Heinan Goba Vendredi, 11 Janvier 2013 14:58
C’est peut-être le commencement des révélations promises à la cour d’assises de Conakry par AOB. Alpha Oumar Boffa Diallo, le premier accusé de la tentative d’assassinat du Président Alpha Condé à comparaître, a déclaré mercredi que le général Boundouka Condé, actuellement attaché militaire à l’ambassade de Guinée aux Etats-Unis d’Amérique, est de ceux qui ont fait en sorte qu’il soit accusé dans cette affaire.
L’accusé qui, au premier jour de sa comparution, a accusé à son tour l’avocat général, représentant le ministère public, Williams Fernandez, d’avoir effectué plusieurs déplacements pour le convaincre en vain de citer des leaders politiques dans ce dossier, a dit, et en prenant comme témoin l’ancien président de la transition, que le général Boundouka Condé lui en voulait depuis longtemps.
Le général Boundouka Condé était le chef d’état-major de l’armée de terre au moment de l’attaque qui a visé le domicile privé du chef de l’Etat. Pour Alpha Oumar Boffa Diallo, c’est cette place qui lui a permis de réussir son coup. Rappelant qu’au temps du général Sékouba Konaté, il a été mis en garde à chaque fois qu’il essayait.
AOB, comme il l’a promis, a fait savoir à la cour que ces faits ne représentent qu’une infime partie de ses révélations qui vont éclabousser toute l’armée guinéenne. L’accusé n’a à aucun moment mis en cause la réalité de l’attaque du domicile du président Condé. Ce qu’il a tenté, en revanche, de faire savoir à chaque intervention, est qu’il s’agit d’un prétexte pour éliminer au sein de l’armée, des hommes comme lui. Une manière de dire qu’il n’y est pour rien.
Alpha Oumar Boffa Diallo a rappelé que la thèse selon laquelle l’attaque est réelle mais les accusés sont loin d’être les auteurs, a été soutenue par l’ancien président de la transition qui connaît individuellement les accusés et ceux qui les accusent. Confiant en son innocence dans cette affaire, AOB a demandé à la cour d’étendre sa réflexion sur les relations entre les hommes au sein de l’armée guinéenne pour bien asseoir sa conviction.
Williams Fernandez, qui dit voir dans les différentes interventions de l’accusé, une sorte de victimisation de soi, a violemment réagi en révélant à son tour que ce dernier a reconnu à l’enquête préliminaire qu’ils avaient l’intention de tuer le président Condé pour le remplacer par un autre de l’ethnie peule.
D’après ces révélations, le remplaçant d’Alpha Condé serait le lieutenant Amadou Diallo, mort dans le feu de l’action selon l’accusation, mitraillé par ses ravisseurs d’après AOB, ou à défaut, AOB ou Mamadou Oury Bah (ndlr : Bah Oury, le vice-président de l’UFDG en exil depuis les faits). S’il fallait un civil.
En attendant alors de voir clair avec la suite des débats ce vendredi, il faut se dire que l’affaire de l’attaque du domicile du chef de l’Etat est loin d’avoir livré ses secrets.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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