Heinan Goba Mercredi, 05 Décembre 2012 18:34
Human Rights Watch (HRW) a rendu public, mercredi 5 décembre 2012, un nouveau rapport sur l’évolution du dossier du massacre du 28 septembre 2009. Dans ce rapport intitulé: « En attente de la justice, la nécessaire traduction devant les tribunaux guinéens des responsables du massacre, des viols et autres exactions perpétrés le 28 septembre dans le stade du même nom », l’organisation de défense des droits humains soutient que beaucoup reste à faire même si des efforts ont été fournis, et demande au gouvernement guinéen de renforcer ses efforts pour garantir la justice aux victimes.
Pour rappel, ce jour-là, plusieurs centaines d’agents de forces de défense et de sécurité ont fait irruption au stade du nom du 28 septembre à Conakry et ont ouvert le feu sur les dizaines de milliers de partisans de l’opposition qui participaient à un rassemblement. Plus de 150 personnes ont trouvé la mort, plusieurs autres blessées et de nombreuses femmes violées, d’après le rapport de la commission d’enquête de l’ONU.
Dans son rapport, HRW se réjouit : « plus de 200 victimes ont été interrogées et des poursuites ont été intentées contre au moins sept personnes ». « Le gouvernement guinéen a également accepté la nomination d’un expert international proposé par le Bureau de la Représentante spéciale de l’ONU chargée des questions des violences sexuelles commises en période de conflit. » Cependant regrette l’ONG, « plus de trois ans après la perpétration de ces crimes, l’instruction n’est toujours pas clôturée ».
Alors que les juges d’instruction attendent d’interroger deux des principaux suspects, en l’occurrence, le capitaine Moussa Dadis Camara, président de la République lors des faits et le nommé Claude Pivi alias Coplan ainsi que des suspects, l’ONG dit avoir constaté que leur travail a été suspendu pendant cinq mois par manque de fourniture de base et qu’il a fallu un an au ministère guinéen de la Justice pour commencer à remédier à ce problème.
Au cours d’une conférence de presse animée à l’occasion de la publication de ce rapport, Elise Keppler, juriste senior au programme Justice internationale de Human Rights Watch, a déploré le fait que certains des suspects soient toujours en fonction et bénéficient des promotions. Ces suspects risquant d’intervenir dans les enquêtes, elle a demandé qu’ils soient mis en congé. Le gouvernement doit faire cela pour aider les juges à opérer efficacement, selon elle.
Il en est de même de l’accès des juges aux lieux identifiés comme des charniers. HRW par la voix de Mme Keppler souhaiterait qu’une requête soit introduite par les juges pour interroger rapidement l’ex-président de la République en exil au Burkina Faso.
« Les victimes des effroyables exactions perpétrées le 28 septembre 2009 attendent depuis plus de trois ans que justice soit faite. Le président Alpha Condé et d’autres responsables guinéens ont affirmé qu’ils soutenaient la lutte contre l’impunité, mais il faudrait qu’ils traduisent davantage leurs paroles en actes. Des poursuites crédibles contribueraient considérablement à faire entrer la Guinée dans une ère marquée par le respect de l’Etat de droit », a souligné Elise Keppler.
Le ministre guinéen de la justice Christian Sow, qui était annoncé à cette cérémonie, a brillé par son absence.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com