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Dr Thierno Maadjou Sow, président de l’OGDH : « Il y a eu plus de morts en 2007 qu’en 2009 »

Boubacar Bagnan Diallo  Samedi, 26 Janvier 2013 12:56

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SOW_Thierno_Maadjou_2_01Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), Dr Maadjou Sow, fait remarquer que le nombre de morts enregistré en 2007 suite à la répression des forces de défense et de sécurité, est plus grand que celui enregistré lors de la répression du 28 septembre 2009.


« La justice internationale ne s’est pas occupée de ce problème, or il se peut qu’il y ait eu plus de morts en 2007 qu’en 2009. Donc on a procédé au recensement, il y a eu plus de morts en 2007 qu’en 2009. Seulement, il n’y a pas eu des excès comme les viols en public. On ne l’a pas fait directement au pont du 8-novembre, mais quelques jours après. Il y a eu des réactions dans les quartiers indiquant qu’il y a eu des viols dans les quartiers. Mais ce qui est étonnant, il n’y a pas eu cette réaction au niveau de la communauté internationale. Ainsi, on n’a pas considéré cela comme quelque chose de grave, même qualifié le crime comme on l’a fait pour celui de 2009 qui a été qualifié comme un crime contre l’humanité », a révélé Dr Thierno Maadjou Sow.

Parmi les pouvoirs qui se sont succédé jusqu’à présent, personne ne s’est intéressé à ces crimes, a-t-il regretté.

« Nous, on souhaiterait que la lumière soit faite sur tous les crimes, que ce soit de 2007, 2008, 2009, 2010 et même 2011, parce que l’impunité est devenue un système de gestion en République de Guinée. Naturellement ce sont les forces de l’ordre et de sécurité qui commettent ces crimes au nom du pourvoir qui ne fait absolument rien pour empêcher cela », explique le défenseur des droits de l’homme.

D’après Dr Sow, « en Afrique, il n’y a que le pouvoir exécutif. Si vous voyez comment les forces de sécurité sont recrutées et formées, vous constaterez que ce ne sont pas des pouvoirs républicains. Donc ce qu’on constate, les forces de défense et sécurité ont une obéissance servile au seul chef qui existe. Parce que les pouvoirs judiciaire et législatif n’existent pas en tant que pouvoirs. Les chefs ordonnent les forces de défense et de sécurité d’agir. Et quand ils agissent, il n’y a aucun pouvoir pour les juger, parce la justice n’est pas indépendante », a-t-il indiqué.

Les victimes disparaissent, déplore le président de l’OGDH, alors que ceux qui sont présumés coupables restent à des postes élevés où ils sont intouchables.

Dr Maadjou Sow lance toutefois un appel au pouvoir exécutif pour qu’il respecte les conventions internationales signées et ratifiées par notre pays.

« Tout ce que nous pouvons demander, c’est que le pouvoir exécutif respecte les conventions internationales signées et ratifiées par la République de Guinée. Mais il faudrait aussi qu’il existe une force sociale à l’intérieur du pays qui puisse revendiquer pour que réellement les droits de l’homme soient respectés. Il faudrait que ces forces arrivent à faire la pression sur le pouvoir pour juger les crimes commis en République de Guinée. Cela est nécessaire, parce que le Guinéen n’est pas citoyen encore », a conclu le président de l’OGDH.


Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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