Aliou Sow Mardi, 29 Janvier 2013 17:54
Le président Alpha Condé a annoncé la semaine dernière sur les antennes de nos confrères de RFI que le problème du fichier électoral ne se posait plus. Et que la CENI avait commencé le pré-affichage, preuve que la machine électorale est en bonne marche. A entendre le président de la République banaliser la question du fichier électoral, on a bien l’impression qu’il fait la politique de l’autruche, car l’affaire Waymark continue de diviser la classe politique.
Alpha Condé a mis à profit son passage à Davos la semaine dernière, lors de ce forum économique qui attire de nombreux dirigeants du monde économique, pour clamer haut et fort qu’il n’y avait aucun problème pour la mise à jour du fichier électoral. A preuve, dit-il, la Commission électorale nationale indépendante est en train « de faire le pré-affichage dudit fichier ». Afin de permettre aux électeurs de voir si leurs noms figurent sur les listes. Une fois cette phase terminée, ce sera l’étape de « la révision, pour compléter ceux qui n’avaient pas été inscrits sur la liste », a précisé le président Alpha Condé. Pour le président « le problème du fichier ne se pose plus, puisqu’il est déjà en train d’être affiché, et que tout le monde se retrouve dedans ». Il a fait savoir lors de cet entretien accordé à RFI que les données biométriques ont été transférées et imprimées.
« Les gens sont en train de voir, maintenant, ceux qui ne sont pas inscrits. Parce que nous avons, à cause de l’impôt de capitation, beaucoup de gens qui ne s’inscrivaient pas », a-t-il déclaré. Le chef de l’Etat dit « surveiller l’impôt, afin de permettre à ceux qui ne sont pas sur la liste de s’inscrire. Ce en quoi va consister la révision complémentaire pour aller aux élections. » L’optimisme affiché par Alpha Condé pour ce qui concerne la révision des listes électorales a surpris certains observateurs qui pensent que le président fait le dos rond. En feignant d’ignorer le quiproquo qui entoure la révision des listes électorales. Vu que l’opposition exige le recrutement d’un nouvel opérateur en lieu et place du sud-africain Waymark. L’Alliance pour la démocratie et le développement (ADP) et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition entrevoient en effet la mise en place d’un second chronogramme, appelé Plan B par la CENI. Ceci tiendrait compte « du recrutement par une procédure d’appel d’offres accélérée d’un nouvel opérateur technique », qui sera chargé de gérer le fichier électoral.
Face au refus du pouvoir d’entendre raison, les deux blocs que vient de rejoindre le CDR (Club des républicains) projettent des manifestations de rue.
Au moment où nous allions sous presse, les états-majors de ces partis politiques devaient procéder à des conclaves pour décider de la stratégie à adopter, pour se faire entendre. Les prochains jours s’annoncent donc très houleux dans ce bras de fer qui oppose le pouvoir et l’opposition.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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