Aliou Sow Mardi, 18 Décembre 2012 18:15
A peine le président Ernest Bai Koroma regagnait-il Freetown la semaine dernière, que son challenger Maada Bio venait à son tour à Conakry. Cette visite va, elle, se faire dans la discrétion, étant destinée à réconcilier le perdant de l’élection présidentielle tenue en novembre dernier en Sierra Leone, avec le président qui a réussi à rempiler pour un second mandat.
La visite effectuée par Ernest Bai Koroma la semaine dernière à Conakry, se situait dans le cadre des consultations périodiques entre les chefs d’Etat de la sous-région, officiellement. Par contre cette visite était surtout destinée à demander une implication du président Alpha Condé, dans la réconciliation entre les deux camps, à savoir celui des vainqueurs et celui des perdants. Qui se regardent en chiens de faïence depuis la publication des résultats de la présidentielle qui a donné une large victoire à Ernest Bai Koroma. Mais Maada Bio refuse de reconnaître les résultats. Une attitude qui fait peser des menaces sur ce pays qui demeure encore vulnérable, après des années de conflit internes. Le président sierra léonais aurait donc pensé à l’ascendant que la Guinée a sur son pays, pour demander la médiation du président guinéen dans cette crise postélectorale, selon des sources bien introduites. Mais, Maada Bio aurait refusé d’entendre raison. Ce, malgré la médiation guinéenne.
Pour revenir à la visite de Ernest Bai Koroma, il faut souligner que les deux chefs d’Etat ont eu des « entretiens fructueux, empreints de cordialité et de compréhension mutuelle sur des questions bilatérales, sous-régionales et régionales », d’après un communiqué officiel ayant sanctionné la fin de cette visite. Ainsi, au plan bilatéral, les deux chefs d’Etat ont rappelé l’excellence des relations d’amitié, de coopération et de bon voisinage existant si heureusement entre les deux pays. Tout en se réjouissant de la tenue de la 4e session de la Grande commission mixte de coopération Sierra Leone-Guinée, les 27 et 28 mars 2012, à Freetown.
Alpha et Ernest ont exprimé « l’impérieuse nécessité de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de cette commission et ont, à cet effet, instruit les ministres concernés à œuvrer pour leur application effective ».
Dans cette optique, les deux chefs d’Etat se sont engagés « à renforcer leur coopération dans la lutte contre le trafic de drogue, de personne, ainsi que la circulation illicite des armes légères et de petit calibre ». Sur le plan sous-régional, les deux chefs d’Etat ont exprimé « leur profonde inquiétude sur les derniers développements de la situation politique au Mali. Ils ont condamné les circonstances de la démission du premier ministre, Cheick Modibo Diarra, et ont appelé l’ex-junte à cesser toute ingérence dans les affaires politiques du Mali. Ils ont réaffirmé la nécessité de protéger les institutions de transition au Mali », rapporte ledit communiqué.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu