qui touche chaque femme. Il relève non seulement des relations interpersonnelles, mais aussi d’un ensemble de problèmes juridiques, sociaux, économiques et culturels. La présentatrice a rappelé que la Guinée a ratifié et signé la quasi-totalité des instruments juridiques au niveau international, régional et sous-régional. Selon le rapport, les causes des violences sont multiples et liées aux réalités sociales des milieux d’origines des auteurs et des victimes, donc, à leur éducation, culture, religion, organisation sociale, etc. En élucidant l’ampleur du phénomène, le rapport précise que bien qu’il n’existe pas de données statistiques détaillées sur toutes les formes de violence faites aux femmes et filles, notons que l’enquête nationale sur les violences basées sur le genre réalisée en 2009 par le ministère des Affaires sociales, de la Promotion féminine et de l’Enfance grâce à l’appui de l’UNFPA, du PNUD, de l’UNICEF et de l’OMS, a révélé le taux de femmes victimes, qui se présente comme suit : 88% de femmes en Guinée forestière, 64% de femmes en Basse Guinée, 57% de femmes de Conakry, 54% de femmes en Moyenne Guinée et 51% de femmes en Haute Guinée. Il faut noter que les pires formes de violences dont sont victimes les femmes/filles guinéennes, restent la mutilation génitale féminine (96%) et le mariage précoce (63%). Ces deux formes de violences sont pratiquées par toutes les communautés qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes selon l’EDS de 2005. En matière de défis à relever, le rapport cite entre autres : l’adoption du projet de code civil révisé depuis 2008 qui prend en compte le harcèlement sexuel, l’inceste, le mariage forcé, la bigamie, le lévirat et le sororat ; l’élaboration et la promulgation d’une loi spécifique réprimant les violences faites aux femmes et aux filles ; l’extension des centres pilotes de prises en charge psychosociale et médicale des victimes ainsi que ceux chargés de leur accueil, etc.


Aly Badara Condé
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #5 Gandhi 06-02-2013 23:32

MAdina, nous avons une différence de culture sur ces sujets, puisque pour moi l'excision est un crime contre les femmes (en Guinée c'est même pénalement poursuivi - article 305 du Code pénal -, même si aucun cas n'a été porté devant un tribunal). De la même façon, marier des gamines de 13 ans, c'est de la pédophilie pure et simple (majorité sexuelle à 15 ans, âge minimal de 17 ans pour les femmes en Guinée, article 280 du Code civil)...
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0 #4 madina 06-02-2013 18:04

Oh,Gandhi c'est maintenant que je vois le post.En fait l'excision permet ä la femme de gerer ses pulsions sexuelles et de les orienter ä sa guise.Tandisque le mariage ä un jeune äge,après l'apparution des menstrues comporte l'avantage de se faire pendant que les cellules sont jeunes et prêtes.Les enfants ä cette periode naissent solides en bonne santé,avec une maman pouvant endurer la grande täche de l'education.
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+2 #3 Gandhi 04-02-2013 22:10

Citation en provenance du commentaire précédent de madina:
Ce qui est le plus revoltant et le plus triste,c'est quand on voit ces idiots intervertir l'ordre des choses en considérant par exemple l'excision et le mariage precoce comme des violences faites aux femmes alors même que c'est la meilleure chose qui puisse arriver ä une femme.

J'ai besoin d'explications, car là j'avoue ne pas trop comprendre en quoi l'excision et le mariage à 13 ans étaient profitables aux femmes.
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0 #2 madina 04-02-2013 20:00

Ce qui est le plus revoltant et le plus triste,c'est quand on voit ces idiots intervertir l'ordre des choses en considérant par exemple l'excision et le mariage precoce comme des violences faites aux femmes alors même que c'est la meilleure chose qui puisse arriver ä une femme.Ce sont les mêmes pervers,qui ont repandu le virus du mariage homosexuel,mettant ainsi en danger la perpetuation même de l'espèce humaine.
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+2 #1 TOOLA 04-02-2013 03:08

Il est inadmissible et révoltant de constater que nos mamans, filles et sœurs sont encore victimes de violence et d'injustices de toutes sortes. Il faut combattre sans pitié ce qui semble devenir un fléau chez nous. Dans nos traditions la femme est beaucoup plus qu’un individu ayant des droits, c’est une figure sacrée.
Mais contrairement à ce qui est dit, Je ne pense pas que la culture africaine bien comprise n’ait jamais été aliénante pour les femmes, ni que ce soit aujourd’hui «un phénomène qui touche chaque femme».
Je reste en outre très réservé quant à la vision de la femme qu’ont certains promoteurs étrangers (ou ONG internationales) de «l’égalité des genres», qui à coups de milliards subventionnent des projets qui tendraient à faire évoluer le beau sexe vers son modèle ultime : la femme «moderne». Un moyen terme entre Thatcher et Madonna très éloigné de la figure mariale révérée par tous les croyants et dont l’incarnation pour chaque homme est la mère.
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