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Cour d’assises de Conakry : Quand les avocats règlent des comptes !

Boubacar Bagnan Diallo  Mardi, 29 Janvier 2013 18:54

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SAMPIL_Dinah2_01L’ambiance était électrique le soir du mercredi 23 janvier à la Cour d’appel de Conakry entre les avocats de la défense et ceux de la partie civile dans le procès des présumés auteurs de l’attentat manqué contre le domicile privé du chef de l’Etat. Il s’en est fallu de peu pour que les hommes en robe noire en viennent aux mains.


Outre les bourdes et autres fautes grammaticales impardonnables que commettent certains avocats lors des audiences à la Cour d’assises, les hommes en robe noire ont montré une autre image du barreau de Guinée. Il s’en est fallu de peu pour qu’ils en viennent aux mains à la barre. Les piques, les mises à l’index venaient de toutes parts. L’origine de leur engueulade : quand Me Bassirou Barry, avocat de la défense a, dans ses commentaires, cité le nom du chef de l’Etat en affirmant qu’il y a un moment, il était avocat d’un certain Alpha Condé à la même cour. Il n’en a pas fallu davantage pour provoquer l’ire de la partie civile.

Me Mory Doumbouya lance aussitôt laconiquement « Objection M. le président ! C’est une offense contre la personne du chef de l’Etat ».

Après quelques échanges de paroles plutôt dures les uns contre les autres, le président de la cour réussira difficilement à remettre de l’ordre dans la salle d’audience. C’est ainsi qu’il a ordonné à Me Bassirou de rendre le micro à un de ses confrères de la défense.

Prenant la parole, Me Traoré déclare : « Me Bassirou, il ne faut pas faire en sorte que ceux qui soutiennent qu’il ne faut pas défendre un parent dans un procès… »

Subitement il a été coupé par Me Lamy Kamano de la partie civile, qui, se sentant offensé par son confrère de la défense, tempête de façon lapidaire à la volée « Que cela cesse ! Que ça cesse ! Tu m’as attaqué au Tribunal de Kaloum, et tu ne peux pas m’offenser ici ! Je ne le tolère plus ! Que ce soit la dernière fois » martèle Me Kamano visiblement hors de lui.

La chandelle était allumée, Me Traoré sur ses nerfs réplique : « Personne ne peut m’empêcher de dire ici ce que je pense. Je ne suis pas l’enfant de quelqu’un. Je ne tolère pas cela ! »

L’assistance dépassée par le cours des évènements commence à se vider de la salle. La sécurité écarquille les yeux et commence à faire des allers et retours.

Dans la foulée, Me Dinah Sampil, le bâtonnier de l’ordre des avocats, fait son entrée et tente de les calmer. Impossible ! Il enfile sa robe pour prendre la parole, en vain. Mais l’atmosphère était si ridicule que l’on se serait cru dans un marché en plein 14 heures. Les envolées oratoires, les piaillements des uns et des autres étaient à leur comble.

Le président de la cour a vainement tenté de les calmer : « Vous donnez une très mauvaise image du barreau de Guinée à l’extérieur, on est suivi de l’étranger », a-t-il lancé. Mais cette remarque du président de la cour est tombée dans des oreilles de sourds. C’est ainsi qu’il a suspendu les audiences avant l’heure habituelle.

Signalons toutefois que lors de la reprise des audiences le vendredi 25 janvier, la hache de guerre a été enterrée. Les deux parties, à savoir la défense et la partie civile, ont signé un pacte de « non-agression » avant la reprise des débats proprement dits.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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