Montée de la criminalité : quand l’opposition indexe le pouvoir !

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FOFANA_Fode_Oussou_2_01Le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP ont animé conjointement une conférence de presse le lundi 12 novembre à la Maison de la presse, pour faire un point sur la situation sociopolitique du pays. Au cours de cette conférence, les opposants ont tiré à boulets rouges sur le pouvoir en place, qu’ils accusent d’être « incapable Â» d’assurer la sécurité des citoyens dans la cité.

Selon Dr Fodé Oussou Fofana de l’Union des forces démocratiques de Guinée, qui a ouvert le bal de ces interventions, il y a actuellement dans le pays « le commando de la mort Â», citant au passage la mort tragique de la directrice nationale du Trésor. « La directrice nationale du Trésor public a été assassinée à 21 heures. A ce moment Conakry ne dort pas. C’est inquiétant. Le jour où cette dame a été assassinée, je pensais que la sécurité allait être renforcée à Conakry pour qu’on puisse retrouver les assassins. Mais jusqu’à 23 heures on n’a pas pris des dispositions. C’est inquiétant parce qu’aujourd’hui, je suis convaincu qu’il y a ce qu’on appelle le commando de la mort ici », s’est insurgé le vice-président de l’UFDG. Puis d’ajouter que : « Cette dame a été assassinée, demain ça peut être les acteurs politiques. Je ne parlerai pas de ce que nous recevons par mails, comme courriers de menace. Ainsi que des appels anonymes que nous recevons en nous menaçant de mort. Il y a comme ça trois jours depuis qu’elle a été tuée. Mais personne ne sait qui l’a tuée. […] on va faire des funérailles nationales pour elle, mais elle ne sera plus là ! Rien ne me rassure aujourd’hui qu’en marchant je ne serai pas abattu moi aussi », a laissé entendre le pharmacien. « Nous sommes dans une situation très grave, c’est effrayant. Je ne me sens plus en sécurité dans ce pays-là. Je ne peux pas comprendre qu’après 72 heures, les assassins de madame Boiro continuent de courir, ils ne sont pas retrouvés. On ne connait pas le nombre de gendarmes et de policiers que nous avons dans ce pays-là. Je ne suis plus ici en sécurité, si quelque chose m’arrive, je tiendrai le gouvernement du Pr Alpha Condé pour responsable», a menacé l’opposant.

S’exprimant sur l’affaire Waymark, Fodé Oussou Fofana dira que cette affaire n’est pas un problème de la CENI. « Waymark n’est pas un problème de la CENI, c’est un problème politique. Cela ne se règle pas sans la mouvance et l’opposition. Si le président insiste sur cette société sud-africaine, la solution, c’est la rue. C’est non-négociable parce que les données et les matériels de Waymark ne sont pas configurés pour la révision. Ils sont faits pour le recensement intégral. Â» Selon lui, « les gens n’ont qu’à nous appeler opposition radicale, si l’affaire de Waymark n’est pas réglée, on va prendre la rue tant que les conditions d’une élection crédible, apaisée ne seront pas réunies. Je pense que le président de la CENI le sait, l’affaire de Waymark ne concerne pas la CENI. La CENI doit travailler par rapport à la loi, elle n’invente pas la loi. S’il veut imposer le vote à la CENI, nous lui prouverons que nous ne sommes pas d’accord. La société qui doit faire la révision va être choisie par appel d’offres, cela est trop clair dans nos têtes», a martelé l’orateur.

Aboubacar Sylla, porte-parole de l’ADP et du Collectif, s’exprimant sur l’insécurité, a indiqué que la Guinée est en train d’enregistrer une vraie descente aux enfers dans le domaine de l’insécurité. « On a franchi d’un cran le problème de l’insécurité dans le pays. On n’avait jamais connu des règlements de compte de tel genre. Notre pays est devenu un pays où des gens peuvent régler des comptes en envoyant des barbouses ou en envoyant des gens pour exécuter sommairement des personnes. On n’avait jamais connu ça dans le passé. Même au pire moment du CNDD, vraiment les choses ne se passaient pas de cette façon», a regretté le leader de l’UFC. « Tous les jours que Dieu fait, il y a des gens qui meurent dans les mêmes conditions que cette dame. Il y a des gens qu’on part chercher dans leur domicile la journée. Notre pays est en train d’enregistrer une vraie descente aux enfers dans le domaine de l’insécurité. Il faut qu’on refuse cela, sinon personne ne sera à l’abri. Il y a une mafia qui est en train de se constituer dans ce pays, dû au laisser-aller, dû au petit copinage et à l’incapacité de nos dirigeants qui fait qu’aujourd’hui notre pays est vraiment au bord du gouffre. Il faut que nous nous y mettions tous pour arrêter cette descente aux enfers », a plaidé le porte-parole du Collectif et l’ADP.

Parlant de la recomposition de la CENI, Aboubacar Sylla souligne que c’est un argument fallacieux qui a été mis en avant pour procéder à l’élimination de leur 10e représentant. Puis de préciser que « ce n’est pas un recours en annulation du décret que nous avons introduit. Nous contestons le décret dans la nomination de M. Jacques Gbonimy, tout le reste nous semble conforme à la loi. Â» Puis de rappeler que « la guerre civile qui a dévasté pendant une décennie la Côte d’Ivoire était due à un manque de consensus sur le fichier électoral. […] Même le législateur guinéen a donné une importance particulière à la gestion du fichier. C’est une question fondamentale pour nous, il n’est pas question pour nous de noyer ça dans le fonctionnement ordinaire d’une CENI, en manque de parité et qui est dirigée dans des conditions que l’on connait. Le principe du changement d’opérateur doit être un accord politique. La mise en Å“uvre de cet accord politique peut se faire à l’intérieur de la CENI Â», a-t-il indiqué.

Concernant la question de Waymark, dira Mme Zalikatou du PEDN, « je lance un appel au pouvoir pour qu’il comprenne qu’on doit se hâter de sortir de cette impasse politique maintenant. La question de Waymark a été réglée au niveau de l’OIF et du PNUD. Les rapports ont montré toutes les contreperformances et les faiblesses de Waymark. Nous devons prendre maintenant la décision politique du renvoi de Waymark et procéder au recrutement d’un nouvel opérateur crédible et consensuel. Cela va de soi, il faut que le pouvoir le comprenne Â», a précisé la secrétaire nationale du PEDN.

Puis Mouctar Diallo des NFD d’en rajouter en ces termes : « soyez sûrs que nous ne nous laisserons pas faire. Ce n’est pas au président de la République d’organiser des élections ni à son ministre en charge de l’Administration. Nous avons mis une CENI partiellement paritaire en place et nous allons continuer le combat pour que nous puissions obtenir des élections transparentes, Â» Avant de rappeler qu’il y a eu des morts, des blessés, des arrestations pour avoir une CENI paritaire. « Nous sommes fermes et catégoriques que nous ne cautionnerons pas une mascarade électorale. Nous ne pouvons pas accepter que Waymark et Sabari technologie, qui est un démembrement du RPG Arc-en-ciel organise les élections. Il n’en est pas question », a-t-il conclu.


Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu

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Commentaires  

 
+8 #2 Youssouf Bangoura 15-11-2012 19:42

AC est une déception totale, nous regrettons profondément de l'avoir soutenu, on ne peut pas attendre autre chose d'un gouvernement qui est incapable de protéger sa propre population .
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+6 #1 Fou du Roi 15-11-2012 18:46

Les escadrons de la mort en action en Guinée ? C'est du jamais vu.Cette administration RPG Arc en Ciel va mettre ce pays en l'air.Que faire face à cette insécurité planifiée? Il ne reste plus qu'à prendre le chemin des vaillants petits dioulas de Côte d'Ivoire,pour une survie car il s'agit de survie.Cette armée "guinéenne" est bonne pour tuer sa propre population ,ou faire des coups d'état contre des cadavres.
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