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Affaire du 19 juillet: le général Nouhou Thiam et trois autres renvoyés devant un tribunal inexistant

Heinan Goba  Vendredi, 16 Novembre 2012 16:12

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THIAM_Nouhou_3_01Comme le voulait Alpha Condé, la chambre de mise en accusation de la Cour d’appel de Conakry a renvoyé les unes devant la Cour d’assises, les autres devant le Tribunal militaire, le mercredi 14 novembre, 15 des personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attaque de son domicile privé. La défense se dit désagréablement surprise devant ce qu'elle appelle une parodie de justice.

Parmi les personnes renvoyées devant le Tribunal militaire figure l’ancien chef d’état-major général des armées du régime de la transition, le général Nouhou Thiam. Il y a également, l’ancien préfet de Dubréka, le colonel Mamadou Bondabon Camara mais aussi, le colonel Sanou Barry et le lieutenant Kémo Condé.

« Cette décision est encore une surprise pour la défense d’autant plus que le droit a été mal interrogé, mal interprété et mal appliqué » a réagi Maître Salifou Béavogui du collectif des avocats de la défense en marge d’une conférence de presse organisée à cette occasion.

Ces militaires sont en prison depuis plus d’un an. « Or l’infraction de désertion pour laquelle ils sont poursuivis est punie d’une peine qui n’excède pas deux mois » regrette Maitre Salifou Béavogui du collectif des avocats de la défense. Ce qui est également pénible, a-t-il fait savoir « il n’existe pas en l’état actuel un tribunal militaire proprement dit ».

Quoi qu’il en soit, au nom du collectif des avocats de la défense, Me Salifou Béavogui a déclaré qu’ils sont engagés « à poursuivre vaille que vaille ce dossier devant la Cour d’assises bien qu’ils aient été quelquefois naïfs pour croire que la justice va être bien distribuée dans cette affaire ».

« Nous allons poursuivre nos efforts. Tout n’est pas fini. Tout est à refaire. Nous continuons à garder l’espoir. Nous pensons que le droit sera dit dans cette affaire » a-t-il fait savoir

L’avocat a précisé que l’arrêt intervenu est attaquable devant la Cour suprême pour plusieurs motifs. Mais ce serait inutile de le faire. « Nous n’avons pas la certitude qu’en attaquant cet arrêt on puisse obtenir sa cassation. Aller se promener devant la Cour suprême, prendre deux mois, quatre mois, pendant que nos clients sont en prison et qu’on aboutisse à ce résultat, nous aurons perdu, nos client auront inutilement souffert. Mieux vaut aller devant la Cour d’assises parce que là-bas, les débats sont publics, contradictoires. Aucun innocent ne peut être condamné. Comme je l’ai dit, les juges vont juger et le peuple va juger les juges » a conclu Maître Béa.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com

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