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Transition et gouvernance : les souhaits d’Aboubacar Sylla

Boubacar N’Dourou Bah et Abdoul Malick Diallo  Mardi, 22 Janvier 2013 15:30

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SYLLA_Aboubacar_10_01Le samedi 19 janvier, le président de l’Union des forces du changement (UFC), Aboubacar Sylla, a présenté ses vœux de Nouvel-An, à ses militants et sympathisants au siège de son parti sis à Ratoma. Cette cérémonie a connu une forte mobilisation des militants du parti et des membres des bureaux fédéraux. Membre actif et porte-parole de l’ADP et du Collectif, Aboubacar Sylla était entouré de certains de ses pairs de l’opposition comme Cheick Tidiane Traoré du MPR, le doyen Charles Pascal Tolno du Parti du peuple de Guinée (PPG) ou Ahmed Tidiane Diallo de l’ADN.


D’entrée de jeu et pour camper l’évènement, Mamadou Aliou Barry, secrétaire permanent de l’UFC, a, dans son discours de bienvenue, présenté ses vœux en ces termes : « M. le président, vous avez commencé à faire la politique du parti à travers les différentes responsabilités que vous avez assumées depuis l’avènement des militaires au pouvoir. Au sein du gouvernement de la transition, vous avez été porte-parole des forces vives et ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Vous avez consacré votre temps, votre énergie en tant qu’initiateur de l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès), à maintenir la cohésion et l’unité de l’opposition. Suite à la main tendue du Collectif, vous avez œuvré à consolider les liens qui ont toujours présidé à la victoire d’un partenariat franc et sincère au sein d’un groupe politique. Aujourd’hui, vous êtes le porte-parole de ce bloc uni de l’opposition. Et votre lutte continue pour la finalisation de cette même transition qui n’a que trop duré, en vue d’aboutir à des élections libres, transparentes et acceptées de tous. M. le président, votre engagement au sein de l’ADP et du Collectif a freiné votre programme d’implantation des structures du parti à l’échelle nationale, qui, nous espérons, reprendra bientôt. Sans nul doute, l’ADP et le Collectif ont les suffrages de l’écrasante majorité des Guinéens. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que le pays entier peut-être paralysé à la seule demande de l’ADP et du Collectif. A contrario, les tenants du pouvoir sont incapables non seulement d’empêcher le peuple guinéen de répondre à l’appel des leaders d’opposition mais également de réussir une seule mobilisation grandiose en faveur du régime actuel. Ils sont des centaines et des milliers de Guinéens qui répondent toujours spontanément à l’appel de l’opposition avec ferveur et conviction chaque fois qu’il s’agit de faire entendre la voix du peuple. Alors que le pouvoir en place a toujours du mal à réunir une foule digne de ce nom, même en distribuant vivres et denrées voire de l’argent dans les familles. Tout cela montre non seulement la popularité de l’opposition mais aussi l’impopularité grandissante d’un régime arc-bouté sur les pratiques d’un autre âge. D’un régime qui n’a pas su prendre la mutation profonde de la société guinéenne et qui s’imagine pouvoir gouverner indéfiniment par la force, l’arbitraire et la mystification. C’est pourquoi, nous sommes optimistes et convaincus que le peuple continuera de rester soudé derrière l’opposition ; je dirai la vraie opposition, pas celle de façade, qui ne trompe qu’elle-même. Cette année 2013, le peuple de Guinée sera encore plus âpre au combat pour la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance et le progrès pour tous ».


Un mot de Cheick Tidiane Traoré sur le combat que mène le président de l’UFC

Prenant la parole au nom de ses collègues de l’opposition présents à la cérémonie, l’Honorable Cheick Tidiane Traoré, président du MPR, est revenu sur le combat qu’a mené le président de l’UFC.

« J’ai été le plus jeune député de la dernière législature et membre de la commission ad hoc pour la libéralisation de la presse. J’ai été vivement impressionné quand M. Sylla a été nommé ministre de la Communication, au moment où on nous présentait à l’Assemblée des factures de milliards pour commencer les travaux de la RTG (Radiotélévision Guinéenne) de Koloma. Il a pris le ministère à mi-parcours de l’exécution budgétaire et la RTG-Koloma a été le fleuron de la presse publique guinéenne. S’il n’avait pas réussi cette expertise à l’époque quand le MIG est tombé sur la RTG-Koloma, la coopération chinoise n’allait pas restaurer. La Guinée lui doit cela. Ce qui me reste à lui souhaiter c’est une santé durable bien qu’il soit à côté de la mer pour ne pas que sa santé s’oxyde. Je souhaite la même santé au parti. Vous savez, on ne naît pas grand mais aujourd’hui son parti est implanté dans toute la Guinée. Et le futur immédiat, c’est nous, l’avenir c’est maintenant et l’avenir c’est nous. Nous sommes sûrs que le professeur Alpha Condé sera le dernier président né avant « 58 » et qu’après lui, ce sera notre génération, et nous mettons devant nous votre président qui est désormais le président à nous tous. Parce qu’il ne fait pas de la politique l’art de tromper mais il fait de la politique l’art de gérer le réel ».


Charles Pascal Tolno souhaite longue vie à l’UFC

Le doyen du groupe, Charles Pascal Tolno, président du PPG (Parti du peuple de Guinée), a fustigé la gouvernance du professeur Alpha Condé en ces termes : « Les Guinéens vivent l’inverse de ce qu’ils ont espéré, faute à la mauvaise gouvernance. Ainsi je souhaite longue vie au parti U.F.C et à son président ».


Pour remercier ses militants et tous ceux qui étaient présents à ce cocktail, Aboubacar Sylla, président de l’UFC, tout de blanc vêtu, a déclaré : « Traditionnellement, comme vous le savez, c’est au cours de cette cérémonie protocolaire qu’on fait le bilan de ses activités et on se projette dans l’avenir tout en exprimant les meilleurs vœux de réussite pour le futur. Je ne dérogerai pas à cette règle et je commencerai par dire que l’UFC est un parti jeune, un parti qui a à peine trois ans d’existence mais un parti qui se porte très bien. Notre parti est très jeune mais il a participé ces trois dernières années à toutes les grandes aventures politiques de notre pays. Que ce soit parmi les forces vives dont nous avons été membre du comité de coordination et dont le président même a pu être un des porte-parole, que ce soit dans le gouvernement de transition ou au niveau de l’ADP et du Collectif, notre parti a toujours été à l’avant-garde de la lutte pour la démocratie et pour le respect des droits de l’homme dans notre pays. C’est pour cette raison qu’à chaque fois que des partis politiques sont cités, nous sommes cooptés pour participer à des entités quelconques, que ce soit au niveau du gouvernement de transition, que ce soit au niveau du Conseil national de la transition ou au niveau de la CENI. L’UFC a toujours eu sa place et a toujours été considérée comme un des partis fervents du monde politique de notre pays. Tout ceci n’a été possible que grâce à vous les militants et sympathisants. Car la force d’un parti, ce n’est pas le leader politique, la force d’un parti c’est vous, c’est votre engagement, votre capacité de mobilisation et le soutien que vous apportez aux idéaux prônés par le leader politique qui font qu’un parti politique a une assise forte et devient un grand parti. Donc, tout ce que nous avons pu obtenir jusqu’à maintenant et qui est nettement en deçà de ce qu’on aurait pu si le président du parti, que je suis, avait été plus disponible. Je pense que tout ceci n’a été possible que grâce à vous et à votre engagement. Le temps que nous consacrons à la lutte commune de l’opposition ne nous a pas toujours permis d’être disponible et d’être plus proche de vous, et de cette façon de nous permettre d’avancer encore plus vite. Mais je prends l’engagement que 2013 sera pour moi l’année de la proximité avec les responsables et les sympathisants de l’UFC. Le président que je suis et le bureau exécutif seront désormais plus proches encore de vous les militants à la base. Car nous savons que c’est à travers ce contact régulier que nous pouvons créer l’osmose nécessaire entre les leaders politiques et les militants pour que notre parti se renforce. Nous avons aussi implanté notre parti pratiquement dans tout le pays. Nous, nous ne sommes pas un parti de la mamaya. Nous ne passons pas notre temps à organiser des fêtes dans les rues de Conakry pour faire parler de notre parti. Nous sommes un parti qui travaille efficacement sur le terrain, un parti qui sensibilise ses militants. Politiquement, nous sommes un parti qui, le moment venu, fera la démonstration de sa force au niveau des élections législatives. Nous n’avons pas pu participer à l’élection présidentielle seulement parce que nous étions dans le gouvernement de transition où par ailleurs nous avons pu apporter une contribution significative pour le développement politique, économique et social de notre pays... C’est déplorable ce que subit le peuple de Guinée aujourd’hui. Tous les Guinéens avaient espéré qu’après les élections présidentielles, la Guinée allait connaître une ère de bonheur, de bien-être, de prospérité, de liberté, de démocratie et des droits de l’homme. Hélas! Aujourd’hui je crois que je n’ai pas besoin de le démontrer, les Guinéens vivent à l’inverse de ce qu’ils ont espéré. Aujourd’hui, les Guinéens souffrent de plus que par le passé. Aujourd’hui, les libertés politiques sont entravées, tous les jours les droits de l’homme sont violés. L’insécurité a pris une proportion jamais atteinte dans ce pays. Aujourd’hui, le pouvoir d’achat des Guinéens s’est effondré. Le coût de la vie augmente tous les jours et de façon exponentielle. En dépit des résultats macroéconomiques qu’on nous brandit tous les jours, les conditions de vie des Guinéens se dégradent. Ce n’est pas la faute des Guinéens, c’est la faute de la mauvaise gouvernance politique, économique et sociale qui est exercée dans notre pays. L’UFC fait le serment qu’elle se battra toujours pour que la Guinée connaisse une vie meilleure pour que notre pays qui est doté de ressources abondantes connaisse le bien-être que DIEU a voulu nous donner, mais dont des mauvais dirigeants, pendant de très longues années, ont empêché les Guinéens de disposer. Tout simplement à cause de la mauvaise politique qui est exercée au sommet de l’Etat »

Pour joindre l’utile à l’agréable le président de l’UFC a offert un cocktail à ses invités, le tout dans une ambiance festive en compagnie d’un orchestre qui a fait vibrer l’assistance.


Boubacar N’Dourou Bah et Abdoul Malick Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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