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Sévère rappel à l'ordre de la France au président Alpha Condé
AFP Jeudi, 28 Juillet 2011 17:44
La France a adressé jeudi un sévère rappel à l'ordre au président guinéen Alpha Condé, l'ancien opposant historique élu démocratiquement fin 2010, en lui demandant de ne pas entraver la liberté de la presse et d'organiser rapidement des élections législatives.
L'ancienne puissance coloniale, qui veut voir dans la Guinée un des rares exemples de transition démocratique en Afrique, a vivement réagi à l'interdiction faite aux médias guinéens de relater l'attentat commis le 19 juillet contre Alpha Condé.
"Nous sommes préoccupés par la liberté des médias en Guinée. L'attentat contre le président Condé ne doit pas justifier des restrictions aux libertés fondamentales", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.
"La France réprouve l'interdiction faite à tout média national d'évoquer l'attentat contre le chef de l'État ou d'organiser des émissions interactives à caractère politique", a-t-il poursuivi. "Cette interdiction constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et nous demandons au président Condé de reconsidérer cette décision en sa qualité de garant des libertés en Guinée", a-t-il insisté.
Cette décision d'interdiction a été prise mercredi par le Conseil national de la communication (CNC) de Guinée, un organe gouvernemental.
La France avait condamné l'attaque de soldats ayant visé le 19 juillet le domicile privé d'Alpha Condé à Conakry. Elle avait exprimé sa solidarité avec le chef de l'Etat guinéen, à qui le Premier ministre François Fillon avait garanti le "plein soutien" de Paris.
Mais elle avait laissé poindre son inquiétude quant au retard pris dans l'organisation d'élections législatives, qui risque d'entraîner une détérioration du climat politique.
"Comme le président Condé s'y est lui-même engagé, l'organisation dans les meilleurs délais d'élections législatives libres, transparentes et apaisées doit figurer parmi les priorités des autorités guinéennes au même titre que la réconciliation et le dialogue entre les communautés", a répété jeudi Bernard Valero.
Alpha Condé, 73 ans, a pris ses fonctions le 21 décembre, un mois après avoir remporté la première élection libre depuis l'indépendance du pays, en 1958. Auparavant, il avait été l'opposant successif aux dictatures de Sekou Touré et de Lansana Conté, subissant l'exil et la prison.
La France a beaucoup misé sur la Guinée d'Alpha Condé, promue avec une poignée d'autres pays au rang de symbole des espoirs démocratiques en Afrique.
Depuis 2008, elle s'était beaucoup activée en coulisses pour éloigner durablement de Conakry le capitaine Moussa Dadis Camara, dirigeant de fin 2008 à fin 2009 d'une junte qui s'était emparée du pouvoir à la mort de Lansana Conté.
Le nouveau président guinéen avait été invité par Paris au sommet du G8, fin mai à Deauville (Calvados), en compagnie de ses homologues nigérien Mahamadou Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara. Les trois mêmes dirigeants, ainsi que le Béninois Boni Yayi, doivent également être reçus vendredi à Washington par Barack Obama.
La mise en garde de la France n'est pas le seul signal d'alarme lancé à Alpha Condé. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié jeudi un rapport dans lequel elle lui demande "d'affirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse et au respect du pluralisme des médias".
Elle déplore que trois lois favorables à la liberté de la presse "ne soient toujours pas appliquées", et juge que le bilan en la matière du Niger "est beaucoup plus positif".
AFP
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Commentaires
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Bien à vous.
Le webmaster.
J'ai lu avec attention la déclaration du porte-parole du ministère des affaires étrangères et européennes portant sur la liberté des médias en Guinée.
Dans cette déclaration en date du 28 juillet 2011 (disponible en cliquant sur le lien suivant: https://pastel.diplomatie.gouv.fr/editorial/actual/ael2/bulletin.asp?liste=20110728.html), je ne vois pas où est le côté "sévère rappel à l'ordre de la France".
Si vous lisez bien le communiqué, il est question de "la liberté des médias en Guinée". Autrement dit, si je comprends bien cette missive des affaires étrangères françaises, hors médias, tout va bien en Guinée puisque la préoccupation de la France ne porte que sur la liberté des médias.
Il ne faut pas s'exciter sur ce genre d'initiatives. Ce n'est ni la première fois ni la dernière fois. La France est dans sa posture de donneuse de leçon. Je me souviens il y a quelques mois avoir lu les mêmes réprimandes sur la Hongrie qui avait adoptée un dispositif législatif pour sanctionner les médias en cas « d'atteinte à l'intérêt public, l'ordre public et la morale », ou encore des « informations partiales ». Ces médias étaient passibles d'une amende pouvant aller jusqu'à 730.000 euros. Qu'a fait la France pour ces médias concrètement?
De manière générale, je n'accorde pas trop d'importance aux déclarations des responsables français. Je me souviens d'un président français, à Dakar, qui a dit textuellement que la "France n'avait pas besoin de l'Afrique". Je veux juste le parapher en disant que "la Guinée n'a pas besoin des conseils d'un homme qui considère que le drame de l'Homme Africain est qu'il n'est pas assez rentré dans l'Histoire".
Pour finir, je voudrais juste dire que j'ai été agréablement surpris de voir que cette décision du CNC a été unanimement condamnée par tous les démocrates guinéens.
Bien à vous
Reaction lucide et coherent.. J'ai rien a ajouter..Merci Mr Diakite. Cordialement
Dans cette déclaration en date du 28 juillet 2011 (disponible en cliquant sur le lien suivant: https://pastel.diplomatie.gouv.fr/editorial/actual/ael2/bulletin.asp?liste=20110728.html), je ne vois pas où est le côté "sévère rappel à l'ordre de la France".
Si vous lisez bien le communiqué, il est question de "la liberté des médias en Guinée". Autrement dit, si je comprends bien cette missive des affaires étrangères françaises, hors médias, tout va bien en Guinée puisque la préoccupation de la France ne porte que sur la liberté des médias.
Il ne faut pas s'exciter sur ce genre d'initiatives. Ce n'est ni la première fois ni la dernière fois. La France est dans sa posture de donneuse de leçon. Je me souviens il y a quelques mois avoir lu les mêmes réprimandes sur la Hongrie qui avait adoptée un dispositif législatif pour sanctionner les médias en cas « d'atteinte à l'intérêt public, l'ordre public et la morale », ou encore des « informations partiales ». Ces médias étaient passibles d'une amende pouvant aller jusqu'à 730.000 euros. Qu'a fait la France pour ces médias concrètement?
De manière générale, je n'accorde pas trop d'importance aux déclarations des responsables français. Je me souviens d'un président français, à Dakar, qui a dit textuellement que la "France n'avait pas besoin de l'Afrique". Je veux juste le parapher en disant que "la Guinée n'a pas besoin des conseils d'un homme qui considère que le drame de l'Homme Africain est qu'il n'est pas assez rentré dans l'Histoire".
Pour finir, je voudrais juste dire que j'ai été agréablement surpris de voir que cette décision du CNC a été unanimement condamnée par tous les démocrates guinéens.
Bien à vous
Croyez en ma lucidité
Le drame des états francophones,c'est cette france gouvernée par des petits au sens propre et figuré du terme








