Cour d’assises : des accusations qui font froid dans le dos

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BALDE_Ibrahima_01Le lundi 21 janvier 2013, les audiences des présumés auteurs de l’attaque contre le domicile privé du président de la République se sont poursuivies à la Cour d’assises de Conakry. Au cours de cette quatrième journée de comparution de dame Fatou Badiar Diallo, d’Almamy Aguibou Diallo et de Baba Alimou Diallo, le pool des avocats de la défense a demandé la comparution des officiers de l’armée dont le général Ibrahima Baldé, le haut commandant de la Gendarmerie nationale et autres cités par les accusés.


L’audience du jour a commencé par des questions-réponses entre les accusés, les avocats de la défense et de la partie civile, le procureur général et le président de la cour. Au cours de ce quatrième jour de comparution, les accusés ont fait des révélations sur certains officiers de l’armée guinéenne. Suite à ces révélations, les avocats de la défense et le procureur général ont tous formulé une demande auprès du président de la cour pour la comparution de ces personnes citées en tant que témoins. Ce sont entre autres : le général Ibrahima Baldé, le haut commandant de la Gendarmerie nationale, le commandant Cheick Ahmed Tidiane Traoré, directeur national des renseignements et filature à la présidence de la République, les commandants Fabou, Kempes, Goulie et le commissaire Lanceï Condé, ainsi que Ibrahima Idiatou Barry et Eugène Camara, tous agents de renseignements généraux et filature à la présidence de la République et les armureries du camp Alpha Yaya.

Les accusés, par la voix de Baba Alimou Barry, reprochent au général Ibrahima Baldé, haut commandant de la Gendarmerie nationale, d’être au courant des tortures qu’ils ont subies dès après leurs arrestations. Il s’explique en ces termes : « Il était bel et bien informé. Lorsque j’ai été arrêté et conduit à l’état-major de la Gendarmerie, le général Baldé et le gouverneur de la ville de Conakry, le commandant Resco Camara, ont demandé qu’on m’envoie au PM3 pour me cuisiner afin que je reconnaisse les faits qui me sont reprochés ». Et Baba Alimou de souligner: « Lorsque j’ai été conduit au PM3, on m’a attaché pendant deux jours sur un poteau, sans manger ni boire Â».

Almamy Aguibou Diallo, l’autre accusé à la barre, dans ses explications, a déclaré que les commandants Cheick Ahmed Tidiane Traoré, Fabou, Kempes, Goulie et le commissaire Lanceï Condé l’ont également torturé pour qu’il cite le nom de certains opérateurs économiques ainsi que certains hommes politiques. Face à ces révélations, les avocats de la défense, par la voix de Me Alsény Aissata Diallo, ont formulé une demande de comparution du haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Ibrahima Baldé, des commandants Cheik Ahmed Tidiane Traoré, Fabou, Kempes, Goulie et du commissaire Lanceï Condé... En réponse, le président de la cour, Fodé Bangoura, a déclaré que « la cour appréciera et se prononcera au moment opportun Â».

A rappeler qu’au cours de l’audience de la semaine dernière, les avocats de la défense avaient demandé la comparution du lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara et du chef d’état-major général de l’armée afin d’obtenir des explications sur certaines déclarations des accusés. Ces cas de torture révélés devant la cour par ces accusés, font froid dans le dos. Ils démontrent que la Guinée a encore du chemin à faire en matière de respect des droits de l’homme. Ce, malgré la création d’un département des droits de l’homme. D’ailleurs, à propos de ces exactions dont ont été victimes certains accusés, selon leur version des faits, le ministre des Droits humains Gassama Diaby est resté muet comme une carpe.


Ibrahima Sory Bah
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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