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Après l’arrêt de la chambre d’accusation: la défense s’inquiète et dénonce une « parodie » de justice

Saidou Hady & Boussouriou Bah  Mercredi, 21 Novembre 2012 18:02

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BEAVOGUI_Salifou_01L’attaque du 19 juillet du domicile privé du président de la République continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Au moment où la défense attendait la libération pure et simple de ses clients, l’arrêt de la seconde chambre d’accusation a renvoyé le 14 novembre 2012 le général Nouhou Thiam et le lieutenant Bondabon Camara devant un tribunal militaire et tous les autres devant la Cour d’assises.

Selon l’avocat de la défense, Me Béavogui, depuis le déclenchement de cette affaire, la défense a toujours naïvement espéré l’application de la loi. Elle a toujours pensé qu’en lieu et place du droit, elle n’allait pas assister à une parodie de justice c’est-à-dire, à une justice à plusieurs vitesses, une justice aux ordres, une justice caporalisée. Malheureusement, dit-il, la chambre d’accusation dans sa nouvelle composition, vient d’illustrer la preuve que nous avons tort d’avoir eu confiance en notre justice dans cette affaire. Avec amertume, il explique : « La première chambre avait prononcé un non-lieu en faveur de 15 de nos clients bien que nous ayons demandé plus. A ce moment, c’est la partie civile et le parquet même qui avaient dit qu’ils n’ont rien contre le colonel Samba Oury Diamanka, le colonel Mohamed Sow, le général Nouhou Thiam. Nous leur avions demandé de les mettre immédiatement en liberté. Cela a été accepté et une décision a été rendue sur la demande même des avocats de la partie civile et du ministère public ». Curieusement, regrette-t-il, l’arrêt qui a été rendu ce 14 novembre 2012 par la deuxième chambre d’accusation autrement composée est beaucoup plus dramatique. Dans cet arrêt, déplore-t-il, le non-lieu n’existe plus. Tous ceux qui ont bénéficié d’un non-lieu dans l’arrêt de la première chambre d’accusation du 12 juillet 2012 sont renvoyés devant la Cour d’assisses et certains, comme le général Nouhou Thiam et le lieutenant-colonel Bondabon Camara, sont renvoyés devant le tribunal militaire. Un tribunal que les avocats jugent inexistant car l’action publique ne peut être engagée que par un procureur militaire et c’est ce qui n’existe pas dans la législation guinéenne actuelle. Il a aussi précisé que ces militaires ont été poursuivis par un procureur de droit commun et non par un procureur militaire et là c’est pour une infraction pour laquelle la peine encourue ne dépasse pas deux mois. Il rappelle que ceux qui étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel se retrouvent désormais devant la Cour d’assises. C’est le cas du cdt Aboubacar Sidiki Camara (alias de Gaulle) sur qui, ils auraient trouvé du chanvre indien lors de son arrestation. Plus loin M. Alsény rassure : « Devant la barre, je suis convaincu que nos clients seront acquittés car ne seront condamnés que ceux qui méritent d’être condamnés ». Selon M. Bassirou Barry, ces accusés n’ont rien fait comme infraction, c’est un simple règlement de compte. Par ailleurs, il faut rappeler que parmi ces accusés, il y en a eu au moins cinq (5) qui sont morts dans les liens de détention. C’est le cas du lieutenant Amadou Diallo, de Soufiane Bah, du colonel Aïdor Bah, d’Ousmane Koulibaly, du colonel Issiaga Camara. Et que beaucoup d’autres seraient gravement malades. Nous y reviendrons.


Saidou Hady & Bah Boussouriou
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

 
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