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Sidya Touré à propos de la gouvernance Alpha : « Nous avons eu deux années de gestion négative… »

Boubacar Bagnan Diallo  Mercredi, 12 Décembre 2012 18:21

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TOURE_Sidya_7_01A quelques jours de la célébration du 2e anniversaire de l’investiture du président Alpha Condé, le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR) vient de jeter un pavé dans la marre sur la gestion du professeur. Il a, lors d’une émission d’une radio privée de la place, décrit une hideuse image des deux ans de gestion du pouvoir d’Alpha Condé. Sidya Touré estime que sur les plans politique, économique et administratif, notre pays va mal.

En effet, s’exprimant le jeudi 06 décembre dans l’émission les Grandes Gueules de la radio Espace FM dont il était l’invité, l’ancien premier ministre n’a pas tari de mots pour décrire ce qu’il appelle « la mauvaise gestion du pays » par Alpha Condé. Pour le leader de l’UFR, les deux années de gestion d’Alpha Condé sont plus que négatives.

« […] J’estime que nous avons eu deux années de gestion négative. Sur le plan politique aujourd’hui, nous sommes plus divisés que jamais. Nous n’arrivons pas à organiser les élections. Donc cela veut dire que les institutions de la Guinée ne sont pas au complet. Nous sommes donc dans une précarité institutionnelle qui fait le lit de toutes les déclarations que nous entendons de gauche à droite, à savoir que c’est un pays en transition encore », a-t-il entamé.

Puis de répliquer sur les accusations portées sur les trois anciens premier ministres (Cellou, Sidya, Lansana Kouyaté, ndlr) quant à leur responsabilité sur le retard dans l’organisation des élections législatives. A ce titre il déclare : « Dire que nous bloquons le processus électoral, il faut mettre cela sur le compte de l’amateurisme. Sinon on connait très bien pourquoi les élections n’ont pas eu lieu, ce que les conditions qui doivent être réunies pour tenir des élections ne sont pas réunies. Et ce n’est pas à l’opposition de les réunir. Nous avons demandé la recomposition de la CENI, après deux ans, on a obtenu une recomposition plus ou moins bancale que nous avons acceptée. Ensuite nous attendons qu’un fichier électoral consensuel soit trouvé pour qu’on sache quel est le corps électoral qui va aller aux élections, et qu’on s’entende bien sur le fait que les Guinéens de l’étranger vont avoir le droit de vote. Quand je dis bancale, ça veut dire qu’on n’a pas fait une recomposition qui n’était pas conforme à la loi. Nous voulons positiver les choses et aller de l’avant. Nous avons déposé un recours à la Cour suprême qui court toujours. »

Concernant le volet administration de la gestion d’Alpha Condé, Sidya n’y va pas du dos de la cuillère : « Sur le plan de l’Etat nous sommes plus divisés que jamais. Vous entendez des déclarations des ministres qui vous disent que si l’Etat travaille quelque part, ce n’est pas pour un parti politique (...). C’est tout simplement malheureux, mais c’est une déclaration constitutionnelle. Quand vous faites quelque chose dans le cadre de l’administration, vous ne pouvez pas dire que cela appartient à un parti politique. L’administration est neutre. Celui qui fait ces déclarations était un élément essentiel du PUP. Il a pesé longtemps sur les militants du RPG de Faranah à qui il a imposé des choses extrêmement difficiles ! Il n’a pas sa place dans un gouvernement (...). Ce n’est pas la cotisation du RPG qui construit les bornes fontaines ou les centres culturels. Ce sont les impôts. Ce genre de déclaration est totalement contraire à la loi ».

Sur le plan économique, c’est un désastre, avance Sidya Touré. « Nous avons constaté qu’après deux ans, les infrastructures de base auxquelles on peut s’attendre ne sont pas au rendez-vous. On n’a pas d’eau, on n’a pas l’électricité, les téléphones fonctionnent mal. Les infrastructures comme les routes ne sont pas faites. En plus nous n’avons aucune perspective que ces choses vont se régler ! Donc ces trois points essentiels à savoir le politique, l’économie, l’Etat et la nation, j’estime que notre pays va mal », a-t-il dénoncé.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

 
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