Après une année « chaotique » : Alpha va-t-il enfin changer ?

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CONDE_Alpha_24_01Le discours à la Nation du chef de l’Etat à l’occasion du Nouvel-an n’a pas eu d’écho « favorable Â» chez la majeure partie de l’opinion. C’est le moins qu’on puisse dire, tant nombreux sont les Guinéens qui ne cachent pas leur désespoir face à la méthode de gouvernance du pouvoir actuel, qui n’a fait que s’inscrire à peu d’exceptions près, dans la logique des régimes précédents.

Le discours à la Nation du chef de l’Etat est traditionnellement un moment où l’audimat des médias d’Etat crève tous les records. Mais cette fois-ci, ce ne fut vraiment pas le cas. Les populations de la capitale vaquaient tranquillement à leurs occupations, préoccupées qu’elles sont par la quête de leur pitance, pendant que le laïus du professeur tournait en boucle sur le petit écran de la RTG. La direction générale de la RTG s’étant sans doute aperçue que le message n’est pas passé, a procédé à une rediffusion du fameux discours présidentiel. Qui a été une occasion pour Alpha Condé de dresser son bilan, en mettant l’accent sur les quelques acquis dont l’obtention du PPTE et la signature du 10e FED. Nous n’allons pas nous appesantir sur tous les aspects de cette intervention. Mais en y jetant un regard, on s’aperçoit que le président a occulté la crise qui plombe l’échiquier politique. Avec le quiproquo concernant les préparatifs des législatives. Scrutin censé mettre un terme à la transition.

Il salue plutôt le geste de Bakary Fofana, qui de façon unilatérale a déroulé un chronogramme électoral, fixant le vote pour le 12 mai 2013, au grand dam de l’opposition qui a crié au scandale. Ainsi dira-t-il « la mise en place d’un calendrier électoral, dans le prolongement de la recomposition paritaire de la Commission électorale nationale indépendante, a permis à nos partenaires extérieurs de constater notre attachement profond au pluralisme politique et à la réhabilitation du suffrage universel Â».

Sans pour autant rassurer la classe politique, le président a promis que « les prochaines élections législatives dont la transparence et l’équité seront totales, vont permettre au peuple souverain de choisir ses représentants à l’Assemblée nationale Â». A l’issue de ces élections, « la Guinée aura enfin une représentation nationale digne de ce nom pour mener un débat démocratique libre, consensuel ou contradictoire, mais toujours constructif Â», soutient-il.

Et, cerise sur le gâteau, Alpha Condé annonce pour l’année 2013 qu’il « veillera particulièrement à la définition et à la mise en Å“uvre d’un statut de l’opposition dont la voix sera entendue et prise en compte dans la gestion des affaires publiques Â».

Versant dans l’autosatisfaction, le président parle de « grandes avancées sur le plan social, économique et politique obtenues grâce à de profondes réformes Â». Alpha Condé a ainsi résumé les prouesses accomplies depuis son investiture en une phrase : « En deux années seulement, nous avons réussi là où des décennies de mal gouvernance ont échoué. Â»

Ces avancées se traduisent « sur le plan social par la création depuis janvier 2011 de 42.900 emplois directs dans le secteur formel Â», selon lui. Le chef de l’Etat a aussi cité parmi les acquis « la baisse du prix des denrées de première nécessité. Le prix du sac de riz importé est ainsi passé de 250 000 à 180 000 francs guinéens. En 2012 l’accès à l’électricité dans les foyers s’est considérablement accru. Les chefs-lieux des 33 préfectures du pays sont désormais éclairés grâce à un programme d’énergie solaire. Â»

Pourtant, à observer ce qui se passe sur le terrain, bien des gens se demandent si les actes posés par le gouvernement ont une répercussion sur la vie des ménages. Car, rares sont les Guinéens qui arrivent à manger aujourd’hui à leur faim. La galère n’a jamais été aussi accentuée chez les populations. Quant aux secteurs de l’eau et de l’électricité, certes des investissements sont en train d’être faits dans des conditions qui frisent l’opacité, tant les sommes engagées sont énormes sans aucune lisibilité, mais la capitale continue de broyer du noir. Et les robinets de la Seg sont toujours à sec, même dans des quartiers huppés de la cité, comme Kipé ou Kaporo. Pour ne citer que ceux-ci.

La situation politique demeure elle, crispée. Et entre le pouvoir et l’opposition, on assiste à un dialogue de sourds qui freine toute organisation vers des élections transparentes. Et certains observateurs accusent le pouvoir de s’être lancé dans une précampagne de longue haleine, en déboursant des espèces sonnantes et trébuchantes, pour « acheter Â» la conscience de certains électeurs potentiels. Ceux-ci, organisés en mouvement de soutien, y voient une aubaine pour gagner de l’argent. Jusqu’à quand va durer cette chienlit ? Il revient au président de la République de se demander pourquoi le mécontentement gagne du terrain dans le pays, en seulement deux ans de gouvernance, lui dont l’avènement avait pourtant suscité grand espoir chez les citoyens, ce malgré les conditions qui ont prévalu à son élection. Si tel est le cas, il pourra certainement en tirer les leçons et revoir sa copie. Car à entendre son discours, l’opinion est quasiment restée sur sa faim. Elle qui s’attendait à l’annonce de mesures prospectives destinées à fixer le cap de la gouvernance Alpha pour l’an 2013.


Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu

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Commentaires  

 
+2 #3 Youssouf Soumah 04-01-2013 23:59

Alpha Koné ne va jamais changer. Cet homme a gagné au loto. Son objectif c’est de gagner le maximum de d’argent avec l’aide des hommes d’affaires B.Kouchner, Tony Blair et son parrain le responsable des guerres civiles en Afrique de l’Ouest (Libéria, Sierra Léone et Côte d’Ivoire) le Burkinabé Blaise Compaoré. Alpha Koné utilise les maninka pour maximiser le temps qu’il pourra faire à la mangeoire. Et dès qu’il va sentir le vent tourné, il va laisser les maninkas à leur sort en Guinée entre les mains des forestiers à Guéckédou, N’zérékoré, les sousous en basse Guinée notamment à Bouramaya et au Foutah. Il va chercher à se faire protéger par ses amis B.Kouchner et T.Blair en europe mais dès que la patate sera chaude ces derniers vont le lâcher après l’avoir utiliser comme un kleenex pour piller les ressources de la Guinée. S’il est poursuivi par les tribunaux en Europe, il ira au Burkina son pays, contre paiement chez son parrain le Burkinabé Blaise Compaoré avec le secret espoir que, compte tenu de son âge qu’il va mourir dans son lit avant son dictateur de parrain.
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+2 #2 boubacar doumba diallo 04-01-2013 21:44

"Seuls les imbéciles ne changent pas" ,avait coutume de dire le Vieux FHB
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+4 #1 Ibrahima Mbemba SOW 04-01-2013 21:33

En dépit de toutes ses déclarations d'intention du moment, qui ne visent qu'à endormir une fois de plus de crédules opposants, voire l'opinion nationale et internationale, AC ne changerait qu'au prix d'une réelle mobilisation de protestation des populations qui souffrent des méfaits et exactions de sa gouvernance chaotique. Ce qui, malheureusement ne saurait relever que du genre de "miracle social" qui s'était produit notamment en avril 2007. De fait, classe politique et société civile sont à ce point corrompues et inconséquentes dans ce pays, que le PRG AC et ses clans ethno stratégique et mafieux n'ont assurément pas grand-chose à redouter de l'opposition guinéenne actuelle. Il ne leur suffira pour cela tout au plus, que de faire semblant de soigner les apparences. La manière dont le chef d’Etat et toujours président du RPG a pu annihiler les revendications - que l'UFDG notamment a payées de la vie de plusieurs de ses jeunes partisans ou supposés tels - au sujet de la recomposition paritaire de la CENI, est on ne peut plus révélatrice. Bakary Fofana, le nouveau président, RPGiste avéré, qu'il a habilement imposé à la tête de l'institution, n'agit-il pas déjà délibérément au mépris des règles élémentaires régissant son fonctionnement interne? En ce début d'année 2013, où le gouvernement et camp de la majorité présidentielle ont déjà mobilisés de vastes moyens d'Etat dans la campagne pour les élections législatives annoncées pour mai prochain, ce ne sont donc pas les fuites en avant d'AC qui devraient surprendre les guinéens, par trop habitués aux effets d'annonce de ses déclarations d'intention sans lendemain. Mais, comme il est désormais convenu de le dire, les propos et promesses d'un chef d'Etat comme le PPAC n'engagent que les naïfs (politiques ou pas) qui y croient. La cruelle réalité étant que les intérêts et préoccupations de l'actuel pensionnaire de Sékhoutouréya sont et demeureront à mille lieues des attentes d'ouverture démocratique et de progrès socio-économiques de l'écrasante majorité des populations guinéennes.
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