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Anaim : vers un nouveau scandale ?

Mamady Kéita   Jeudi, 03 Janvier 2013 18:04

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FOFANA_Mohamed_Lamine_2_01Une mission d’inspection doit se rendre très prochainement dans la préfecture de Boké, pour aller constater de visu l’état dans lequel se trouvent les groupes électrogènes achetés en prélude à la célébration de l’an 54 de l’indépendance. Des groupes dont la consommation en fuel ferait frémir même ceux chargés de la gestion du secteur électrique, par son énormité estimée qu’elle est à 600 litres par heure.

L’Agence nationale des infrastructures minières (Anaim) va-t-elle encore se retrouver au cœur d’un scandale, après celui révélé au grand jour à la fin des années 90 par votre semainier ? La question mérite d’être posée d’autant que la gestion de cette structure ferait fi de toute orthodoxie financière, selon des mauvaises langues.

A preuve, l’achat de groupes électrogènes sur des fonds issus des frais de location des infrastructures de la CBG (Compagnie des bauxites de Guinée) qui étaient domiciliés sur un compte à Pittsburg aux États-Unis. Cette opération menée par la direction de l’Anaim et considérée comme « unilatérale » a fait des mécontents au sein du département des Mines et dans les rouages du département des Finances et de la BCRG. Ces groupes achetés à près de 2 millions de dollars USD poseraient d’ailleurs problème aujourd’hui dans leur fonctionnement à cause de leur besoin qui s’avèrerait énorme en consommation. Tenez-vous bien, on parle de 600 litres de fuel par heure. Et même Électricité de Guinée (EDG) aurait du mal à s’en accommoder, d’après nos enquêtes.

La mission qui a reçu mandat de faire un tour à Boké, pour voir si réellement les populations ont été flouées dans cette opération d’achat de groupes électrogènes sera conduite par le secrétaire général du ministère du Budget M. Dabo. Elle sera composée d’une dizaine de cadres dont ceux du département des Mines ainsi que de la présidence.

La direction de l’Anaim a consenti également d’autres fonds pour le financement de certaines infrastructures dont l’hôtel de ville, à l’occasion du 54e anniversaire de la Guinée. Il sera question de passer toutes ces dépenses à la loupe, conformément à la promesse de « bonne gouvernance » faite par le président Alpha Condé.

Ce regain d’intérêt à lorgner dans les comptes de l’Anaim serait parti d’un rapport d’audit fourni récemment par le comité d’audit. Il faut dire que du côté de l’hôpital de Kamsar, les locaux seraient dans un piteux état, faute d’entretien. Ce, malgré la subvention annuelle versée par la CBG à l’Etat guinéen.

Des fonds qui tombent directement dans les comptes de l’Anaim. En attendant de revenir sur la suite de tous ces dossiers, il conviendrait de rappeler que l’Anaim avait été fermée au début des années 2000, après un scandale qui avait été révélé par le groupe l’Indépendant-l’Indépendant plus, à l’époque, et qui impliquait de gros bonnets des Mines et des Finances.

La gravité de la situation avait obligé le gouvernement à trimballer certains cadres dont le directeur général de l’Anaim d’alors, Aboubacar Koly Kourouma et Sidy Mouctar Dicko, directeur national des impôts et tant d’autres présumés « bandits en col blanc » devant dame Thémis.

Et si l’on n’y prend garde, cette structure risque de se retrouver encore dans ce genre de tourbillon. Et ce n’est pas le ministre des Mines, Mohamed Lamine Fofana qui dira le contraire.


Mamady Kéita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu

  
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