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Interdiction de parler de l'attaque du domicile d'Alpha Condé: Martine Condé donne des explications à la presse

Heinan Goba  Jeudi, 28 Juillet 2011 23:07

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CONDE_Martine_2_01Suite au tollé général suscité par sa dernière décision, la présidente du Conseil national de la communication (CNC), entourée de trois de ses collaborateurs, a expliqué Ã  la presse, dans la soirée du jeudi 28 juillet, les raisons qui l'on amenée à agir de la sorte. Un exercice qui n'a pas été facile pour dame Condé.

D'entrée de jeu, Martine Condé a tenté de rassurer les journalistes en ces termes: "Soyez rassuré, le CNC est votre maison".

Abordant la question fondamentale qui est le motif de sa dernière décision, Martine Condé a indiqué: "Ce n'est pas pour des raisons politiques que la décision de suspendre les articles de presse et émissions se rapportant à l'attaque du domicile du Chef de l’Etat, et les émissions interactives à caractère politique, a été prise".

Le but de cette décision vivement critiquée, d'après Martine Condé "est d'éviter à la presse d'être à l'origine d'une crise à la rwandaise". "Ce n'est pas pour brimer la presse. Mais c'est pour apaiser la tension. Et vous voyez, depuis c'est calme. On ne nous appelle plus" a ajouté la présidente du CNC en se ventant du bilan de sa décision.

La présidente du CNC a rappelé que son institution a eu à recevoir bien avant, une mission de l'agence des Nations Unies pour la consolidation de la paix et des représentants de la société civile. Tous avaient les mêmes préoccupations. Comment amener la presse à évoluer dans le sens de la consolidation de la paix. Aux dires de Martine Condé, c'est de là que l'idée de réguler les émissions interactives et les autres articles de presse est venue.

Toutefois, dira la présidente du CNC : "Ceux qui ne sont pas d'accord avec cette décision sont libres d’en référer à la juridiction compétente".

En attendant, Martine Condé a expliqué aux journalistes que le projet de la décision controversée a reçu, quand même, l'aval des associations de presse qui se disent au regret de voir le CNC prendre une telle décision.

"Bien que nous soyons une institution républicaine qui a le droit de s'autosaisir, nous avons opté pour une gestion collégiale des situations. C'est ainsi qu'au regard des inquiétudes de certains de nos concitoyens suite aux dégâts causés par les émissions interactives, après l'attaque du domicile du Chef de l'Etat, nous avons demandé aux principaux responsables concernés de réfléchir à la suspension des émissions interactives. Après réflexion, ils se sont dits d'accord pour la suspension temporaire dans l'intérêt de préserver la paix. C'est ainsi que nous avons pris la décision" a expliqué la présidente du CNC.

Martine Condé s'est alors dite très surprise de la réaction de la presse nationale. Mais elle n'en veut pas aux journalistes mais aux patrons de presse qui ont approuvé le projet de décision. "Nous sommes convaincus que ce sont les patrons de presse qui n'ont pas relayé l'information" dira-t-elle.

Suhel Hasar, le directeur général de Nostalgie Guinée et secrétaire général de l'URTELGUI (Union des radios et télévisions libres de Guinée), présent à la rencontre a tout de suite pris la parole pour, dit-il, faire des mises au point suite aux affirmations de Martine Condé.

Le secrétaire général a rappelé que lors de leur dernière rencontre avec le CNC, ils ont effectivement parlé de la nécessité de la réconciliation nationale. Ils ont parlé des articles incendiaires publiés par certains sites internet. Mais ils ont tous constaté ensemble qu'il était difficile de trouver une solution à cela.

Par ailleurs il a déclaré que les radios se sont engagées à ne pas donner la parole aux auditeurs pour s'exprimer sur l'attaque du domicile du Président de la République. Mais il n'a jamais été question de suspendre toutes les émissions à caractère politique.

Et Hasar de se révolter : " On doit parler de l'attaque du domicile du Président parce que la RTG continue à en parler malgré la suspension. Elle diffuse des déclarations. Nous sommes tous égaux devant la loi. Si on interdit c'est valable pour tous les médias. Et d'ailleurs c'est contraire à la démocratie" a martelé le patron de la Nostalgie.

La loi dit que la suspension en pareil cas est de 72 heures et plus. Mais Martine Condé a promis que la suspension sera très bientôt levée. Elle attend de se concerter avec toutes parties prenantes.


Heinan Goba

de Conakry pour GuineeActu.com


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