Sidya Touré sur Nostalgie FM: « On ne vomit que ce qu’on a avalé »

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TOURE_Sidya_7_01Sidya Touré, président de l’UFR (Union des forces républicaines) était l’invité exceptionnel de Radio Nostalgie dans son émission en langue nationale soussou, le lundi 17 décembre 2012.

Pendant une heure et demie, M. Touré a expliqué dans un soussou limpide et avec beaucoup de pédagogie, des concepts comme le PPTE, le budget national, l’inflation, les institutions républicaines, la CENI, le processus électoral, etc.

Il a commencé par définir l’intérêt de la politique : la gestion de la cité pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Tout ce qui ne concoure pas à ça ne sert à rien du tout.

Concernant son parti, l’UFR, M. Touré a affirmé sa bonne santé. « Depuis maintenant deux ans, nos militants et sympathisants ont parfaitement compris les avertissements que je leur adressais : "Ne voter pas pour un leader que vous ne connaissez pas bien et qui n’a rien réalisé pour vous montrer ce dont il est capable" ».

Revenant sur le processus électoral, le président Sidya Touré s’est étonné qu’on accuse l’opposition de ne pas vouloir aller aux élections législatives.

« Dans tous les pays du monde, dit-il, lorsqu’on en a terminé avec une élection présidentielle, c’est avec le même fichier et le même opérateur technique qu’on organise les élections législatives qui suivent. Si on avait appliqué cette logique, on aurait fini avec ces élections depuis 2011.

Mais c’est le président El hadj professeur qui n’a plus voulu du fichier sur lequel il avait été élu et qu’il a changé, dans la plus grande opacité, l’opérateur technique en faisant venir Waymark, une société inconnue de tous. C’est là que tous les contentieux ont commencé.

A ce jour, après la recomposition de la CENI, nous n’avons plus que deux revendications : le départ de Waymark et le vote des Guinéens de l’étranger.

Quant à l’annonce unilatérale de la date des élections législatives par le président de la CENI, Bakary Fofana, ce n’est pas la date elle-même qui pose problème. Il faut que tous les préalables devant conduire à une élection transparente et crédible soient satisfaits. Â»

M. Touré a ensuite expliqué avec beaucoup de précision, le programme PPTE. « C’est un programme qui dure depuis plus de 10 ans. C’est mon gouvernement qui l’avait engagé en 1997. Il a été interrompu par la rébellion de 2000. Et le régime actuel l’a achevé dans les 6 derniers mois. Le PPTE est un allègement de la dette, les sommes qui devaient servir à rembourser la dette seront utilisées par le gouvernement pour réaliser des infrastructures socio-économiques. Ce n’est pas de l’argent frais qu’on nous envoie. Depuis l’achèvement du programme PPTE, quelle réalisation avez-vous constatées ? Pour le moment rien. Â»

Les auditeurs ont voulu savoir la signification de l’unicité des caisses. M. Touré a répondu que dans tous les pays, la caisse unique de l’Etat est le Trésor public. Mais en Guinée, on constate que beaucoup de recettes ne sont pas versées dans le compte du trésor, elles sont donc détournées.

Quant au bilan du gouvernement RPG, les échecs sont nombreux : Friguia, nombre de sociétés minières, la Sotelgui, Moulin de Guinée, EDG, etc.

Pour balayer du revers de la main les élucubrations d’un certain coordinateur de l’EDG, M. Touré a affirmé qu’il n’est pas l’interlocuteur d’un fonctionnaire. Il est un leader majeur de la classe politique guinéenne, et il est un opposant. Son rôle est de contrôler et de critiquer la gestion du gouvernement et de dénoncer les dérives. C’est au gouvernement de lui donner la réplique.

Les évènements de Guéckédou se sont invités dans le débat. M. Touré dit avoir été choqué par les propos et les exactions des forces de l’ordre sur les populations de cette préfecture. Il présente ses condoléances aux familles éplorées.

Quand on remplace les cadres compétents de l’administration par des militants, il faut s’attendre à de tels excès. Aujourd’hui on oppose des communautés qui ont toujours vécus ensemble.

Pour terminer, le président Sidya Touré a remercié les journalistes pour l’invitation. Il a, une fois encore, réitéré son appel à tous les Guinéens en leur conseillant de choisir le président de la République comme on choisit un imam : se demander qui il est, d’où il vient, quels sont ses antécédents. « En fin de compte, choisir quelqu’un qu’on connait bien, qui a fait ses preuves. Car une bonne politique en Guinée profite à tout le monde. Ceux qui nous gouvernent actuellement sont incompétents Â» a-t-il conclu.


Cellule Com. UFR

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Commentaires  

 
+1 #4 Gandhi 21-12-2012 23:14

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
1-Les usines en difficulté ne sont pas le fait de la mauvaise gestion de Alpha, elles l'étaient déjà avant.

C'est vrai, mais deux ans suffisent largement pour redresser une entreprise, ou à défaut la mettre sur la voie du redressement.
Alsény Camara, la Guinée a besoin d'un projet pour se mettre en mouvement. Lui demander de serrer la ceinture n'a jamais constitué une motivation.
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-3 #3 alseny camara 21-12-2012 10:42

Traore "Ce regime ethnocentrique n'a ni programme et ni projet pour le pays". Monsieur Traoré, le Gouvernement Alpha a décroché un programme intérimaire "Staff Monitored Programme (SMP)" avec les Institutions de Bretton Woods en 2011, avant d'avoir un programme formel de Facilité élargie de crédit en Février 2012 et bien sûr l'atteinte du "Point d'achévement de l'initiative PPTE" en septembre 2012. Les résultats regain de confiance au Gouverment de Kôrô Alpha, tous les indicateurs qui étaient rouges à fin 2010 sont devenus verts en juin 2012. La croissance du PIB réel s'est accrue, l'inflation a baissé, le dificit budgétaire a chuté et le Franc guinéen s"est apprécié seulement en 18 mois d"exercice de pouvoir. Aussi, le pays est passé deux fois devant le Club de Paris pour des annulations de dettes et au final une ardoise de 2,1 milliards USD sont en cours d'annulation. Concernant l'unicité des comptes de l'Etat dans un compte unique du "Trésor public", l'important c'est de demander un programme de retrait desdits fonds par les départements ministériels, bien sûr étaler sur l'exercice budgétaire. Le cas contraire, les sommes allouées seront retirées d'un coup pour être placé dans des comptes de particuliers (Ministres, Secrétaire Général, Directeur de Cabinet et les DAF) dans les banques commerciales. Ceci dévait être le dernier chantier de Mme Boiro, anciennne D.N. du Trésor, assassinée par la mafia guinéenne. Vive la République de Guinée et vive la Révolution=Changement. Alseny Camara, Forgeron à TOKOUNOU.
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+4 #2 Patriote 20-12-2012 23:31

On est d'accord que :
1-Waymark doit partir parce qu'il ne fait pas l'objet de consensus.
2- Si la loi prévoit le vote des guinéens de l'étranger, il faut la respecter. La loi n'est pas faite pour être violée.
3-Alpha a certes eu le mérite de faire respecter l'unicité des caisses, mais ce n'est pas une fin en soi, encore faudrait-il contrôler l'utilisation des ressources publiques collectées. Des affaires comme celles du prêt de 25 millions de dollars avec Palladino, les 700 millions de dollars de Rio Tinto, les 15 millions d'euros d'Areeba, le prêt de 150 millions de dollars de l'Angola, la tentative de détournement des 13 milliards de GNF ainsi que l'assassinat de Madame Boiro doivent être éclaircies pour s'assurer du mérite de cette unicité des caisses.
Par contre :
1-Les usines en difficulté ne sont pas le fait de la mauvaise gestion de Alpha, elles l'étaient déjà avant. À la limite on pourrait demander plus d'assistance pour sauver celles qui peuvent encore l'être.
2-Alpha Condé a eu le mérite de décrocher le PPTE là où les autres ont échoué pendant près de 15 ans (1997-2012) et ce n'est pas du coup que ses effets vont se faire sentir.
3-On peut choisir quelqu'un qui a fait ses preuves, mais pas forcément quelqu'un qu'on connaît bien.
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+5 #1 Traore 20-12-2012 17:47

Ce regime ethnocentrique n'a ni programme et ni projet pour le pays,et la gouvernance de Pr Alpha Conde et clan,c'est la corruption,les detournements et la violence.NB:L'unique solution est la RUE,car l'objectif de Pr Alpha Conde,c'est le parti-unique en guinee et cela n'est plus possible.Vive la guinee et vive la democratie.
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