Heinan Goba Mercredi, 05 Décembre 2012 17:32
Le parquet de Kaloum a requis, ce mardi 04 décembre, cinq ans de prison ferme contre l’ancien directeur général de la BADAM (Banque africaine pour le développement agricole et minier), Moriba Kéita, 68 ans, poursuivi pour détournement de fonds, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture de banque.
Très remonté, le même parquet a demandé au tribunal de condamner aussi, à la contrainte par corps, l’ancien administrateur de la BADAM, à cinq années de prison supplémentaires. Cela pour rétablir dans leurs droits, d’éventuelles victimes. Pour le représentant du ministère public à ce procès, Moriba Kéita garde toujours l’intention de nuire à la BADAM.
Le procureur représentant le ministère public à cette audience a soutenu qu’il y a effectivement eu dans cette affaire, détournement de fonds, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture de banque. Et ces faits, a poursuivi Dian Bora, sont imputables amortira Kéita qui « régnait en maître à la BADAM » et à son complice le chef des services informatiques.
Partant de ce qui précède, le procureur a sollicité la condamnation de Sadagui Mara qui a aidé Moriba Kéita à commettre les différentes infractions et ce, en toute connaissance de cause, à son avais, à cinq mois de prison ferme, soit le temps et une amende d’un million de francs guinéens. « Ce serait une leçon pour lui », a dit le Procureur.
Contre le nommé N’Faly Dioubaté qui était le directeur d’exploitation à l’époque des faits, il a été requis, en revanche, la relaxe au bénéfice du doute. La relaxe a été aussi requise en faveur de Monsieur Sangaré et Monsieur Condé, respectivement directeur des opérations et chef de service comptable, pour délit non constitué.
14 personnes étaient poursuivies à l’entame. Plus de la moitié ont bénéficié d’un non-lieu à l’instruction. Pour le procureur Mamadou Dian Bora Diallo, « c’est la preuve qu’on n’est contre personne ». Il a émis l’espoir que « le président du tribunal aura le courage de relaxer ceux contre lesquels les infractions ne seront pas constituées ».
Auparavant, les avocats de la partie civile, dans leur plaidoirie, ont demandé la condamnation des prévenus au payement de la somme de 64 milliards de francs guinéens à titre principal et 34 milliards de francs guinéens pour la réparation de tous les préjudices. Le conseil de l’Etat guinéen, également partie civile, a sollicité le payement au profit de son client, de 15 milliards de francs guinéens.
Pour la défense, ce sont les administrateurs de cette banque qui n’ont rien fait pour lui éviter ce qui lui est arrivé. De ce fait, elle a demandé la relaxe pure et simple des prévenus qui, selon elle, n’ont fait que leur travail conformément à leurs obligations. Le réquisitoire du ministère public est la preuve que la pression qui était sur les autorités judiciaires est tombée, selon elle.
Peu avant Maître Moriba Kaba a récusé le droit de l’Etat à la réparation. Dans la même logique il a sollicité du tribunal d’exiger de ceux qui se sont constitués partie civile dans ce procès, un mandat de l’administration provisoire. Cela en raison du fait que le DG qui devait représenter la banque est indisponible.
A rappeler que ces personnes poursuivies pour détournement de fonds, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture de banque au préjudice de la BADAM, sont en prison depuis environ cinq mois. Elles sont accusées par l’Etat guinéen et le collectif des actionnaires de ladite banque d’avoir dissimulé les fonds mis à leur disposition.
La BADAM, il faut le noter, est détenue en majorité par Mamadou Sylla de Futurelec holding et Ousmane Kaba, conseiller à la Présidence. Ce qui a fait dire à certain que ce dernier a usé de son influence pour envoyer des innocents en prison.
Le verdict sera connu le 18 décembre en cours.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com