Sarifou Barry Dimanche, 27 Janvier 2013 18:28
Accusé pour « complicité et détention illégale d’arme de guerre » dans l’attaque contre le domicile privé du président de la République le 19 juillet 2011, Thierno Sadou Diallo a comparu ce mardi 22 janvier à la barre avec Mamadou Alpha Diallo et El hadj Boubacar Diallo. Au cours de son audition, le prévenu Thierno Sadou Diallo précise qu’il y a eu des altercations entre lui et le gouverneur de la ville de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara.
Thierno Sadou Diallo à qui on reproche d’avoir collecté des armes à des fins d’auto-défense au cas où le coup d’Etat réussirait, nie toute implication dans cette affaire. Il dit ne pas connaitre Baba Aliou Barry et Mme Fatou Badiar. Cependant, il dira qu’il a été filé par un certain Malal Bah alias Djarou.
Après avoir expliqué les conditions dans lesquelles, il a été arrêté le 27 août 2011 à Cosa, l’accusé fera savoir qu’il y a eu une altercation entre lui et le gouverneur de la ville de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara qui aurait tenu des propos ethnocentristes à son égard.
« (…) Après m’avoir demandé si je connaissais Mme Fatou Badiar et d’autres, il m’a dit ceci : "Vous avez fait basculer le régime du général Conté, vous avez également fait basculer le régime du capitaine Dadis, mais cette fois-ci, on ne vous laissera pas faire, on va vous écraser." Je n’ai rien dit. Il est encore allé plus loin, il me dit : "toute la Fatiha que vous avez lue, va se retourner contre vous". Je n’ai pas répondu. Il est allé encore plus loin dans ses propos, il me dit : "vous, vous êtes les sacrifices de la communauté et on va vous griller". Je lui ai demandé nous qui ? Et quelle communauté ? Il m’a dit : "vous les Peulhs". Lorsqu’il m’a dit ça, je lui ai dit : "vous êtes un gouverneur ethnocentriste". Quand je lui ai dit ça, il s’est approché de moi et m’a giflé. Et lorsqu’il m’a giflé, je lui ai craché dessus », a-t-il dit avant d’ajouter que c’est parce qu’il avait les menottes aux poignets, sinon, il aurait riposté. « Et dès que je lui ai craché dessus, ses gardes se sont jetés sur moi, ils ont commencé à me mater ».
Plus loin, Thierno Sadou Diallo, soutient que lorsqu’il a reçu la visite du général Ibrahima Baldé (Haut commandant de la gendarmerie nationale), ce dernier lui aurait proposé de coopérer en échange d’une bourse d’études à l’étranger. Selon lui, après avoir été privé de nourriture pendant près d’une semaine « du 14 au 27 septembre », il a finalement accepté la proposition du général Baldé en écrivant lui-même une déposition dans laquelle il a fait des erreurs « grossières ».
Ces révélations sont loin de rassurer sur la volonté du gouvernement de faire de la Guinée un véritable Etat de droit. Car, si ces faits s’avéraient réels, le comportement de ces hauts gradés de l’armée mis en cause par les accusés, aura encore une fois terni l’image des forces de défense et de sécurité. Qui pourtant ont été félicitées récemment par le président Condé, pour la bonne marche de leur restructuration qui a démarré au lendemain de l’avènement d’un régime civil aux affaires.
Sarifou Barry
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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