Heinan Goba Vendredi, 11 Janvier 2013 16:36
Le chef de file de l’opposition guinéenne, Mamadou Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) a rappelé, vendredi, en s’adressant à la presse, l’adage qui dit : « si l’on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage » pour répondre aux accusations du président de la République visant sa personne ainsi que d’autres leaders de l’opposition.
Alpha Condé, pour rappel, a nommément accusé son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, Baïdy Aribot, leader de l’AFAG (Alliances des forces d’avenir de Guinée), et l’ancien ministre de l’Agriculture et président du RDIG (Rassemblement pour le développement intégré de la Guinée), Jean Marc Téliano d’avoir distribué de l’argent à des militaires pour renverser son régime.
« Nous luttons avec les moyens légaux qui sont à notre disposition » a dit Cellou Dalein Diallo. « Nous n’avons pas d’argent pour financer ce genre d’activité. Si nous avons de l’argent, c’est pour financer nos activités politiques », a ajouté Baïdy Aribot. Avant que le président de l’UFR, Sidya Touré n’ironise : « on sait qui est adepte de cela ; qui a eu des relations avec des chefs de guerre ».
Pour le président de l’Union des forces républicaines comme pour son allié Cellou Dalein Diallo, « ce genre d’accusations héritées de la révolution ne sont pas de la surprise, surtout quand elles viennent d’un régime qui s’inspire du communisme ». D’après eux, « c’est une manière de détourner l’attention de l’opinion sur le retard qu’accuse le pays dans tous les domaines ».
L’important, a dit Sidya Touré, c’est comment faire pour aller à des élections libres et transparentes dont les résultats seront acceptés par tous. C’est pourquoi, a poursuivi Sidya Touré, « les opposant dans l’ensemble ont fait savoir que le régime dira tout pour diaboliser l’opposition mais rien ne l’empêchera de faire tout ce que la loi les autorise à faire ».
Parlant des choses qu’ils ont le droit de faire, Aboubacar Sylla, président de l’UFC (Union des forces du changement) et porte-parole du Collectif et de l’ADP , a rappelé que leur programme de manifestation à Kaloum reste maintenu malgré les menaces et intimidations. Estimant qu’il ne saurait y avoir de problème dans la mesure où ce sont le parti au pouvoir et ses alliés qui en ont fait.
BaÏdy Aribot qui accueillera cette manifestation de l’opposition dans son fief, a dit qu’il n’y aura pas de problème. « Kaloum est pour l’opposition. C’est le RPG qui veut s’y trouver une place ». Avant de rappeler que le parti au pouvoir a été sixième à Kaloum au premier tour de la présidentielle de 2010 qu’il a remportée au second tour.
A l’annonce de la manifestation de l’opposition à Kaloum, des banderoles aux couleurs du RGP sur lesquelles on peut lire : « Pas de pagaille à Kaloum » ont envahi la ville de Conakry principalement, la commune de Kaloum. A ce propos, Baïdy Aribot a dit que cela a été initié par des cadres du RPG et exécuté par des jeunes à qui ces cadres ont remis de l’argent. Kaloum reste et demeure pour lui. En précisant que les jeunes qui ont attaché ces banderoles l’ont fait la nuit en demandant à leurs camarades de les laisser faire, ils ne cherchent que de l’argent.
Par ailleurs, les blocs de l’opposition qui ont demandé à leur base de s’abstenir de prendre part à la mise en place des démembrements de la CENI qui viole les textes en la matière pendant que leurs représentants restent toujours à la CENI centrale, ont dit qu’ils n’envisagent pas de démissionner. « Nous allons rester à la CENI pour mettre la pression sur son président aux ordres du pouvoir. Nous n’envisageons pas le contraire » a précisé Cellou Dalein Diallo.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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