Abdoul Malick Diallo Jeudi, 29 Novembre 2012 10:40
Le mercredi 21 novembre, 18 stagiaires et 8 journalistes de la radio Chérie Fm ont été renvoyés de leurs fonctions pour avoir refusé de présenter un rapport d’activités demandé par la direction générale.
La direction générale de Chérie Fm a expliqué que cette situation est due à un refus catégorique des journalistes de présenter un rapport d’activités du 1er au 16 novembre.
Les journalistes ont été sommés de déposer les téléphones que Mme Chantal Cole leur avait offerts et tous les matériels de la radio.
Pour le porte-parole des journalistes renvoyés, la présentation de ce rapport était une activité de plus. David Yombouno explique : « Le rapport qu’on nous a demandé était une activité de plus parce que quotidiennement on vient tous les jours à 08h pour quitter à 20h passées. Et on nous demande de faire chaque jour un conseil de rédaction assorti d’un compte rendu détaillé des activités. Le lieu même du reportage est mentionné. Et suivre la télé et la radio le soir est une obligation.
Si vous ne le faites pas, le lendemain en conseil de rédaction, on vous demande d’apporter des critiques sur le travail fait la veille. Si vous n’apportez pas, René vous menace. La dernière fois, il a menacé les gens de retirer les téléphones que Madame a donnés. Imaginez qu’on donne une mise à pied à des journalistes. Moi, on m’avait collé une mise à pied de 2 jours. On m’avait défalqué 60.000fg c’est-à-dire 30.000fg par jour. Mais pendant cette mise à pied on ne m’avait jamais demandé de déposer la clé de la moto.
On ne m’avait jamais demandé de déposer le gilet et les matériels de la radio. Je précise qu’il y a 18 stagiaires et 8 titulaires, ce qui fait 26 journalistes reporters d’image (JRI). Les stagiaires, on leur dit carrément qu’ils sont renvoyés.»
La direction générale a toutefois nié qu’il y ait eu renvoi. René Ifono est le directeur général de la radio Chérie Fm : « A aucun moment ici, au groupe de médias SGI, il n’y a eu renvoi des journalistes ou des stagiaires. Pendant que je vous parle, vous avez devant vous les deux lettres que nous cadres de la direction avons adressées à nos journalistes ou à nos stagiaires pour refus de rendre un rapport qu’on leur avait demandé. Il y a un peu plus de quatre jours. Au fait, suite à un constat que nous avons fait. D’abord il y a eu des absences répétées pour certains et pour d’autres des absences régulières. Par contre, il y en a d’autres dans les couloirs de la radio qui disent qu’ils ont beaucoup de boulot. Ce qui fait que quand ils reviennent d’un reportage ils ne peuvent pas faire exactement le travail qu’on leur demande parce que c’est un groupe de médias.
Comme je vous ai dit, il y a la télé, la radio et les sites. Quand vous revenez d’un reportage, vous faites le papier pour la télé, ensuite le même papier est reconduit à la radio et sur les sites. Pour un journaliste, ce n’est pas compliqué. Et on a des stagiaires à qui on donne les papiers pour la saisie.
Ensuite, on accroche pour les sites. Donc il y en a certains depuis un certain moment qu’ils ne faisaient pas des papiers et pour les sites et pour la radio…
C’est suite à ce constat que nous avons demandé à tout un chacun de nous faire un rapport individuel de son activité sur la période du 1er au 16 novembre. C’est après cela qu’on s’est retrouvé en direction générale. On a dit qu’on ne peut pas comprendre que, quand on demande un travail à des subalternes, ils refusent de le faire. Sans nous expliquer pourquoi ils ne veulent pas le faire. Et on a pris notre décision de coller aux journalistes titulaires une mise à pied d’une semaine qui est une mesure disciplinaire. »
Il ajoute que certaines personnes cherchent à ethniciser la décision de la direction générale vis-à-vis de ces employés. Pour M. Ifono, cette mise à pied est une mesure disciplinaire. « Des gens cherchent à ethniciser le débat. La mise à pied est une mesure disciplinaire. C’est très simple. Par exemple Bah Sékou, il est peul. A l’arrivée du président de la République, on a voulu le responsabiliser. Mais on voyait du laisser-aller. Il n’aime pas du tout les gens de la mouvance présidentielle. C’est ça la réalité. Alors, on ne travaille ni pour l’opposition ni pour la mouvance. Moi, Dalein m’appelle souvent.
Des fois quand vous l’entendez sur la tribune de l’actu c’est lui qui m’appelle pour me dire je suis là si tu veux me prendre en direct. Mais quand je suis à l’antenne ça ne veut pas dire que je veux le caresser. On a envoyé Bah Sékou pour couvrir l’arrivée du président de la République. Le sujet a été traité de façon légère. Pour la plupart quand on les envoie pour couvrir les activités de la mouvance ils disent c’est de la mamaya. Pourtant il faut équilibrer l’information.
Quand c’est l’opposition ils sont prêts. Je suis désolé. Ce que David a dit c’est réel. Il y a plus de Peuls ici que tout le monde. C’est moi qui recrute les gens. Si on voulait ségréguer, pourquoi les recruter. Vous pouvez descendre et vérifier sur les 20 personnes, 15 sont des Peuls c’est parce qu’on ne recrute pas en fonction de l’ethnie. »
Au moment où nous mettions sous presse, ce lundi 26 novembre, les 26 journalistes renvoyés avaient décidé de marcher devant les locaux du Conseil national de la communication (CNC) et au ministère de la Communication pour protester contre la mise à pied dont ils sont victimes.
Par la même occasion, d’autres confrères de différents médias avaient demandé de soutenir les victimes dans leur démarche. Des messages téléphoniques ont été distribués entre journalistes pour cette cause.
Abdoul Malick Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu