Boubacar Bagnan Diallo Vendredi, 09 Novembre 2012 15:53
Le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, n’a pas apprécié la modification de la liste déposée par l’opposition dans le cadre de la recomposition paritaire de la CENI. Il vient de révéler que son parti était favorable à un boycott de cette institution.
« La position de l’UFDG, c’était de boycotter la CENIdès lors que la liste qu’on a déposée a été modifiée, mais la majorité des partis membres du Collectif et de l’ADP ont estimé qu’il fallait aller siéger, prêter serment, faire un recours à la Cour suprême et continuer le combat. », a révélé le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée, s’exprimant sur les ondes d’une radio privée de la place le mardi 6 novembre.
Selon Cellou Dalein, il n’appartient pas à M. Alhassane Condé ou à M. Alpha Condé de modifier la liste de l’opposition, dès lors que Jean Marie Doré lui-même dit qu’il n’est pas de l’opposition. Puis d’ajouter que le motif invoqué par le ministre de l’Administration du territoire, ayant conduit à la substitution de leur représentant au profit de l’UPG, n’est pas valable, puisque Thierno Saïdou Bayo avait démissionné de la tête de son parti pour être conforme à la loi.
« Si on dit que la loi s’impose à tout le monde, y compris le président de la Républiue, dès lors que la décision serait rendue par la Cour suprême, le président serait obligé, si c’est dans un Etat normal, de reprendre son décret et de remettre Bayo sur la liste », a précisé le leader de l’UFDG.
La parité pour laquelle on s’est battu, finalement on ne l’a pas obtenue, a-t-il regretté, parce que le CNT n’a pas voulu nous écouter. Le pouvoir a influencé le CNT, accuse-t-il, pour qu’il remette deux représentants de l’administration avec des voix délibératives. « Les dix représentants attribués à l’opposition, la mouvance a trouvé un moyen de nous chiper un. Donc on est neuf. »
Poursuivant son intervention, le chef de file de l’opposition guinéenne dira que l’opposition a des revendications majeures et non négociables. « Nous avons des revendications majeures non négociables. Le cas de Waymark n’est pas négociable ainsi que le vote des Guinéens de l’extérieur. Aujourd’hui, la tendance pour certains, c’est de dire que la CENI va décider. Si la CENI veut utiliser le vote comme moyen de décision, nous n’accepterons pas », a-t-il averti.
"La CENI n’est pas là pour apporter des dérogations à la loi. Elle n’a pas cette compétence. La loi donne le droit aux Guinéens de l’extérieur de voter. La constitution leur donne ce droit, le code électoral leur en donne le droit (…) A l’époque, M. Alpha Condé soutenait mordicus que les Guinéens de l’étranger participent au vote. Aujourd’hui comme les résultats de l’élection présidentielle ont montré qu’ils n’ont pas voté pour lui, on veut les priver de leur droit au vote. Nous ne l’accepterons pas. Ça, c’est un problème politique. », a précisé le candidat malheureux de la présidentielle de 2010.
Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu