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Guéckédou : les louvoiements de Marc Yombouno…
Boubacar Bagnan Diallo Jeudi, 03 Janvier 2013 18:23
Marc Yombouno, ministre de l’Agriculture et chef de la délégation gouvernementale qui a séjourné récemment à Guéckédou, pour tenter de faire revenir la paix dans cette cité secouée par des affrontements intercommunautaires, a sollicité « le pardon » des populations de cette ville devant les sages. Sans convaincre, d’autant que ce nouveau ministre dont la nomination a obéi à la logique communautariste dans laquelle le pouvoir actuel a plongé la Guinée, n’avait quasiment aucune solution à proposer, vu que le préfet Boukary Kéita bénéficie du soutien du Président.
Le ministre, dans un message décousu que nous vous livrons en vrac, faute d’arguments, a brandi des menaces contre ceux qui vont continuer à revendiquer le départ du préfet. « Le président a sollicité le pardon, le gouverneur (le gouverneur de la région de Nzérékoré NDLR) a sollicité le pardon, le président du Conseil économique et social (CES) a sollicité le pardon. Je crois que le plus grand acte qu’un humain puisse faire est le pardon. Ces évènements ne doivent pas nous amener à refuser le pardon. Le gouvernement sollicite encore le pardon pour que la vie revienne à la normale. Que cet acquis de paix soit pérennisé, que n’importe qui revienne pour accompagner les sages. Que tous ceux qui ont des velléités en tête, qu’ils les gardent à leur niveau. Les sages ont bien dit que ce n’est pas parce que l’Etat est faible, il a respecté les citoyens. Mais un citoyen qui se considère aussi comme étant hors la loi, l’Etat le considère comme tel. Et maintenant c’est ce qui va être fait. Ne pensez pas que l’Etat est faible. On a voulu passer par la conciliation, ce qui est là comme ça, est un acquis, celui qui fera le contraire se verra devant la loi.
Quel est le point de revendication que la délégation n’a pas touché ? C’est un seul point. Tous les autres ce sont des motifs. La revendication était le départ du préfet. Après il y a eu d’autres points additifs le deuxième jour. Libération des jeunes emprisonnés, la restauration du comité directeur.
Je vais décortiquer les trois points. Le préfet n’est pas un élu, c’est un administrateur. Cette délégation n’a pas le pouvoir de le révoquer quel que soit le feu qui allait être mis sur nous, on n’a pas l’autorité de sortir un décret. Donc comprenez cela. Il en est de même pour le secrétaire général.
En ce qui concerne la libération des jeunes, les jeunes qui étaient à la première négociation, la gendarmerie a sorti des preuves, des vidéos filmées. Il y a des jeunes qui étaient en armes qui disaient qu’il y a le plan B et que c’est le plan A qui a été réalisé. Nous, en tant que conciliateurs, on a demandé à la gendarmerie de voir tous ceux qui ne sont pas dans des situations de détention d’armes à feu, comment les libérer. Ils ont accepté nos doléances. Le jeune étudiant qui a été appréhendé avec celui qui avait l’arme dans un coffre de voiture a été libéré.
La justice continue son travail ; actuellement le Pr Alpha Condé a peur de dire à la justice fais ça ! C’est la justice même qui a dit que ce jeune pouvait être libéré, mais les autres d’un côté et de l’autre côté du pont, il y a quelqu’un qui est dans les mêmes conditions qui est celui qui a été arrêté vers là .
Mettez-vous à notre place, ce n’est pas de nos prérogatives d’infléchir une décision de la justice, que cela soit clair, ce n’est pas la délégation qui refuse de libérer.
Le comité directeur, je crois qu’il y a une procédure judiciaire engagée contre ce comité pour un détournement de 23 millions de francs guinéens, l’argent de la jeunesse. Je crois que les jeunes qui revendiquent aujourd’hui ont porté plainte contre ce comité qui a mal géré les biens de l’Etat. Ça aussi est un processus judiciaire, on n’a pas le pouvoir de nous mettre là -dedans.
Alors quelles solutions peut-on apporter ici, sinon que de demander le pardon et de nous laisser remonter les informations à qui de droit. Si vous voyez que tous ont accepté le mémorandum des sages, la basse côte l’a dit, le doyen du Fouta, l’a dit que nos actes ont prouvé qu’on s’est abaissés. On n’est pas venu avec des manteaux de ministre ou de président d’institutions républicaines. On a demandé pardon partout où on est passé. On a dit que ce que les gens demandent n’est pas de notre ressort, mais on remonte l’information à qui de droit. Les sollicitations mêmes sont adressées à des autorités qui ne sont pas parmi nous. La plate-forme est adressée à M. le ministre de l’Administration du territoire.
Donc nous prions surtout les religieux de passer le message de pardon. Même Jésus Christ avant de mourir a dit "maitre pardonne leur parce qu’ils ne savant pas ce qu’ils font". Qu’est-ce qui est plus grand que ça ? Le préfet, on lui a dit que tout ce qui se passe tourne autour de lui, il a dit qu’il demande pardon. Partout il a demandé pardon à la jeunesse. Quoique, voyons aussi l’acte qu’il a posé. Si on n’a pas d’autres idées derrière, on ne pourra pas brûler Guéckédou à cause de ça. C’est pourquoi nous demandons aux sages d’emmener tout le monde à accepter ou à ne pas accepter. Et la majorité a accepté pour l’amour, pour l’intérêt de Guéckédou que nous regardons. Comme la majorité a accepté le mémorandum, même les partis politiques ; tout citoyen qui dira le contraire sera en contradiction avec la loi. Elle sera appliquée dans toute sa splendeur. Je vous demande encore le pardon pour que Guéckédou puisse évoluer maintenant.
L’argent a peur du bruit. Tant qu’on sera dans ce magma de revendications, nous n’aurons pas de projets, nos enfants n’auront pas d’emplois, même les ONG vont quitter. Nous avons des fils kissiens qui sont préfets ailleurs, si nous insistons sur ça, ils vont les chasser aussi ! Si vous dites que c’est toute la population de Guéckédou, et ceux qui disent "vive le préfet", des Kissiens même ? Des Kissiens ont été chassés. Donc oublions tout cela. Moi je remercie l’acte de la jeunesse, je remercie leur engagement pour aller dans le sens de la paix. »
Diallo Boubacar Bagnan
envoyé spécial de l’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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