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Affaire des treize milliards : quand la montagne accouche d'une souris

Heinan Goba  Vendredi, 01 Février 2013 15:32

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tribunal_Kaloum_01Le fameux procès de la tentative de détournement de treize milliards sur le compte du trésor public à la Banque centrale de la République de Guinée qui a défrayé la chronique l'année dernière, a connu son épilogue ce vendredi sans que toute la lumière ne soit faite. A part le fait d'avoir permis à l'opinion de se faire une idée de la moralité des cadres du ministère de l'Economie et des Finances, il n'a pas permis de savoir qui a fait quoi, avec qui, pourquoi et comment, dans cette affaire. Ce qui a fait dire à certains que ce procès fait partie des « efforts » du gouvernement pour l'atteinte de l'initiative PPTE.

En dépit des efforts fournis par la juge, dame Kadiatou Traoré, il est apparu clairement que les autorités ne lui ont pas donné les moyens qui pouvaient lui permettre d'examiner de fond en comble ce dossier. Tous les prévenus n'ont pas été traduits devant elle. De même que les témoins. Ceux parmi les témoins qui ont comparu ne lui ont pas apporté grand-chose. Faute d'avoir entendu le ministre Yansané, une des pièces maitresses de ce dossier, à la barre, au sujet de sa signature authentique ou fausse. N'ayant pas obtenu l'avis d'experts indépendants sur ladite signature. Dame Kadiatou Traoré ne pouvait faire qu'avec les moyens dont elle disposait.

Comme il fallait s'y attendre, la difficulté avec laquelle la présidente du tribunal de Kaloum a dû gérer ce dossier, ne pouvait qu'impacter sur sa décision. Ainsi, lorsqu'on compare les peines qui ont été prononcées contre ceux qui ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés et ce qu'ils risquaient, on peut dire que toutes les personnes poursuivies dans cette affaire ont été relaxées. Sauf Sayon Camara et Ibrahima Sory Condé qui n'ont pas assisté à leur procès et ont été condamnés à dix ans de prison ferme et un million de FG d'amende pour des faits de faux en écriture publique et authentique, détournement de deniers publics.

Par contre, Ousmane Camara, Balla Moussa Mara et Mohamed Fofana, trois cadres de l'administration auxquels on reprochait le délit de complicité de détournement de deniers publics ont été relaxés pour délit non constitué en ce qui concerne les deux premiers, et au bénéfice du doute le dernier. Mathurin Millimouno, poursuivi pour recel, n'a écopé que de six mois avec sursis et cinq cent mille FG d'amende. Pendant qu'Amadou Djouldé Diallo et Saidouba Diakité, accusés d'être les complices de Sayon Camara et Ibrahima Sory Condé, n'ont été condamnés qu'à sept mois fermes et 500.000 FG d'amende, chacun.

Ainsi va la Guinée… 

Pour rappel, c'est à la date du 18 mai 2012 que sur la base de deux lettres de transmission qui seront plus tard déclarées fausses, des ordres de virement d'un montant de treize milliards ont été émis par le Trésor public pour servir de payement au profit de deux entreprises de la place dont celle de Mathurin Millimouno. Il n'est pas dit que cet argent que l'Etat devait à ces entreprises ne devait pas être payé. Mais il est apparu que l'Etat s'était engagé devant le FMI alors présent en Guinée à travers une mission, à ne pas payer au-delà de dix milliards. L'autre problème serait venu du comportement d'un des créanciers, en l'occurrence Mathurin.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu

 
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