Mamady Kéita Dimanche, 02 Décembre 2012 16:46
Chantal Cole est accusée de comportement « raciste et homophobe » par une trentaine d’employés de son groupe de médias, qu’elle a congédiés pour des motifs fallacieux. Dire pourtant que cette ancienne égérie de la présidence est la représentante de l’ONG « SOS Racisme » en Afrique, réputée pour son combat contre de telles pratiques, relève de la surprise.
Comment Chantal Cole, membre de SOS Racisme, une ONG française qui a fait ses preuves en termes de lutte contre le racisme et l’antisémitisme en France, depuis sa création en 1984, peut-elle verser dans la xénophobie ? La question mérite d’être posée d’autant que ce comportement de Madame Cole ne pourra que ternir l’image de cette ONG qui, pourtant, se bat pour les bonnes causes. Du coup certains observateurs et non des moindres trouvent que le choix de la PDG de Alo-Guinée, femme d’affaires, opportuniste sur les bords en tant que sa représentante en Afrique, a été une grossière erreur commise par Fodé Sylla. Chose qu’il va falloir corriger à moins que SOS Racisme ne veuille demeurer comme une structure aux antipodes de la défense des droits humains, pour ce qui est de la Guinée et sur le reste du continent. Car avec Chantal Cole la cause est dorénavant perdue. Comment comprendre que le reporter sportif Bobo Barry se fasse virer simplement pour avoir observé le ramadan ? Alors qu’il était en plein séminaire à Dakar. Eh bien Madame Cole l’a fait. Comment aussi accepter que la patronne de la radio chérie FM juge de l’équilibre ethnique au sein de son entreprise de presse. Ce sont là des faits très graves pour un membre d’une institution de la trempe de SOS Racisme.
Chantal Cole a vite oublié le soutien que la presse nationale dans son ensemble lui avait apporté lorsqu’elle fut déclarée persona non grata sur le sol guinéen, par le gouvernement de Lansana Kouyaté. Le ministre de la Sécurité d’alors Bo Kéita avait ordonné à ses services d’expulser la directrice d’Alo-Guinée sur le motif qu’elle n’est pas « guinéenne ». C’était de l’aberration, car Chantal Cole est bien une citoyenne de notre pays. Et la pression médiatique avait contraint le gouvernement à laisser Chantal en paix. Que cette dernière se retourne aujourd’hui contre de pauvres journalistes, les privant de leur pain, relève de l’ingratitude.
Mamady Kéita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu