Heinan Goba Mercredi, 21 Novembre 2012 15:15
Au cours de sa comparution mardi 20 novembre devant le tribunal correctionnel de Kaloum, le Dr Ousmane Kaba, ministre conseiller à la Présidence de la République et vice-président du conseil d’administration de la BADAM (Banque africaine pour le développement agricole et minier) a fait savoir que « les actionnaires de la BADAM ont une part de responsabilité dans sa faillite ».
« J’ai tout fait auprès du président du conseil d’administration pour qu’on agisse à temps, il ne l’a pas voulu. Il a plutôt suivi des gens qui lui disaient qu’on veut lui retirer sa place. C’est tardivement qu’on m’a donné raison » a ajouté l’un des principaux actionnaires de cette banque primaire. Qui s’offusque du fait qu’on parle trop de place en Guinée.
La BADAM, il faut le rappeler, a été déclarée en faillite par l’Inspection générale des banques et assurances, un service de la Banque centrale de la République de Guinée. Il a été constaté qu’elle ne parvenait plus à satisfaire les déposants et à faire face aux charges courantes comme les salaires des travailleurs. La Direction a été accusée d’en être responsable.
Depuis ce mardi, la reconnaissance de la responsabilité des actionnaires dans cette faillite par un des principaux, même si elle ne disculpe pas le directeur général, Moriba Kéita et son staff, arrêtés et emprisonnés pour détournement de fonds présumés, allège tout au moins, les charges de ces derniers. Ce qu’il faut éviter, en revanche, c’est de vite jubiler.
A entendre le Dr Kaba, quoi qu’il en soit, la responsabilité de la faillite de la banque incombe à ceux qui avaient la charge de la diriger. Cette équipe dirigeante, quoi qu’on dise, d’après le Dr Kaba, n’a pas été responsable. Elle a prêté l’argent de la banque au-delà des normes. En termes clairs, elle a jeté l’argent des actionnaires par la fenêtre.
Selon le vice-président du conseil d’administration de la BADAM, la faillite de la banque s’explique en premier lieu par la mauvaise gestion de l’équipe dirigeante, des dépenses extravagantes, une masse salariale colossale et un système informatique défaillant. Bref, d’après lui, la banque n’a pas été gérée avec transparence.
Pour le moment, d’après Kaba, il est difficile d’évaluer le préjudice subi par la banque et ses clients. Il faut un travail d’expertise.
A l’attention de l’opinion nationale et internationale, avant de finir, Ousmane Kaba a rappelé que ce n’est pas le collectif des actionnaires, partie civile dans ce procès aux côtés de l’Etat guinéen, qui a arrêté et emprisonné Moriba Kéita et son équipe comme il est dit par certains. C’est la BCRG, d’après lui, qui a saisi l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF). C’est cette dernière qui, après enquête, a déféré le dossier à la justice.
Le Dr Kaba a écrit dans la presse qu’un rapport de la BCRG fait état du détournement de 19 milliards de francs guinéens à la banque. Maître Mohamed Traoré, avocat de la défense, qui a parcouru ledit rapport dit qu’il s’agit d’une imagination de l’actionnaire. Une question dans ce sens a provoqué la colère d’un avocat de Kaba. En raison de l’incident qui a suivi, le tribunal a levé l’audience. La prochaine aura lieu le 27 novembre prochain.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
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