Jeudi, 20 Décembre 2012 17:29
Sidya Touré, président de l’UFR (Union des forces républicaines) était l’invité exceptionnel de Radio Nostalgie dans son émission en langue nationale soussou, le lundi 17 décembre 2012.
Pendant une heure et demie, M. Touré a expliqué dans un soussou limpide et avec beaucoup de pédagogie, des concepts comme le PPTE, le budget national, l’inflation, les institutions républicaines, la CENI, le processus électoral, etc.
Il a commencé par définir l’intérêt de la politique : la gestion de la cité pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Tout ce qui ne concoure pas à ça ne sert à rien du tout.
Concernant son parti, l’UFR, M. Touré a affirmé sa bonne santé. « Depuis maintenant deux ans, nos militants et sympathisants ont parfaitement compris les avertissements que je leur adressais : "Ne voter pas pour un leader que vous ne connaissez pas bien et qui n’a rien réalisé pour vous montrer ce dont il est capable" ».
Revenant sur le processus électoral, le président Sidya Touré s’est étonné qu’on accuse l’opposition de ne pas vouloir aller aux élections législatives.
« Dans tous les pays du monde, dit-il, lorsqu’on en a terminé avec une élection présidentielle, c’est avec le même fichier et le même opérateur technique qu’on organise les élections législatives qui suivent. Si on avait appliqué cette logique, on aurait fini avec ces élections depuis 2011.
Mais c’est le président El hadj professeur qui n’a plus voulu du fichier sur lequel il avait été élu et qu’il a changé, dans la plus grande opacité, l’opérateur technique en faisant venir Waymark, une société inconnue de tous. C’est là que tous les contentieux ont commencé.
A ce jour, après la recomposition de la CENI, nous n’avons plus que deux revendications : le départ de Waymark et le vote des Guinéens de l’étranger.
Quant à l’annonce unilatérale de la date des élections législatives par le président de la CENI, Bakary Fofana, ce n’est pas la date elle-même qui pose problème. Il faut que tous les préalables devant conduire à une élection transparente et crédible soient satisfaits. »
M. Touré a ensuite expliqué avec beaucoup de précision, le programme PPTE. « C’est un programme qui dure depuis plus de 10 ans. C’est mon gouvernement qui l’avait engagé en 1997. Il a été interrompu par la rébellion de 2000. Et le régime actuel l’a achevé dans les 6 derniers mois. Le PPTE est un allègement de la dette, les sommes qui devaient servir à rembourser la dette seront utilisées par le gouvernement pour réaliser des infrastructures socio-économiques. Ce n’est pas de l’argent frais qu’on nous envoie. Depuis l’achèvement du programme PPTE, quelle réalisation avez-vous constatées ? Pour le moment rien. »
Les auditeurs ont voulu savoir la signification de l’unicité des caisses. M. Touré a répondu que dans tous les pays, la caisse unique de l’Etat est le Trésor public. Mais en Guinée, on constate que beaucoup de recettes ne sont pas versées dans le compte du trésor, elles sont donc détournées.
Quant au bilan du gouvernement RPG, les échecs sont nombreux : Friguia, nombre de sociétés minières, la Sotelgui, Moulin de Guinée, EDG, etc.
Pour balayer du revers de la main les élucubrations d’un certain coordinateur de l’EDG, M. Touré a affirmé qu’il n’est pas l’interlocuteur d’un fonctionnaire. Il est un leader majeur de la classe politique guinéenne, et il est un opposant. Son rôle est de contrôler et de critiquer la gestion du gouvernement et de dénoncer les dérives. C’est au gouvernement de lui donner la réplique.
Les évènements de Guéckédou se sont invités dans le débat. M. Touré dit avoir été choqué par les propos et les exactions des forces de l’ordre sur les populations de cette préfecture. Il présente ses condoléances aux familles éplorées.
Quand on remplace les cadres compétents de l’administration par des militants, il faut s’attendre à de tels excès. Aujourd’hui on oppose des communautés qui ont toujours vécus ensemble.
Pour terminer, le président Sidya Touré a remercié les journalistes pour l’invitation. Il a, une fois encore, réitéré son appel à tous les Guinéens en leur conseillant de choisir le président de la République comme on choisit un imam : se demander qui il est, d’où il vient, quels sont ses antécédents. « En fin de compte, choisir quelqu’un qu’on connait bien, qui a fait ses preuves. Car une bonne politique en Guinée profite à tout le monde. Ceux qui nous gouvernent actuellement sont incompétents » a-t-il conclu.
Cellule Com. UFR