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Comité de lutte contre le SIDA : un gouffre financier !

Boubacar Bah  Jeudi, 06 Décembre 2012 18:24

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sida_2_01La célébration de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA le 1er décembre dernier a été une occasion de dresser un état des lieux lamentables des « efforts » fournis par la Guinée en faveur des malades souffrant de cette pandémie. Et malgré l’important flux financier consenti par les partenaires au développement pour éradiquer le fléau, près de 16 mille personnes séropositives ne bénéficieraient pas de traitements antirétroviraux.

C’est l’ONG Médecins Sans Frontières qui a tiré la sonnette d’alarme à l’occasion de cette célébration. En soulignant dans un rapport publié à cet effet que le VIH/SIDA demeurait une problématique ignorée en Guinée. Dans ce rapport, Médecins Sans Frontières se dit « inquiète de la situation des personnes vivant avec le VIH/SIDA en Guinée, et a saisi cette journée mondiale de lutte contre le SIDA, pour interpeller le gouvernement et les bailleurs de fonds sur leur faible engagement concernant la prise en charge des patients. »

En 2011, 40% des personnes infectées vivant avec le VIH/sida sont toujours privées de traitement, soit environ 16 000 personnes sur l’ensemble du pays, révèle l’ONG.

La situation des enfants et des femmes enceintes est encore « plus critique » selon l’organisation humanitaire. Qui précise que seul « 1 enfant sur 6 qui a besoin de traitement le reçoit et 6 femmes sur 10 n’ont pas accès aux programmes de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) ».

« Les conditions d’accès aux soins des personnes vivant avec le VIH/SIDA en Guinée sont donc dramatiques », mentionne le rapport de MSF.

Pire, l’ONG rapporte que « faute de traitements en quantité suffisante dans le pays et aux dysfonctionnements de l’approvisionnement en médicaments, des structures de santé sont contraintes de refuser des patients pourtant éligibles au traitement ARV ». Les délais d’attente de traitement s’allongent et les patients risquent dès lors de présenter davantage de complications, voire de mourir, mentionne MSF.

Pour cette institution, « la Guinée fait partie des pays africains à la traine en terme de prise en charge du VIH/SIDA ». En effet, « faute de moyens financiers et d’expertise suffisants, un certain nombre de standards internationaux de qualité de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA ne sont toujours pas mis en place », regrette MSF.

Il est ainsi marrant que pour « des raisons de coût », les traitements améliorés, à base de Ténofovir (TDF), ne soient toujours pas disponibles dans le pays alors que « ces thérapies améliorent d’avantage l’état de santé du patient, présentant moins d’effets secondaires que la Zidovidine (AZT), actuellement utilisées dans le pays ». « Quant aux analyses biologiques primordiales comme les CD4 ou la charge virale, on constate que les patients n’y ont pas accès pour cause de machines non fonctionnelles ou de manque de réactifs. »

Enfin, l’ONG cite le cas de la prise en charge psychosociale des patients, « inexistante dans la majeure partie des structures de santé, qui serait seulement assurée dans quelques sites appuyés par certains acteurs dont MSF ». Alors question : où sont passés tous les millions de dollars US injectés dans le circuit financier du comité national de lutte contre le SIDA ? Cette structure qui ne serait qu’un gouffre financier dont le fonctionnement ne sert que les personnes chargées de sa coordination et de certaines autorités gouvernementales au détriment des malades. Les bailleurs de fonds ont à ce jour déboursé près de 200 milliards de francs guinéens soit environ 20 millions d’euros. Le gouvernement d’Alpha Condé vient à son tour de revoir à la hausse la contribution de l’Etat qui est passée de 2 milliards de francs guinéens à 19 milliards de francs guinéens. Toute cette manne pourrait malheureusement se retrouver dans des poches de petits malins tapis dans le CNLS et les rouages du département de la Santé.


Boubacar Bah
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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