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Ouverture du procès de l'attaque du 19 juillet: AOB accuse l'avocat général Fernandez de l'avoir invité à mentir

Heinan Goba  Lundi, 07 Janvier 2013 18:48

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DIALLO_Alpha_Oumar_Boffa_01Après avoir nié être impliqué dans l'attaque qui a visé le domicile privé du président Alpha Condé en juillet 2011, le commandant Alpha Oumar Diallo "Boffa" dit AOB, a accusé à son tour l'avocat général, Monsieur Willams Fernandez, de s'être rendu à deux reprises à la Maison centrale son lieu de détention, pour l'inviter à citer des leaders politiques comme Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, Bah Oury ou encore des opérateurs économiques comme Diallo Sadaka, parmi les personnes qui sont à l'origine de cette attaque. C'était ce lundi devant la cour d'assises de Conakry.

Le commandant Alpha Oumar Diallo, cerveau présumé de l’attaque présumée du domicile privé du chef de l’Etat, a expliqué qu’il s'est effectivement rendu cette nuit-là sur les lieux. Mais s'il s'est rendu là-bas, ce n'était pas de son propre chef. D’après ses explications « il a été emmené de force par des inconnus » qui l'avait pris en otage à Lambanyi lorsqu'il a répondu à une invitation du lieutenant Amadou Diallo. Ne sachant pas de quoi il s'agissait à cette invitation, il dit s'être déplacé parce qu'il pensait que celui qui est un subordonné à lui pourrait être en difficulté.

« C'est le lieutenant Amadou Diallo qui m'a demandé d’aller le voir à Lambanyi. Arrivé au lieu indiqué, j’ai vu un groupe entourer mon véhicule. Calmement je leur ai demandé ce qu’il y avait. Un d’entre eux m’a demandé si c’est moi AOB. J’ai répondu oui en lui demandant à mon tour où est Amadou. Il m’a répondu qu’Amadou arrive. Entre temps, Amadou est arrivé dans un état d’ébriété qu’il n’a eu qu’à me dire : « frère c’est ça ». Après notre entretien, le groupe d’inconnus m’a demandé de monter dans mon véhicule et de les suivre. De là, nous avons pris la direction du km36 pour aboutir à la RTG Koloma. C’est à ce niveau qu’ils m’ont dit que nous avons demandé à Amadou de t’appeler, on a une mission à te confier. Cette mission n’est autre que d’attaquer le domicile du Président. Tu acceptes ou on te tue. Pour preuve, ils ont tiré sur Amadou qui s’est effondré devant moi. Pour sauver ma peau, je leur ai dit de m’attendre au niveau des rails, je vais visiter le terrain. Contrairement à cette promesse, je suis allé dire aux gardes avant de m’enfuir, de prendre toutes les dispositions en ces termes : « vous voyez ce cortège, ils veulent me tuer et vous attaquer ».

Contrairement à l'accusation, le commandant Alpha Oumar Diallo a dit n'avoir jamais intimé aux gardes du Président de libérer les lieux encore moins tiré sur un transformateur pour plonger le domicile du Président et ses environs dans l'obscurité. Il pensait, dit-il, qu'après son alerte les hommes qui étaient là allaient bien se positionner et non pas fuir.

Le représentant du ministère public a réagi en affirmant que l’accusé veut seulement à la barre de la cour, nier des faits qu’il a reconnus et expliqués très clairement avant d’y arriver. D’après Williams Fernandez, c’est sous le feu de l’action qu’Amadou Diallo, un des assaillants, a trouvé la mort. L’avocat général a donné des explications indiquant l'implication d’AOB et d’autres militaires dans cette affaire. Il a précisé que ces explications ont été faites par Alpha Oumar Diallo alias AOB et sont consignées dans ses différents procès-verbaux.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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