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Déchirure du tissu social : Sidya Touré accuse le président Alpha Condé
Alpha Camara & Thierno Hassana Bah Samedi, 12 Janvier 2013 14:32
Dans le cadre de la présentation des vœux du Nouvel-An aux citoyens guinéens, le président de l’Union des forces républicaines, Sidya Touré, a rencontré mardi 8 janvier 2013, les hommes de médias à son domicile à la Minière. C’est au cours de cette rencontre que Sidya a révélé trois échecs du président Alpha Condé durant ses deux ans de gestion du pays.
Il est devenu une coutume que chaque année, au nom de son parti, l’UFR, ses militants et sympathisants, adressent leurs meilleurs vœux de Nouvel-An aux citoyens guinéens, mais aussi à ceux vivant à l’étranger et aux militants de l’opposition qui ont perdu la vie au cours de l’année écoulée. Dans son discours, Sidya Touré a précisé que l’année écoulée, tout comme celle qui l’avait précédée, a été éprouvante à plus d’un titre pour la plupart des foyers dont la grande majorité continue de vivre au-dessous du seuil de pauvreté.
Parlant de la gestion politique du président de la République, il a fait savoir que c’est un échec : « Le régime actuel n’entend pas apporter le changement qualitatif à la société guinéenne, mais un changement dédié uniquement aux militants du parti présidentiel dans la façon de concevoir leur tout nouveau mode de vie. Le seul et unique responsable de la situation dramatique que nous vivons aujourd’hui n’est autre que le président Alpha Condé lui-même. Et personne d’autre n’en est responsable. Sa responsabilité personnelle est engagée dans tous les actes posés par le gouvernement qu’il a mis en place depuis deux ans. L’échec du gouvernement est celui du président. Un échec magistral que l’on peut décliner en plusieurs phases. L’organisation des élections législatives, initialement prévues en 2011, est sans cesse repoussée par le pouvoir. Il sait pertinemment qu’il ne peut pas les gagner dans la transparence. Ces élections sont absolument indispensables pour parachever la transition politique dans le pays afin de mettre fin à la précarité institutionnelle, source de toutes les dérives. »
Abordant l’échec économique du pouvoir en place, Sidya Touré a affirmé que « les carences d’une administration dépourvue de toute stratégie efficiente de développement économique et social, gangrenée par le laxisme et la corruption sont patentes. Ceci, faute d’une véritable politique de développement autocentrée, basée sur la bonne gouvernance ». Selon lui, c’est pour cette raison que le quotidien des Guinéens devient de plus en plus insupportable. « Les soins de santé, l’éducation et les infrastructures routières sont fournis au rabais, faute de stratégies adéquates et de personnel qualifié », a-t-il fait savoir.
Autre fait qui a attiré l’attention du président de l’UFR, c’est la fermeture de certaines sociétés guinéennes, telles que la Sotelgui, l’usine Friguia, les Grands Moulins de Guinée et la BADAM, mais aussi le retrait de certaines compagnies minières à savoir : BHP Billiton, Vale et le repli d’autres tel que Rio Tinto. Selon lui, tous ces faits ont contribué significativement et singulièrement à détruire les emplois directs et indirects, pourtant indispensables pour résorber un chômage déjà endémique. Dans son intervention, il a fait cas des promesses non tenues par le Pr Alpha Condé, concernant la desserte en électricité depuis deux ans.
Se prononçant sur l’échec de la cohésion nationale, l’ancien Premier ministre a en outre souligné que « la politisation à outrance de l’administration et l’exclusion sont érigées en mode de gestion de l’Etat, avec pour conséquence, l’exacerbation des tensions ethniques et la déchirure du tissu social. Le comportement partisan, néfaste et souvent violent des gouverneurs, préfets et sous-préfets, instrumentalisés par le gouvernement en place, a fini par diviser les Guinéens ».
Pour le président de l’UFR, la cohabitation harmonieuse séculaire entre les communautés est de nos jours compromise, créant ainsi des tensions permanentes qui se manifestent d’autant plus fréquemment que les structures traditionnelles de conciliation ont elles-mêmes été singulièrement affaiblies.
Pour clore sa déclaration, Sidya Touré a indiqué que le principal mal de notre pays, c’est la mauvaise gouvernance, avant de lancer un appel aux citoyens à plus de détermination et de persévérance dans le combat commun pour la dignité de l’homme guinéen, car pour lui, cette situation est loin d’être une fatalité. « Elle n’est que la conséquence de la gouvernance du RPG qui continue de caractériser la gestion de notre pays », a-t-il conclu.
Alpha Camara & Bah Thierno Hassana
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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