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Attaque contre la résidence du président: l’annonce du procès envenime les rapports entre Alpha et Konaté

Aliou Sow  Mercredi, 05 Décembre 2012 18:05

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CONDE_Alpha_KONATE_Sekouba_2_01Le général Sékouba Konaté, qui a rejoint Addis-Abeba, capitale éthiopienne, la semaine dernière après une visite de travail à Djibouti, serait très amer suite à l’annonce du procès des présumés auteurs de l’attaque contre la résidence du président Condé dans la nuit du 19 juillet 2011. La tenue de ce procès qui débute le 10 décembre traduirait la volonté du gouvernement à ne pas s’immiscer dans les affaires judiciaires, histoire de battre en brèche les arguments selon lesquels la chambre d’accusation aurait reçu des ordres émanant de l’exécutif dans cette affaire.

Les accusés dans la tentative d’assassinat du président Alpha Condé seront jugés à compter du 10 décembre 2012, selon une source judiciaire. Ces accusés qui sont une quarantaine de personnes, des civils et militaires, comparaîtront devant deux tribunaux différents. Les civils seront jugés devant la cour d’assises de Conakry, tandis que les militaires vont eux, être traduits devant un tribunal militaire. Telle est la décision de la chambre d’accusation qui a statué sur ce dossier. L’annonce de ce procès survient après les menaces proférées par le général Sékouba Konaté, ancien président de la transition, qui a qualifié cette attaque de « faux complot ». Konaté dont des proches sont incriminés dans cette affaire, avait demandé la clémence du chef de l’Etat guinéen, en faveur de leur relaxe pure et simple. Mais cette doléance serait tombée dans des oreilles de sourds. A moins qu’Alpha Condé ne veuille attendre que la justice fasse son travail, avant de décider de quoi que ce soit. Pour le moment le général Nouhou Thiam, ex-chef d’état-major général des armées, et ses collègues vont faire face à leurs juges. Au grand dam du général Sékouba Konaté qui mène une campagne à l’internationale pour démonter ces accusations. L’ancien président de la transition devait se rendre même à New York où il menace de déposer la liste d’une vingtaine de proches du président Alpha Condé auprès du Conseil de paix et de sécurité des Nations Unies. Il s’agit selon lui de gens dont le rôle néfaste à la présidence pourrait mener le pays à la dérive.

Le haut représentant de la Force africaine en attente (FAA), avant de prendre cette initiative, avait lancé un appel par médias interposés au chef de l’Etat pour la relaxe pure et simple des prévenus dans cette tentative d’assassinat. Il y a de cela quelques semaines. Aujourd’hui Konaté regrette que son appel n’ait pas été pris en compte. Et ne cache aucune occasion pour l’exprimer. Pourtant le discours à l’endroit du président Alpha Condé avait complètement changé chez le général, qui comptait sans doute procéder par cette langue de bois pour amadouer le locataire du palais Sékoutouréyah. Mais, celui-ci n’a pas réagi comme le voudrait le général Sékouba Konaté.

Préférant certainement laisser la justice faire son travail en amont. Il pourrait revenir toujours au chef de l’Etat d’accorder sa grâce aux personnes qui tomberont sous le coup d’une condamnation. Cette démarche paraît en quelque sorte plus logique aux yeux de maints observateurs. Quand on sait que le renvoi des accusés dans cette affaire le 14 novembre dernier par la chambre de mise en accusation devant les tribunaux avait irrité sérieusement la défense. C’est ainsi que l’un des avocats de la défense, Me Béavogui, très remonté, avait eu ces mots : « La première chambre avait prononcé un non-lieu en faveur de 15 de nos clients bien que nous ayons demandé plus. En ce moment c’est la partie civile et le parquet même qui avaient dit qu’ils n’ont rien contre le colonel Samba Oury Diamanka, le colonel Mohamed Sow, le général Nouhou Thiam. Nous leur avions demandé de les mettre immédiatement en liberté. Cela a été accepté et une décision a été rendue sur la demande même des avocats de la partie civile et du ministère public. »

L’avocat avait déploré que dans cet arrêt « le non-lieu n’existe plus ». A propos de ce fameux tribunal militaire, les avocats l’avaient qualifié « d’inexistant car l’action publique ne peut être engagée que par un procureur militaire et c’est ce qui n’existe pas dans la législation guinéenne actuelle », selon eux. Il conviendrait de rappeler que ce procès va se dérouler en l’absence de 5 des accusés, morts dans les lieux de la détention. Il s’agit du lieutenant Amadou Diallo, de Soufiane Bah, du colonel Aïdor Bah, d’Ousmane Koulibaly, du colonel Issiaga Camara.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

 
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