Crise sociopolitique : l’ADP et le Collectif optent pour l’épreuve de force

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SYLLA_Aboubacar_DIALLO_Cellou_Dalein_TOURE_Sidya_01Le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont conjointement animé une conférence de presse ce mardi à la Maison de la presse. Le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla a mis cette occasion à profit pour exprimer son indignation face à la précipitation qui a caractérisé l’annonce de la date des élections législatives par le président de la CENI, tout en annonçant des actions en vue.

Cette conférence de presse a connu la présence de Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Aboubacar Sylla, Jean-Marc Telliano, Mouctar Diallo, Baidy Aribot, entre autres, devant un parterre de journalistes le mardi dernier.

Comme à l’accoutumée, c’est le porte-parole des deux alliances Aboubacar Sylla qui a planté le décor en ces termes : « Nous avions espéré que cette nouvelle CENI relativement consensuelle allait pouvoir se saisir des différents dossiers au sein de la CENI pour les traiter de façon collégiale. Nous avions aussi espérer que les deux dernières revendications de l’ADP et du Collectif allaient connaitre de la part des autorités un examen attentif, pour que ces deux revendications soient satisfaites pour que la voie soit complètement ouverte pour l’organisation d’élections libres et transparentes Â», a-t-il indiqué.

Avant de faire cas de ses regrets vu que selon lui, « le président de la CENI sous pression des autorités s’est précipité pour donner une date qui n’était pas convenue au sein de la CENI Â».

Aboubacar Sylla de poursuivre son intervention en ces termes : « Malheureusement nous avons été surpris de voir sur le petit écran de la télévision nationale le président de la nouvelle CENI déclarer que les élections législatives vont se tenir le 12 mai 2013 et que cette date est retenue par la CENI. Nous estimons qu’il ne s’agit pas du tout d’une date de la CENI, mais d’une date qui a été proposée tout simplement par le président de la CENI et non par la CENI. Parce que la CENI en son sein, a une procédure de prise de décision qui est formalisée par un règlement intérieur. C’est l’assemblée plénière de la CENI qui est souveraine pour prendre des décisions d’importance. Mais malheureusement, pendant que cette assemblée était en train d’examiner les différentes hypothèses d’un chronogramme possible, le président de la CENI sous pression des autorités et d’autres éléments de la communauté internationale s’est précipité pour donner une date qui n’était pas convenue au sein de la CENI Â», a laissé entendre le porte-parole des deux blocs de l’opposition.

Selon le leader de l’Union des forces du changement, le problème n’est pas la date elle-même, c’est le contenu du chronogramme qui conduit à cette date. « L’importance pour nous est que les différentes étapes du chronogramme soient respectées. Que toutes les étapes qui doivent conduire à la transparence du processus soient franchies progressivement. Notre souci premier c’est que la révision du fichier électoral soit exécutée non pas par le fameux couple Waymark-Sabari, qui a montré depuis longtemps ses limites. Mais par un nouvel opérateur technique choisi sur des critères de transparence et qui sera doté d’une bonne réputation et d’une bonne capacité et surtout qui soit impartial et neutre » a-t-il rappelé.

Pour Aboubacar Sylla, le chronogramme qui a été délivré n’intègre pas les préoccupations de l’ADP et du Collectif. S’agissant du vote des Guinéens de l’étranger, il estime qu’ils sont fondés à voter lors des élections législatives sur le scrutin des listes nationales. 

Sylla a saisi cette occasion pour dénoncer ce qu’il appelle des « violations graves des droits de l’homme à l’intérieur du pays Â».

« Les questions de sécurité ne sont pas résolues, les questions économiques ne font qu’empirer, les entreprises publiques et privées ne font que fermer les unes après les autres. Les grands majors miniers qui s’étaient engagées à dépenser des millions de dollars usd sur des mégas projets qui auraient pu permettre le décollage économique du pays sont en train de se décourager les unes après les autres. Et pire que ça, on voit à l’intérieur du pays des violations graves des droits humains », a-t-il conclu.

Quant à Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, il estime que le chronogramme qui a été diffusé est un « faux chronogramme Â». Selon lui, « l’objectif ou l’excuse annoncé par le gouvernement est la signature du 10e FED. Bakary Fofana, sous la pression de M. Vandamne, s’est empressé pour aller à la télévision annoncer un chronogramme sans informer les commissaires. Il (le chronogramme, NDLR) est illégal, il n’est pas réaliste, parce qu’il est parti de l’hypothèse que nous allons aux élections avec Waymark. Quel que soit le contenu du rapport de l’OIF, le cas Waymark est scellé. Nous avons besoin d’un élément crucial dans ces élections, c’est la confiance Â», a-t-il dit en substance.

Pour Dr Zalikhatou du PEDN, il y a lieu de s’interroger sur le virus qui infeste cette institution. Et sur qui en seraient les instigateurs. « L’ancienne CENI est tombée en disgrâce face à ces mêmes agissements. Il ne doit pas y avoir deux chronogrammes, mais un seul qui est celui sans Waymark. Il y a eu des contestations, des pratiques pareilles nous n’allons plus l’accepter. Donc qu’ils arrêtent Â», a-t-elle martelé.

Face à cette situation de blocage, les deux alliances préconisent des actions musclées, notamment des meetings et des marches pacifiques. Le 27 décembre pourrait servir de date de lancement de cette nouvelle épreuve de force à travers un meeting « géant Â» prévu à Kaloum. A moins que l’opposition ne daigne changer de date ou de stratégie.


Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
  
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Commentaires  

 
+1 #1 Patriote 24-12-2012 01:41

Qui de Cellou Dalein Diallo et de Van Dame dit la vérité et qui ment ?
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