Boubacar Bagnan Diallo Mardi, 13 Novembre 2012 16:49
Décidemment, les récentes déclarations du chef de l’Etat qui réaffirme son soutien à Waymark (société chargée probablement de réviser les listes électorales NDLR), ne cessent de susciter des vagues au sein de l’opposition, qui accuse cette société d’avoir des accointances avec le pouvoir en place.
Réagissant sur la récente sortie médiatique du chef de l’Etat qui a réaffirmé son soutien à Waymark, Sidya Touré estime que le PRG a tort d’affirmer de telles choses. « J’estime qu’il (le chef de l’Etat NDLR) a tort et que c’est toujours une manière de contourner les vrais problèmes du pays. Nous avions deux questions, la CENI qui est réglée en partie, et le problème de Waymark qui n’est pas réglé. Le fichier électoral est un problème extrêmement important. Dire qu’il y a eu un accord sur ça, ce n’est pas conforme à la réalité des choses. On n’a jamais eu une discussion pour donner un quelconque accord à Waymark. », a-t-il souligné.
Puis de rappeler, « Nous avions des revendications qui se sont résumées à deux points. Et nous l’avons dit partout et en tout temps. Le fichier électoral est quelque chose de déterminant. Il est clair que la classe politique doit se mettre d’accord sur la manière dont le fichier électoral sera révisé et géré. Son contenu et sa gestion n’ont pas encore réglés. Ce sont des problèmes qui sont à l’ordre du jour. Dire le contraire, c’est vouloir réellement occulter les réalités du débat en Guinée. », a laissé entendre le président de l’UFR
Sidya Touré ajoute que le président ne peut pas convoquer le corps électoral sans fichier, à moins que ce ne soit celui de Sagem. « Il ne peut pas convoquer le corps électoral tant qu’il n’y a pas de fichier électoral, cela n’est pas possible. A ce que je sache, il n’y a pas de fichier pour le moment, à moins qu’on accepte le fichier de la Sagem ! C’est le seul qui existe et qui a distribué des cartes, donc il n’y en a pas d’autres. S’il n’y en a pas d’autres, leur intention c’est de faire donc un nouveau recensement ! Voilà donc comment cela doit se faire, mais on est très loin de ça. Sinon ce serait prendre un bout du problème et laisser l’essentiel. La convocation du corps électoral, je crois que c’est le résultat de toutes les démarches qui n’ont pas encore été réglées », a-t-il soutenu.
Même son de cloche pour le président du Bloc libéral. Joint par notre rédaction, le leader du Bloc libéral, n’y va pas du dos de la cuillère. Selon Faya Millimouno, qui a réagi aux récentes déclarations du président de la République, le problème de Waymark et de Sabari Technologie ainsi que celui du vote des Guinéens de l’Etranger ne vont pas se régler à l’intérieur de la CENI, car pour lui, ces questions ne sont pas techniques.
C’est une question éminemment politique, estime le président du Bloc libéral. D’abord, explique-t-il, la question du vote des Guinéens de l’étranger est une question légale. « Ce n’est pas à Alpha Condé, ni à la CENI actuelle, encore moins de la volonté de qui que ce soit. Le code électoral a indiqué clairement que les Guinéens de l’étranger ont le droit de voter pour les élections présidentielles et pour les élections à la proportionnelle pour les listes nationales lors des élections législatives. C’est une question légale. On ne peut pas simplement l’ignorer et penser qu’on est dans le meilleur des mondes, et qu’on ne devrait pas se soucier de ça. Je pense que c’est une erreur très grave », souligne-t-il. Il en est de même pour la question Waymark, poursuit l’opposant : « C’est un acte politique qui a amené Waymark ici, le président de la République lui-même s’est impliqué pour la venue de Waymark. Cette société a trop de faiblesses, et nous savons que si le pouvoir, donc le président de la République, a été capable d’ignorer toutes les faiblesses de Waymark, il y a un deal entre Waymark et le pouvoir en place de faire des élections prochaines un jeu d’ordinateur. Le peuple de Guinée ne le veut pas ainsi. Si le Président pense qu’il ira à ces élections sans tenir compte de l’avis de l’opposition sur ces questions-là, il se trompe », a averti Faya Millimouno.
Puis d’ajouter d’ailleurs que « par rapport aux déclarations du chef de l’Etat, nous pensons que ça n’honore pas la Guinée. Et ça n’honore pas la fonction de président en Guinée.
Parce que la question de Waymark, de Sabari Technologie, bref du fichier électoral, et que la question du vote des Guinéens de l’étranger, sont des questions entières qui méritent la plus grande attention. Quand nous faisions nos revendications, nous savions parfaitement que la question de la CENI était importante, mais la chose la plus importante, c’est le fichier électoral », a-t-il martelé. Ce qui a été à la base de tous les conflits sur le continent africain est la manipulation du fichier électoral, a-t-il rappelé. « Donc, nous prêtons la plus grande attention à cette dimension. En faisant ce genre d’affirmations, encore de nouveau, le président de la République n’aura pas honoré la Guinée, et il n’aura pas honoré la fonction de président de la République. On a entendu déjà ce genre de déclarations dans le passé, mais qui se sont avérées être fausses, c’en est une. Et je crois que ce sont les jours et semaines à venir qui nous le diront », a conclu l’opposant.
Diallo Boubacar Bagnan
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu